Ça rime holorime !
Par André Laugier, jeudi 19 mai 2005 à 12:30 :: La rime holorime. :: #49 :: rss


Avant de s'émerveiller, le lecteur s'étonne: là où ses oreilles n'entendent qu'un seul vers, deux fois prononcé, son oeil peut lire deux alexandrins composés de mots différents. Deux écrits pour un même oral: voilà qui mérite un examen approfondi. Mieux qu'un grand nombre de définitions, quelques exemples célèbres permettront d'expliquer ce que sont ces jeux de l'écriture. Jeux très difficiles, s'ils veulent être de qualité. ________________________________________________ Mai chante encore et parle au tonnerre. Les grelots des Aoûts tardent. Las, danse et chants voilés tremblent. O quelle âme en son aile évente O folie L'étoile d'aide aux Mages ? Cédez chaleur ! Méchante en Corée, par l'automne, erre L'aigre lot des outardes. Là, dans ces champs vois les trembles. Au quai l'amant sonne et, laid, vante Aux faux lits Les toiles des dommages. C'est des chats l'heure. Louise de Vilmorin. ______________________________________ Elle sort là-bas des menthes, La belle Eve à l'âme hantée Et le sort l'abat démente. L'abbé laid va lamenter. Louise de Vilmorin. ______________________________________ Au long des mois Par la Savoie Six reines, alors riant, Paraissaient. L'une, saoule et nue et tard, osa ces mots : - "S'en va l'heure. Oh ! l'onde et moi, Parla sa voix, Sirènes à l'Orient Paressaient ! Lune sous les nuées, ta rose a ses maux Sans valeur ! Louise de Vilmorin. ______________________________________ L'âme est moirée par mille émois sans torts. La mémoire est parmi les mois, Centaure. Louise de Vilmorin. ______________________________________ Lit, monde et moi La vie d'ans vit. Parmi le genêt aux cent ors, Lys en cieux, Hé là ! fiancée, file et cours, toi, Sept ans ! Roseau d'opale, il en est temps ! Hé là ! fiancée, élancée, au beau cou élancé, Centaure est là, Sang d'or ! L'immonde émoi, L'avide envie, Par mille jeux naît au Centaure Licencieux Et la fille en ses filets courtois S'étend, Rose au dos pâle, île en étang. Et la fille en sait, elle en sait oh ! beaucoup, elle en sait Sans tort et, lasse, En dort. Louise de Vilmorin. ______________________________________ L'amant d'Harry n'est plus chez sa tante d'Amiens La mandarine épluchée, ça tente Damien. ______________________________________ Mains tenant l'amer, Jean d'Orléans dit : "Capet, Maintenant la mer, j'endors les handicapés". ______________________________________ LE BOEUF A LA VACHE D'où te vint L'air boulot? L'herbe ou l'eau? Doute vain. Elle sort là? bas des menthes La belle Eve à l'âme hantée Et le sort l'abat démente L'abbé laid va lamenter. O Seigneur! Quelle panse! Qu'elle pense Au saigneur! Réponse de la vache : J'ai mi-saoule Gémi sous le Faix nouveau. Aide! Grâce! Et de grasse Fais-nous veau Alphonse Allais ______________________________________ Cet effort holorime en ce départ, à l'aile De vains propos à blâmer sans céder ma rage, Devint proposable à mes sensés démarrages: C'était fort! Ô l'or immense des parallèles! Esposito/Oulipo ______________________________________ Par les bois du Djinn, où s'entasse l'effroi, Parle et bois du Gin ou cent tasses de lait froid! Alphonse Allais _____________________________________ Si Eveill - il paraît - chasselas détraqué, Se réveille! il part et chasse, las d'être à quai. Alphonse Allais _____________________________________ Je ne joue au polo, ma Jora, qu'à Namur. Jeune joue! O paulo majora canamus! (En Wallon, Namur se prononce : Namus) Alphonse Allais ______________________________________ AVATAR SUR GERARD DE NERVAL Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé, Gall, amant de la reine, à la Tour Magne à Nimes: Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé Galamment, de l'arène, alla - tour magnanime - Dans la nuit du Tombeau. Toi qui m'as consolé. Voici le Pausilippe et la mer d'Italie, La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé... Vois si le Pô s'y lie? Paix: l'âme erre, dit Thalie. Suis-je Amour ou Phoebus?...Lusignan ou Biron? Ma lippe est rouge encor d'un hommage de Reine (Mali, Pérou...J'encorde un homme. Ah! jeu de rênes...) Et j'ai deux fois vainqueurs traversé l'Achéron, Egrenant tour à tour à la lyre d'Orphée: Aigre Nantes...Hourrah, Tours! Hallali...Re-dors, fée! Patrick Flandrin. ______________________________________ O fragiles hébreux: allez Rebecca tombe! Offre à Gilles zèbre, oeufs; à l'Erèbe, hécatombe! Victor Hugo ______________________________________ L'heure dure, idée, rosace à seins découverts, Et me tue comme en ses ateliers. Eau, déborde! Aime, tu commençais à te lier, ô Desbordes. Max Morisse. ______________________________________ L'un dit : "Comment cela se mène?" Lundi commence la semaine. Anonyme. ______________________________________ Ah! Lui, Léo, vit nègre! A l'huile et au vinaigre. Alphonse Allais. ______________________________________ Je dis, mettons, vers mes passages souterrains Jeudi, mes tons verts, mais pas sages, sous tes reins. Alphonse Allais. ______________________________________ Sous Berr, en marchand, devin pâle à le porter Soubeyran, marchand de vin, pale ale, porter. Alphonse Allais. ______________________________________ Alphonse Allais d'la mer sort et pique un plongeon. Ah! l'fond salé d'la mer, sort épique. On plonge, on... Alphonse Allais. ______________________________________ DECEMBRE. SONNET. Dansait puissant l'été - l'anthème et l'ancolie. Morts ne meurent mes morts: en corromps-je? Sont mords! Morne, me remémore; encor ronge son mors, Dans ses puits sans Léthé, lente est Mélancolie. Amour ira mourir aux rameaux d'Italie. Dette n'aillent couvrir, en corps mort, leurres morts Des tenailles qu'ouvrir encor mord le remords A mourir âme où rire aura maudit Thalie. Commence Hiver. Feu ronfle en bel éclair, gemmaux. Neige l'assaut grenu que livrent des émaux. Larme, là-bas, levant haineux ses poings, male ire. Nai-je pas, saugrenus, que livres, dés et mots, Larmes? L'abat le vent et ne sais point ma lyre, Comment six vers feront flamber les clairs gémeaux. Daniel Marmié. ______________________________________ REQUIEM SONNET Faux souvenirs quittés où Vertu, neuve hermine, A remplacé ta morgue, est temps du pourpre puits A rang placé t'a, Morgue, étendu pour preux puis Fosse où venir, qui t'est ouverte, une vermine. Tait, cher dévot, rancune à trop citer la mine Des livres racontant ta messe. Enserrés d'huis, Délivrent, rats qu'on tente - âme est-ce en ses réduits Tes chairs dévorant qu'une atrocité, là, mine. Pourrir en l'édifice, os à Dieu...Mots dira, Pour rire enlaidi, fils aux adieux, maudira Qu'à testament beau neveu valeureux s'alarme Que si peu d'or en tombe; et froide y verse enfin, Qu'atteste amant, bonne veuve à leurre sa larme, Que si peux...dors, en ton beffroi d'hiver sans fin. Daniel Marmié ______________________________________ Dès le matin s'efforcent les écrivains D'elle, mâtin. Ses forces : les écrits vains. Lecoutre. ______________________________________ Etonnament monotone et lasse Est ton âme en mon automne, hélas! L'âme est moirée par mille émois sans torts La mémoire est parmi les mois, Centaure. Elle sort là-bas des menthes La belle Eve à l'âme hantée Et le sort l'abat démente. L'abbé laid va lamenter. Le coudre. ______________________________________ SONNET Les sonnets détraqués l'assènent : leur acompte, C'était le temps des vers. L'amer art hideux vend! Lai sot n'aidait trac, hélas...Haineux leurre à comte, Seth hait le taon - dais vert lamé rare y devant. Laisse au nez des traqués la scène. L'heure à conte, C'est elle - tant Eve air - : la mère a ri devant L'Essonne. Et d'être à quai la Seine le raque: honte. Cette aile tendez vers la mer, aride vent! Volant à double sens sa rime, ô chants sonores, Vols lents tas, d'où bleu sang s'arrime aux champs s'honorent De richesse pour sots, d'homophonie écran. Car Eve, effaçant les rances bourdons, n'eut bile Qu'à rêver, face à l'air en ce bourg dont nubile D'eux rit chez ce pourceau d'homme au faux niais cran. Esposito./Oulipo ______________________________________ DEPRESSION METHEOLOGIQUE SONNET D'après l'avis du roi Zeus, L'âme hors-jeu, la voix cassée: "Âpre est la vie, dure, oiseuse; La mort, je n'la vois qu'assez." Poséidon l'écoutait là, L'heureux Médée l'observait: "Posez-donc le coutelas; Le remède est l'eau, servez!" Jupiter osa goûter Ce liquide et pris mal, ah! Jus piteux, rose, à goût thé. "J'ai plus ton cran, roide, en fer..." Celui qui déprime alla Chez Pluton, grand roi d'Enfer. Esposito/Oulipo ______________________________________ Loup, lit, pomme, des os...: laid, vos tankas m'ennuient! L'oulipo me désole et vaut tant qu'âme en nuit: Ce jeu ne lie terre-air. Aidez à bon émoi Ce jeune littéraire, et désabonnez-moi! (Anonyme) ______________________________________ Quatrain auto référent. Cet effort holorime en ce départ, à l'aile De vains propos à blâmer sans céder ma rage, Devint proposable à mes sensés démarrages: C'était fort! Ô l'or immense des parallèles! (Anonyme) ______________________________________ Avatar sur Nerval EL DOLORIMADO (Le Déshérimé) SONNET C'était toi le sombre homme et l'odieux solitaire, Désastreux Aquitain tant grisé d'aise et rites. Cette étoile sombre : Ô mélodieux soli taire Des astres à qui teint en gris et déshérite. Tombeau lisse et marron, douce âme arrêtée hier, Oh! rends ton eau de mer et veux-tu geler vite! Ton beau lys est ma ronde où s'amarraient théières, Or en tonneau de mes rêves tus; je lévite. Je crois être éternel - en fer - et, laquais rond, C'est ainsi, Reine m'a brûlé dans ses rapports. S'éteint Sirène, ma bru laide en ces ras ports. Je croisais, très terne, et l'Enfer et l'Achéron, En modulant mes chants - comme Orphée peut sa lyre - En mots du lent méchant qu'aux morts fait peu salir. Gillet Esposito Farèse. ______________________________________ L'émirat dort L'émir adore Les miradors. Haddock ______________________________________ L'heureux médecin, Le remède sain, Guère ici d'avarice, Perry paie si tu meurs, Guérit sida, varices, péripéties, tumeurs. Christian Reigneau ______________________________________ A Hervé Buisson (mon dentiste) Docteurs es Crocs (mais pas escroc) Hôte qui, staff requis et la santé m'aidant, Ôte kyste affreux qui hélas hantait mes dents. Christian Reigneau ______________________________________ Mains tenant l'amarre, Jean d'Orléans dit: "Capet, Maintenant la mer, j'endors les handicapés". L'amant d'Harry n'est plus chez sa tante d'Amiens La mandarine épluchée, ça tente Damien. Christian Reigneau ______________________________________ Les rides se creusèrent, la jeunesse passa L'air hideux, ce creux air, l'âge n'est-ce pas ça? Christian Reigneau ______________________________________ Treize universitaires allaient saucissonner Très unis vers Cythère ah les sots si sonnés! Christian Reigneau ______________________________________ Oh Lydie scie mes triques tous ces bouts de bois Au lit dissymétrique tousse et boude, bois. Christian Reigneau ______________________________________ Désert aride sur la mer. Paquebot. Des airs à rides sur l'amer Pas que beau. (Anonyme) ______________________________________ HELLEDHI ET LAPRE SONNET La prêtresse écoutait dans le parc aux iris Au bord d'un étang, molle ailette où Lapré tresse... Lapré tresse et coud taie dans la barque...Osiris! Aube ordonnée. Temps mol! Elle est tout, la prêtresse. Or là mourrait, en gémissant, trépas léger Un ami de Lapré, saoul des parfums de menthes; Or l'amour est danger: m'y sens très pâle et j'ai Une âme délabrée, soudée par feinte amante. Elle dit, sans fond: "Cet ami, nuit dans l'âme". Or, Helledhi s'enfonçait à minuit dans la mort... Oh! mat! Un son fit se fissurer la villa... Lapré tresse posa: "C'est demain, sur l'âme!" Horte, Au matin, son fils, se fit sûr et la vit là... La prêtresse posa ses deux mains sur la morte... André Duvignac. ______________________________________ Ah! vois au point du Loing! De là, vogue en mer Dante! Have oiseau, pondu loin de la vogue emm....... Alphonse Allais ______________________________________ Michel Laclos, dans "ses jeux de lettres, jeux d'esprit" a composé ces vers holorimes consacrés à l'oeuvre d'un poète persan, dont il fait les louanges, tout en en laissant entrevoir la paix de l'âme à ses croyants. Ah! L'iran maudit vint à l'heure et, rêve ailé A lire en mots divins, t'a le "Vrai" révélé. Comment déjà, d'Islam à La Mecque fidèle Commandait jadis l'âme, Allah, mais que fit d'elle? Ainsi tentait de voir en versets te citer, Incitant tes devoirs envers cette Cité. Là, c'est décrit cent fois, le regard d'Allah perce, Lassé des cris sans foi, l'heureux garde la Perse. Cher, Cher athée errant, seul ivre d'aise, irai Chercher à Téhéran ce livre désiré. Ah! par une aide à l'âme est, dit-on le message Apparu, né d'Allah. Méditons-le mes sages. Michel Laclos. ______________________________________ L'abbé niais, sourd, ici erre... La baie n'y est souricière. ANDRE ______________________________________ L'amant table surtout : "aimez-moi!" Lamentable sur tout! Eh, mais moi ? ANDRE ______________________________________ Dix huit tasses valent ces trois neuves! 10, huit, as, valet, sept, trois neuf. ANDRE ______________________________________ Roi XVIII ne valait pas ses Dames. Roi, 10, huit, neuf, valet, as, sept, Dame. ANDRE ______________________________________ Dix Dames de Troie ne valent pas ces six huit royales. 10, Dame, deux, trois, neuf, valet, (p)as, sept, six, huit, Roi. (Royal n'est-ce pas?) ANDRE ______________________________________ Dans ces bois automnaux, graves et romantiques, Danse et bois aux tonneaux, graves et rhum antique. Net et vibrant, le chant d'une bergeronnette Naît et vibre en le champ d'une bergère honnête. Heredia lisant Verlaine - Ah joli don !! Erre et dit à Lise en vert lainage : « Oh! lis donc. » Saoul, l'heureux gars Raimu descend, pas sans dangers, Sous le regard ému des cent passants d'Angers. Cassave ______________________________________ Voici, à présent, plusieurs séries de phrases permettant toutes de reconstituer le nom du héros de Rostand: Sire, en eau de Berre, j'erre aqueux. Six rats, nos deux berges raclent. Cire, anneau de bergère à queue. Sciera nos deux bers, je raque. Syrah, note Berger, arak. Si radeau Heudeubert, jeu rac. Anonyme ______________________________________ Alexandre Dumas, répondant à Henry Becque qui avait écrit une satire par rapport à son oeuvre. Si ce coup de bec de Becque t'éveille Ô Thomas Corneille en l'obscur tombeau, Pardonne à l'auteur qui baye aux corneilles Et songe au public qui bâille aux "Corbeaux". Alexandre Dumas. (Ce n'est pas, à proprement parler, une holorime, mais l'esprit y est. ______________________________________ SONNET Oh! Ahana : « Si elle apparaissait plus tôt ? » C'est en fendant son temps qu'atterrit dans les cieux Cette enfant. Dansons tant qu'athée ridant les yeux : On a Anna, ciel ! À part : « Essaie plutôt De maintenir le cou pour la mettre en auto. Mais ne les déçois (Ferme : à l'air t'es sourd !) si eux Mènent l'aide; et sois ferme, alerte et sourcilleux. » Demain : tenir le coup, pour l'âme être en hôte haut. Ce sot n'essaiera la morsure aux piranhas : Outré, je ne fiais tes sens et ton bémol À ces maternités-hospices, aux sanas Où très jeune fillette est censée tomber molle. Assez, mâts ternis, thé, os pisseux... Hosanna : Ce sonnet serra la mort sûre au pire, Anna ! Gilles Esposito-Farèse (Sonnet pour Anna) ______________________________________ À Nîmes, aile des seings, Annie mêle desseins ? Ah, nie ! Mais elle des seins Anime, hèle, des saints ! Bernardo Schiavetta ______________________________________ Aidé, j'adhère au quai. Lâche et rond, je m'ébats. Et déjà des roquets lâchés rongent mes bas. Alphonse Allais. ______________________________________ Si mon fils, ton tutu raccommodé part. Simon, fiston, tu tueras comme au départ. Alphonse Allais. ______________________________________ Par ses charmes appas, ris, et du Pacha beauté, Parsé charma Paris dupa Chat Botté. Alphonse Allais ______________________________________ Moine (Oscar) de Victor ramona...J'étranglais Moi, Nauscarde Victor, à mon âge, être Anglais! Alphonse Allais. ______________________________________ Dans son site sévère assistant sa prestance Danton cite ces vers, stance après stance. Lucien Reymond. ______________________________________ Ah! quitte ainsi ta tante et va, l'heure est amère. A qui t'incitas tant, à leurrer ta mère. Lucien Reymond. ______________________________________ A Lesbos, à Tyr, l'évangile est appris. Ah! laisse, beau satyre, l'Eve en gilet t'a pris. David Massot ______________________________________ As et saouls vantent au Lycée Janson de Sailly; Assez souvent au lit ces gens sont de saillie. David Massot ______________________________________ Appelons Nicéphore aux attraits ordonnés A Paul honni, c'est fort, osa trésor donner. David Massot ______________________________________ SONNET Je t'attends samedi, car, Alphonse Allais, car A l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive. Oh! la campagne! Allons - bravo! - longer la rive du lac, en pagne; Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart. Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche! L'attrait : (puis, sens!) une omelette au lard nous rit, Lait, saucisse, ombres, thé, des poires et des pêches, Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit. Et le verre à la main - t'es-tu décidé? Roule Elle verra, là mainte étude s'y déroule. Ta muse étudiera les bêtes et les gens! Comme aux Dieux devisant, Hébé (c'est ma compagne)... Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne... Amusé, tu diras: "L'Hébé te soule, hé! Jean!" Jean Goudezki ______________________________________ Que la mélancolie Que là met l'ancolie Résonne au creux du coeur. Raisonne, ocreux, d'Ukeur! (marquis) De Montesqiou ______________________________________ L'heure dure, idée, rosace à seins découverts, Et me tue comme en ses ateliers. Eau, déborde! Aime, tu commençais à te lier, Ô Desbordes. Max Morise ______________________________________ Sous le vent, la mort descend, écho! Maint Corse erre Soulevant l'âme lors des sangs et comme un corsaire L'ire du poète aurait voulu tes vachers, Lyre dupe, ô étau, rêve où luttait Vaché. Max Morise ______________________________________ Hérédia lisant Verlaine - Ah joli don! Erre et dit à Lise en vert lainage: "Oh! lis donc." Cassave. ______________________________________ Net et vibrant, le chant d'une bergeronnette Naît et vibre en le champ d'une bergère honnête. Cassave. ______________________________________ Sceaux d'hommes égaux morts Seaux d'eau, mégots morts. Prévert ______________________________________ Lolo rime L'holorime Sa muse S'amuse. Anonyme. ______________________________________ L'imperator si lent lève l'avis odieux L'impair a tort s'il enlève la vie aux dieux. Anonyme ______________________________________ La chemise Lâche mise L'abaisse L'abbesse Sa fesse S'affaisse. Marcel Hérault ______________________________________ Ah! ce qu'on sert de faux ré A ce concert de Fauré. Lucienne Desnoues ______________________________________ La masurka de Chopin t'honora dans La masure qu'a, de chaux, peinte l'Honorat. Lucienne Desnoues ______________________________________ Eprise, hélas, Eve nue offrit son bec à Satan Et prise, et lasse, et venue au frisson, bécasse attend. Jules Laforgue. ______________________________________ Cosette, hautaine, hardie, écrin touchant Causait aux Thénardier crainte ou chants. Claude Koenig ______________________________________ C'est l'acacia, l'invitation C'est là, qu'assis, Alain vit à Sion. Claude Koenig ______________________________________ Deux générales déjeunaient De jeunes râles des genêts. Victor Hugo ______________________________________ La mort s'est éprise, c'est tôt, de Luc Etienne. L'amorce était prise: cette ode, Luc, est tienne Nicolas Graner. _____________________________________ _La plupart de ces holorimes ont été extraites du web, ainsi que du livre "Au bonheur des mots" de Claude Gagnière, du "Dictionnaire poétique" de M. Aquiem et du "Dossier Luc Etienne" par Nicolas Garaud et Pascal Sigoda". Bibliothèque Municipale de Reims. (1998) |
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