- « J’aimerais être lu tant que la langue vivra ». Cette confidence d’un de nos grands écrivains, Flaubert, nous rappelle qu’une langue peut un jour disparaître à jamais. Beaucoup de mots de « bonne compagnie » nous ont déjà quitté. Pourtant, ils sont encore proches de nous (on les trouve même dans les dictionnaires récents), mais pour combien de temps ?
Seraient-ils devenus obsolètes, franchement inutiles comme le laisserait penser une vision instrumentaliste du langage contre laquelle je me suis toujours élevé depuis mes débuts en poésie ?
Pourquoi ne dit-on plus que « le temps s’abeausit » ?
Ou encore : « Plus loin, dans l’azurement bleuâtre du lointain » ?
Ces mots ont-ils été délaissés par négligence, par désinvolture ? Il est vrai qu’en matière de langue, le désir s’accommode mal de la fidélité. Ces mots perdus (ou presque) délaissés un peu comme « une vieille maîtresse », curieusement, c’est quand ils désignent des « réalités disparues », souvent sans raisons apparentes, que des fragments de lexique désertent de la sorte les livres et la parole.
Mais devons-nous ne plus nous servir de ces mots qui condensent en eux toute la sensualité de la langue ? Certes, il y a des mots qui pèsent et d’autres qui sont plus lisses, rugueux, musicaux ou sonores, dans lesquels se laisse imaginé une « francité » phonétique attachante. Ils nous séduisent par les illuminations du sens, de la logique. Le « Littré du XXIème siècle » ne les as pas oubliés, dans sa quête à la réhabilitation de la nuance, afin de ne pas en interpréter un usage flou. Ces éclats de langage » (des lambeaux de pourpre) comme dit le Littré en référence à Homère, permettent de mieux considérer la phrase tout en induisant le désir d’écriture.
Gardons-nous de repousser, avec mépris, un terme inaccoutumé à nos oreilles et, pour se guérir de ce dédain précipité où l’on range certains mots parmi les termes tombés en désuétude, il faut se représenter que chacun de nous, même ceux dont la lecture est le plus étendue, ne possède jamais qu’une portion de la langue effective.
Comme disait Emile Littré : « Une langue se gaspille qui, sans raison, perd des mots bien faits et de bon aloi. »
Une histoire du sonnet de langue française recouperait à peu près celle de la poésie (en laissant, cependant, de côté quelques grands réfractaires comme Victor Hugo). Imposé par une longue tradition, il est devenu la forme fice "naturelle" de la langue française, comme l'alexandrin en est le vers par excellence.
LE SONNET.
ORIGINE, REGLES ET POSTERITE.
« Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème » affirmait Boileau, lui qui a statufié le sonnet comme le genre-roi de la poésie française.
Le sonnet, outre la chute, possède souvent une charnière, un tournant – que les Italiens appelaient VOLTA – entre les quatrains et les tercets. Les sonnets qui sont bâtis sur une progression constante n’ont pas en principe de charnière.
La charnière vue par deux poètes :
Banville
A propos du Sonnet, méditer avec grand soin les observations suivantes :
1° La forme du Sonnet est magnifique, prodigieusement belle - et cependant infirme en quelque sorte ; car les tercets, qui à eux forment six vers, étant d'une part physiquement plus courts que les quatrains, qui à eux deux forment huit vers -, et d'autre part semblant infiniment plus courts que les quatrains - à cause de ce qu'il y a d'allègre et de rapide dans le tercet et de pompeux et de lent dans le quatrain; - le Sonnet ressemble à une figure dont le buste serait trop long et les jambes trop grêles et trop courtes. Je dis ressemble, et je vais au-delà de ma pensée. Il faut dire que le Sonnet ressemblerait à une telle figure, si l'artifice du poète n'y mettait bon ordre.
L'artifice doit donc consister à grandir les tercets, à leur donner de la pompe, de l'ampleur, de la force et de la magnificence. Mais ici il s'agit d'exécuter ce grandissement sans rien ôter aux tercets de leur légèreté et leur rapidité essentielles.
Aragon
De cette pensée musicalement prisonnière on s'évadera, dans les tercets, en renonçant à ce jeu pour des rimes nouvelles : et c'est ici la beauté sévère des deux vers rimant qui se suivent immédiatement, pour laisser le troisième sur sa rime impaire demeurée en l'air, sans réponse jusqu'à la fin du sonnet, comme une musique errante.
Car le tercet, au contraire du quatrain fermé, verrouillé dans ses rimes, semble rester ouvert, amorçant le rêve. Et lui répond, semblable, le second tercet. C'est ainsi, au corset étroit des quatrains dont la rime est au départ donnée, que s'oppose cette évasion de l'esprit, cette liberté raisonnable du rêve, des tercets.
Ces vers musicaux sont si purs, en effet, par leur perfection formelle, qu’ils sont souvent proches d’un bonheur de lecture absolu. Son dernier vers appelé « la pointe » doit être particulièrement dense pour clore le poème. Il obéit à des contraintes rigoureuses de versification, et peut être écrit aussi bien en vers variés (alexandrins, octosyllabes, etc.), mais le même mètre, autrement dit la mesure donnée par le nombre de syllabes prononcées dans le vers, doit être conservé dans le schéma entier du poème. Il est structuré selon la nature du vers, par césures, coupes, effets rythmiques liés à l’accent et aux récurrences phoniques.
Le sonnet vient de l’italien « sonneto (diminutif de « suono ») qui signifie « petit son ». A ses débuts le sonnet était uniquement chanté ou récité avec un accompagnement musical. Il n’avait alors qu’un seul contenu : l’amour allégorique et mythique. Il est né d’une série d’expérimentations faites par des poètes italiens sous l’influence de plusieurs genres littéraires : le « lais » et la « canzoni » des tourbadours et des trouvères, le « qasida » et le "ghasel" des poètes du Proche-Orient, la poésie scaldique des Vikings, le « motet » et l’hymne des moines, le « tenzoni » des Italiens.
En général, le sonnet doit développer, dans les deux quatrains, une même idée ; tandis que les deux tercets forment un « contraire » et un « parallèle ».
On comprendra aisément qu’un sonnet sera d’autant plus riche qu’il sera composé de rimes « homographes », dont le son et l’orthographe sont identiques (couleur/fleur) (nymphée/paraphée) que s’il comprend des rimes « homophones qui, bien qu’étant des rimes identiques phonétiquement (à l’oreille) comprennent une orthographe différente : (frêle/aile) (complot/tableau).
Les « diérèses » et les « synérèses » , qui sont occultées dans la plupart des poèmes néo-classiques, ne peuvent être négligées dans le sonnet. La réglementation des « diérèses » est assez complexe. C’est ainsi, par exemple, que le mot : « hier » s’employait en une seule syllabe aux temps « classiques », mais en compte deux depuis Boileau.
« Hi/er », tandis qu’ « avant-hier » s’est toujours maintenu avec une seule syllabe.
Autrement dit, il y a « diérèse » si les voyelles se prononcent en deux syllabes. Il y a « synérèse » si les deux voyelles se prononcent en une seule syllabe.
DIERESE : « Contre un sang o/di/eux réveiller le courroux ». (Racine)
« A la ra/di/eu/se pensée
Qui m’a pris l’âme l’autre été. » (Verlaine).
« Le pur en/thou/si/as/me est craint des faibles âmes » (Vigny)
SYNERESE : « Ô récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des Dieux » (Valéry)
« Vous serez une vieille accroupie
Regrettant mon amour et votre fier dédain » (Ronsard)
« Ange plein de bonheur, de joies et de lumières. » (Baudelaire)
(Dieux, fier, lumière = synérèses).
Tout comme "Dieu", au singulier, "mieux", "cieux", "messieurs" qui ne comptent qu’une seule syllabe.
HISTORIQUE :
Le sonnet serait apparu en Sicile au XIIIème siècle à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen, et sous la plume du poète Giacomo da Lentini. Sa structure la plus répandue que l’on retrouve, notamment, chez Pétrarque, dans son « Canzonière » est celui des rimes :
ABAB ABAB CDC DCD.
Il est adopté aussitôt par les poètes Italiens, dont Dante est le plus ardent défenseur. Toutes les possibilités phonétiques y sont, cependant, exploités : le lyrisme amoureux et la tonalité satirique. Mais il à tôt fait de se répandre, et devient un genre « européen » par excellence.
Dès le XVIème siècle, en Espagne, en Catalogne, puis en France au début du XVIème siècle (où le premier sonnet fut écrit par Clément Marot en 1529, mais publié seulement en 1548).
Finalement, en Allemagne et en Angleterre à partir du XVIIème siècle. Shakespeare en sera l’un des premiers initiateurs, outre-manche.
Le sonnet fut très prisé par les poètes de La Pléiade, et il est toujours considéré comme le roi des poèmes, de nos jours.
Au temps de Pétrarque, le sonnet n’était qu’une forme écrite d’une pièce de vers en stances (ou coblas), qu’on accompagnait au son d’un instrument. La lyre.
On peut affirmer que le véritable sonnet, dont la forme poétique est due peut-être à l’influence des Arabes, n’apparaît, en Sicile, qu’au XIIIème siècle. Et ce n’est qu’au XVIème siècle que les poètes français, comme Mellin de Saint-Gelais, Joachim Du Bellay ou encore Pontus de Tyard, l’empruntèrent aux Italiens.
La règle à laquelle ont toujours cru devoir s’astreindre les poètes Italiens, de conclure le sonnet par un trait brillant (la pointe)( ou le signal) est, sans nul doute, une des causes de ces concetti qu’on leur reproche.
En France, le sonnet ne fut dans toute sa vogue que sous Louis XIII et, au commencement du règne de Louis XIV. Les deux factions qui, sous le nom « d’Uranistes » et de « Jobelins » divisèrent, en 1651, la cour et la ville, à l’occasion des sonnets assez médiocres, il faut le reconnaître, de Voiture et de Benserade, montrent quelle importance on attachait alors à ce genre de poésie. Il convient de citer de fameux poètes, assez méconnus encore de nos jours, qui s’y illustrèrent, en les personnes de Desbarraux, Malleville et Hesnault, entre autres.
C’est l’époque, aussi, où Boileau proclamait : « Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème. » Mais il y eut une ombre au tableau ; le sonnet du « Misanthrope » fut la première protestation. A partir de ce moment, les avis divergèrent. La vogue du sonnet déclina rapidement, et de plus en plus…de façon vertigineuse même, jusqu’au XVIIème siècle. Il fut même totalement abandonné entre temps.
Quelques uns des grands poètes du XIXème siècle ont essayé de le rajeunir, de redorer son blason, comme Sainte-Beuve. Afin de le commémorer, il prit chaleureusement sa défense dans un sonnet demeuré mémorable parmi les initiés, où sont rappelés les noms de tous ces illustres prédécesseurs qui s’y sont distingués. Je ne puis résister au plaisir de vous le faire partager, si vous ne le connaissez déjà.
« Ne ris point du sonnet, ô critique moqueur.
Par amour autrefois en fit le grand Shakespeare ;
C’est sur ce luth heureux que Pétrarque soupire,
Et que Le Tasse aux fers soulage un peu son cœur.
Camoëns de son exil abrège la longueur ;
Car il chante en sonnets l’amour et son empire,
Dante aime cette fleur de myrte, et la respire,
Et la mêle au cyprès qui ceint son front vainqueur.
Spencer, s’en revenant de l’île des Féeries,
Exhale en longs sonnets ses tristesses chéries ;
Milton, chantant les siens, ranimait son regard.
Moi, je veux rajeunir le doux sonnet en France.
Du Bellay, le premier, l’apporta à Florence,
Et l’on en sait plus d’un de notre vieux Ronsard."
A la lecture de ce magnifique poème on peut estimer que le sonnet a encore de beaux jours devant lui, car il jouit d’un grand prestige chez les poètes modernes. Il s’agit sans doute du genre littéraire qui s’est le plus pratiqué en Occident durant les cinq derniers siècles.
On estime, aujourd’hui, à 46.000 le nombre de sonnets qui ont été publiés en France, au XVIème siècle seulement.
Beaucoup de grands écrivains de la littérature universelle ont écrits des sonnets. Cependant, il est à noter qu’aucun poète n’a pratiqué ce genre littéraire d’une manière exclusive. Les détracteurs du sonnet ont fait dire que grâce à sa forme fixe qui fait de lui un « moule » commode, il n’a attiré, la plupart du temps, que les poètes sans inspiration. Il est vrai qu’on s’en est servi souvent pour des poèmes dits « de circonstance ».
Je pense, comme la grande majorité de mes confrères, que le sonnet s’adresse à un public de choix, capable d’apprécier les richesses et les nuances du vers et de la rime : il est un genre noble. C’est bien pourquoi il faut se souvenir que les « sonnettistes » ont été longtemps des « poètes » de cours et de châteaux, au XVIIème siècle, et qu’ils étaient très populaires, également, dans les salons. Le sonnet a une dimension graphique et grammairienne que l’on ne retrouve dans aucune autre forme de poème, si ce n’est le « rondel » ou le « triolet » qui n’ont su se maintenir jusqu’à notre époque.
La structure du sonnet, impressive, attire indéniablement l’attention du lecteur sur l’existence du texte. Sa fonction a une pertinence esthétique dont il appartient à chaque lecteur d’apprécier, lui-même, la valeur. Il est une architecture à lui seul car il affirme la matérialité du texte poétique, en signale aussi, de façon évocatoire et sacrée, le message. Le bon écrivain se consacrant au sonnet est celui qui sait mesurer cette force avec soin pour la libérer aux bons endroits et, en quatorze vers seulement. Pas un de plus. Sa fonction signalétique est donc primordiale. Il ne s’agit pas, en écrivant un sonnet, de se livrer à un exercice de virtuosité technique mais, en quelques mots, et dans l’expression verbale, de dégager une intensité émotionnelle par un « style » d’expression (dans l’allitération surtout) de manière à composer un vers souple et plein de suc. Les « sonorités » sont par conséquent expressives et suggèrent ce charme, renfort réciproque des sons et du sens qui en favorisent la richesse et le jugement favorable du lecteur.
Baudelaire, Verlaine, Mallarmé et Rimbaud ont réintroduit, en poésie, le sonnet que le « siècle des lumières » avait dédaigné, en lui faisant subir, il est vrai, quelques transformations majeures (dislocation du vers et nouvelle disposition des rimes) dans le seul but d’exprimer une nouvelle conception du monde. Ils ont parfaitement réussi leur entreprise périlleuse.
Le sonnet peu être satirique, politique, moral, religieux, réaliste, burlesque, mais aussi érotique, avec un égal bonheur. Car il ne connaît pas de genre mineur. Qu’il soit lyrique (ou érotique), comme ceux, non appris dans nos écoles, cela se conçoit, et où s’illustrèrent brillamment Ronsard, Théophile Gautier, La Fontaine, Verlaine, ou encore Rimbaud et Aragon, plus près de nous, ces sonnets légers, libertins, admirablement bien écrits, hauts en couleurs, feront certainement hurler nos délicats cassandres à la lecture de ces œuvres sensuelles qu’ils considèreront comme des œuvres impies. Grand bien leur fasse et qu’importe ! Il s’agit d’une poésie pure, jamais vulgaire, dont les mots de l’époque ont cette saveur du suranné de charme, évoquant la sensuelle volupté, le libertinage, ou même la franche gaillardise. En fait, ne l’oublions pas, ces sonnets libertins mettaient souvent en exergue des mœurs dépravées de l’époque et de la Bourgeoisie. Il n’est en fait pas d’œuvre mineure si ce n’est dans l’esprit puritain du lecteur. Il n’y a que de bons ou de mauvais écrivains.
Au XXème siècle, bien que l’on ait essayé de détourner les règles de base et créer de nouveaux types de sonnets, ceux-ci n’ont jamais réussi à s’imposer.
LA STRUCTURE:
Les niveaux d’analyse:
1° le niveau strophique, articulé autour des rimes et du rythme ;
2° le niveau syntaxique, c’est-à-dire la disposition des phrases par rapport aux strophes ;
3° le niveau sémantique, qui traites des unités thématiques en relation avec la disposition des strophes et des phrases.
REMARQUE :
— La plupart des études structurales isolent quatre niveaux d’analyse, à savoir les niveaux phonique, rythmique, syntaxique et sémantique.
Pour aligner les deux classements, on observera que le niveau strophique réunit en grande partie les niveaux phonique et rythmique, sans oublier que des éléments phoniques ou rythmiques interviennent également à d’autres niveaux :
- Le niveau phonique :
Il comprend les répétitions de sonorités qui sont ou bien codées ou bien aléatoires. Les répétitions codées de sonorités, qui constituent la rime, appartiennent au niveau strophique, alors que les répétitions aléatoires de sonorités, c’est-à-dire les échos phoniques, interviennent au niveau sémantique, puisque « les correspondances des sons à l’intérieur du vers et à la rime mettent souvent en relief des significations ».
- Au niveau du rythme :
Il faut faire une distinction entre les rythmes linguistique et métrique. Le rythme métrique, résultat surtout de la distribution des mesures des vers, appartient au niveau strophique ; le rythme linguistique joue son rôle au niveau syntaxique, à l’évidence dans la construction de la période.
- Le niveau syntaxique :
Pour renforcer la structure du vers, les théoriciens du vers classique réclament que les articulations grammaticales coïncident avec les articulations métriques. Au niveau de la strophe, il y a concordance si elle coïncide avec une phrase ; au niveau du vers, si la fin du vers coïncide avec une proposition, et au niveau de l’hémistiche, si l’hémistiche coïncide avec un syntagme. Les poètes du XIXe vont multiplier les discordances et en tirer des effets stylistiques, dus aux phénomènes de rejet et de contre-rejet ; mais déjà les anciens ont su tirer, des déviations de l’ordre naturel qu’impose souvent le respect de la concordance, des effets stylistiques, dus au phénomène de l’attente. D’autre part, la phrase étant conçu/compris, bien que naïvement, comme une unité linguistique exprimant un sens complet, elle coïncide régulièrement avec une unité sémantique.
Il est donc indispensable de compléter, et même de commencer, l’analyse métrique par une analyse syntaxique ; nous allons voir d’autre part que les rapports de la structure syntaxique avec la structure strophique d’une part, et avec la structure sémantique de l’autre, permettent de dégager certaines combinaisons récurrentes.
Les types de vers :
Ils se résument dans la formule suivante :
Nombre de syllabes __ Nom du vers __ Remarques particulières
1 monosyllabe __ Rarissime, __ (utilisé surtout au 20e siècle)
Un chef d’œuvre inégalé dans le genre du vers d’une syllabe, est celui, sans conteste, de ce superbe sonnet de Jules de Rességuier :
Fort
Belle,
Elle
Dort.
Sort
Frêle !
Quelle
Mort !
Rose
Close,
La
Brise
L’a
Prise.
2 - dissyllabe Idem
3 - trisyllabe Idem
4 - tétrasyllabe Souvent utilisé dans une décomposition en plusieurs vers de l’alexandrin 4/4/4
6 - Hexamètre / *hexasyllabe Moitié d’alexandrin, utilisé comme tel le plus souvent.
7 - heptasyllabe Rare, vers préféré de Verlaine avec l’ennéasyllabe (9)
8 - octosyllabe Très souple, très expressif, rythme interne peu varié
10 - décasyllabe Musical, souple, léger.
12 - alexandrin Le vers le plus fréquent, le plus complexe dans sa scansion. Malmené à compter du romantisme.
3 – Les strophes « régulières » :
Elles se résument dans le tableau suivant :
Nombre de vers
Nom de la strophe
Remarques particulières
2 distique Unité de base de la strophe
3 tercet Relatif au sonnet surtout, parnassien
4 quatrain Base centrale du système des strophes en prosodie française
6 sizain Utilisé dans les poèmes longs, souvent quatrain + distique
8 huitain Souvent double quatrain, à analyser comme tel, romantique
10 dizain Utilisé surtout dans les poèmes longs, tonalité épique
La répartition des rimes dans le quatrain.
Elles peuvent obéir aux dispositions suivantes :
A Rimes Embrassées
B
B
A
A Rimes Suivies
A
B
B
A Rimes Croisées
B
A
B
LA POESIE :
Cette focalisation mérite, pour le moins, une mise au point préambulatoire. Les deux focales dont nous userons seront tournées l’une vers le passé et l’autre vers l’avenir. La poésie est, en partie, un produit du passé, par sa forme et son contenu, et un produit de l’avenir par l’originalité qu’elle entend dégager. Le sonnet est ce carrefour entre le patrimoine et l’innovation. Il rejoue microscopiquement le complexe maniériste fondamental d’une période coincée entre ses deux consœurs : la Renaissance et le Baroque. Quand la critique ne l’a pas radiée, elle l’a considérée soit comme la fin soit comme le début d’une autre époque. Bien entendu, la question n’est pas à débattre ici, encore moins à résoudre. Nous l’envisagerons pour notre part comme un milieu, en charge d’un héritage et volontaire pour plus d’identité. Le piège est de sombrer dans le respect exagéré du passé ou l’exagération de la nouveauté, menant l’un à la sclérose des courants créateurs, l’autre à leur dilatation enivrante. Les oeuvres d’alors inspirent l’admiration quand elles s’équilibrent. Les Sonnets en sont. Les autres poèmes tremblent sans atteindre la stabilité sereine des écrits intemporels.
1. Le choix d’une forme, le sonnet :
Les Sonnets son la production poétique la mieux connue de Shakespeare, sans doute parce qu’elle réussit à joindre les extrêmes signalés précédemment. Elle est en prise aux influences tout en leur échappant par une originalité vraie, complexe, labyrinthique. Essayons cependant de garder le fil et de la traverser sans heurt à la recherche de l’hybride fait de distinction et de confusion à la naissance duquel nous allons assister. Reconnaissons en les géniteurs.
1. Influences :
Ce choix que Shakespeare opère sur la forme n’est pas innocent, convenons-en aisément. Or, la forme du sonnet fut préférée, en l’occurrence, à toute autre dans cet ultime recueil paru en 1609 chez l’éditeur Thomas Thorp, précisément le 20 mai de cette année. Il est vrai qu’accompagnent les 154 sonnets, 47 strophes de 7 vers chacune qui font la plainte d’une amante. Toutefois, le sonnet donne seul, véritablement, les heures de gloire poétiques contemporaines, effaçant promptement tout autre genre, qu’il soit constitutif de Vénus et Adonis, du Viol de Lucréce, du Pélerin passionné ou encore du Phénix et de la Tourterelle. Ceci fait peser sur cette formule poétique un poids bien plus fort, si tant est qu’elle eut besoin de ce surplus, elle qui connut sans doute un des plus vifs succès littéraires. D’ailleurs, ce succès même est à observer au moment où Shakespeare entame la rédaction de cette oeuvre. La date précise n’en est pas connue, mais beaucoup de critiques s’accordent à fixer une fourchette autour de la dernière décennie d’un seizième siècle finissant. À cette date approximative, une production imposante a d'ores et déjà vu le jour, si l’émergence du sonnet est considérée comme la parution de la Vita Nuova, oeuvre du poète Dante Allighieri.
Cette production, sans jouer le rôle d’un boulet attaché au poignet de l’écrivain Anglais, ne va pas moins constituer, de fait, une référence quasi obligatoire. Pétrarque est, bien entendu, un des sommets du panorama dessiné par l’histoire du sonnet, il est, lui aussi, une référence qui ne peut être négligée. D’autres néanmoins en sont des hauteurs à ne pas manquer. Parmi ceux-ci, les Anglais font bonne part, relativement à Shakespeare. L’histoire du sonnet en Angleterre n’est pas insignifiante, elle ne sera pas sans exercer quelque influence sur le choix et l’écriture de Shakespeare en la matière.
Avec l’aide de J.Fuzier, résumons en quelques lignes les jalons de son histoire anglaise.
Wyatt est un des ‘ précurseurs ’ en ce domaine. Il ramène avec lui, d’un voyage en Italie, ce genre en en modifiant certains tenants. Surrey le suit de très près. Ils tiennent tous deux encore au sonnet hérité de Pétrarque même s’il reste vrai qu’ils l’humanisent plus et en torturent un peu la forme : le passage s’effectue du quatorzain italien, composé de deux quatrains et deux tercets, au sonnet dit ‘ anglais ’ qui se termine par un distique. Shakespeare puisera d’ailleurs la configuration : abab cdcd efef gg, chez ce dernier. Il poursuivra, en outre, un mouvement qui tend à moins d’idéalisation féminine, voire à un retournement de la position de celle-ci.
Cette inclination, il la doit aussi, en partie, à Sydney dont les sonnets composés en 1582 sont publiés en 1591, soit une trentaine d’année après ceux des deux précédents auteurs. Sydney penche pour un réalisme accru où il n’est pas interdit de voir qu’une inspiration gagnée des poètes de la pléiade existe. En conséquence de quoi, Shakespeare qui vient à la suite de Sydney se trouve au confluent de deux courants : un courant pétrarquisant qui s’étendra au XVIIe siècle, avec Habington, et un courant français, ramification originale du pétrarquisme le plus pur. Les Sonnets son donc lestés de masses énormes au vu de la production italienne et française, puis anglaise, même si elle est réduite en regard autres. À l'époque où commence leur rédaction, il s’avère difficile de rompre les liens qui retiennent ce lest. Bien des écrivains n’y parviendront pas et resteront des plus ampoulés : ainsi de Griffin, de Linche ou de Smith. Shakespeare, lui, y est parvenu par une originalité qui l’aida à gagner les hauteurs des auteurs. Il écrit en plein sursaut du sonnet élisabéthain, et tire son épingle du jeu de la plus belle manière.
Mais comment réussit-il ce tour, lui dont l’œuvre est dans sa majeure partie théâtrale, et connue mondialement sous cet angle ? La réponse est déposée dans ce qui a été écrit ci avant. Loin de révolutionner l’histoire qui le précède, Shakespeare semble au contraire l’assimiler avec aisance. Le poids sous lequel nombre d’auteurs succomberont devint pour lui le moyen de s’ancrer et de résister ainsi au transitoire d’une mode. Sa fraîcheur est une assurance sur le passé. De ses garants : Pétrarque, Dante et Sydney, il garde l’éternel. Puis il insuffle le transitoire de son ‘ unicité’. Arrivant à la suite de ceux qui firent les heures glorieuses d’une forme poétique, Shakespeare va en quelque sorte pousser à bout une évolution sensible depuis Wyatt. Ce dernier a repris le modèle italien dont il a eu une connaissance directe, certes. Il n’en a pas moins aménagé quelques éléments en vue surtout d’une humanisation du sujet. Laure, Béatrice, les égéries de Pétrarque et de Dante respectivement, sont les avatars premiers du néoplatonisme qui prendra un progressif essor en Italie dans les milieux lettrés. Elles apparaissent tout auréolées d’un idéalisme profond, sans concession, idéalisme qui fait la plume légère et l’écrivain pèlerin des chemins spirituels. Le sonnet pétrarquiste, sous diverses déclinaisons, gardera toujours ce fond, sorte de fond sans fond où chacun est un écho qui n’est pas perçu en tant que tel, où chaque nouveau vers est un discours ancien sous-entendu. Or, Wyatt reprend cet ancien discours et fait surgir à certains retours une pointe de réalisme : la dame que l’on chante n’est pas exempte de défauts. Ce souci mineur s’amplifie peu à peu, quelques-uns des sonnets à la dame brune, comme une certaine coutume les nomme, plongent alors dans un réalisme des plus sordides. Le numéro 130 est, à ce titre, le plus révélateur de ce réalisme très accentué. Dès le premier vers, on lit : " Ma maîtresse a des yeux qui n’ont rien du soleil ". Le retournement est immédiat, il bat en brèche un des poncifs récurrents de la poésie pétrarquiste. La suite poursuit le travail de sape entamé : " Et je sais des parfums plus doux à l’odorat / Que l’haleine qui sort des lèvres de ma belle ". L’oubli du détail, ou le déguisement de ce dernier, courant dans style sublime, s’altère ici en une focalisation monstrueuse détruisant l’ensemble.
Toutefois, Shakespeare n’est encore une fois pas le seul à procéder à ces revirements puisque des traits communs se retrouvent chez Berni, dont le sonnet XIII se rapproche du précédent 130. Ses sonnets-blasons, dont " Chiomme d’argento fino, irte e attorte " est le type, appartiennent à ce burlesque renaissant. " L’esprit anti-pétrarquien qu’inspire, au tournant du XVIème siècle, les satiriques tels que Nashe, Hall ou Marston, se retrouve en filigrane dans le sonnet [...] shakespearien ". Une veine existe donc qui nous conduit à Shakespeare, lui qui là encore fait monter l’écho en puissance, au vu de la renommée.
2. Originalité :
Il devient, par conséquent, un amplificateur, capable de capter les paroles lointaines pour en faire de nouveaux sonnets. Son originalité apparaît comme une somatisation littéraire exacerbée d’un mal qui courait déjà depuis longtemps, remontant de l’Italie vers la France, jusqu’en Angleterre. Le virus trouve un corps dans le corps de cette oeuvre qui elle-même a la forme que l’Italie médiévale a créée. Shakespeare est placé sur un point nodal entre une forme ancienne, aménagée pour les besoins de la langue anglaise, et un contenu non sans précurseurs, le tout élevé au carré et donnant une oeuvre unique, hors du commun. Nous insistons particulièrement sur ce fait qui donne une première clé de notre problématique. Ce balancement entre le passé, posé en référence, et cette nouveauté jugée pour longtemps inacceptable, exagérée, fonde un discours entre une volonté de détachement et une irrépressible répétition des modèles précédents. Les 154 sonnets écrits de la main de Shakespeare reflètent ce discours, et s’ils rompent avec certains schémas en vogue, c’est pour y revenir autrement.
Ainsi, la dame chantée, en l’occurrence la " dame brune " ou " dark lady ", est ébranlée avec force de son piédestal. Mais la place ne reste pas vacante puisqu’un homme la prend. Certains essayèrent et essayent encore de réfuter une homosexualité, sinon avérée, du moins latente, en arguant d’une méprise sur les pronoms ou d’autres arguments somme toute forts labiles. Cela n’est que de peu de poids, nous retiendrons l’évidence, à savoir que les Sonnets sont écrits à l’adresse d’un homme. D’où le retour clair que nous signalions ci avant sur les modèles hérités. Il n’est qu’à lire le numéro 20 par exemple pour constater de suite le retournement : " Et c’est femme d’abord que Nature te fit ", écrit le poète en parlant du jeune homme à qui il adresse les poèmes. Bref, cette démonstration est des plus faciles, et d’ailleurs ne semble plus à faire. Notre insistance s’est juste voulue grossissante afin de bien discerner ce premier élément venant à l’appui de la problématique initiale.
3. Parcellisation :
Arrêtons-nous désormais sur un deuxième aspect du choix formel ! Ce qui paraît, en effet, très significatif dans celui-ci est le caractère parcellaire et répétitif que donne au recueil le sonnet. Repoussons tout d’abord la réponse qui l’entreverrait comme une mode obligatoire, un mal nécessaire à l’époque où la production du sonnet élisabéthain bat au plus fort. S’il est vrai que le choix put être influencé par cette mode, qui ne dure vraiment que six ou sept années en Angleterre, cette vérité ne peut être que partielle, notamment parce que Shakespeare opte pour une stratégie claire de la forme, nous nous en sommes d'ores et déjà rendu compte. Nous croyons fermement que cette stratégie se poursuit sur cet autre terrain que nous allons maintenant aborder, soit la structure du recueil et sa conformation globale.
Le sonnet a pour effet premier de scinder régulièrement l’œuvre. En tant que forme poétique, il est un tout, organisé au moyen de la rime ou des divisions strophiques qui, si elles ont beaucoup évolué, s’accordant à la manière de chaque poète, de chaque pays, sont toujours restées très cohésives. L’unité se déplace du tout vers la partie. Les autres poèmes dont l’attribution peut sans doute être mise au compte de Shakespeare, suivent une unité du tout malgré le découpage strophique. Par conséquent, le sonnet joue entièrement la parcellisation, le morcellement du recueil. Le poète avance par petites touches qui se répondent en échos, en variations. La toute première partie notamment, l’invitation au mariage, étalée sur dix-sept sonnets, est une précieuse construction, un agencement de menus arguments répétés à l’envi. Il instaure ainsi de légers contrastes, des banalités et des accroches qui se voient filées sur ces dix-sept poèmes : la beauté éphémère, la postérité par la filiation, l’hiver qui approche et avec lui tout son réseau d’images, la fleur flétrie, ou la richesse gaspillée. Il procède en quelque sorte par appositions fines, esquisses reprises et modifiées. Ces sonnets forment un ensemble premier qui est, pourtant, lui-même disloqué. Le plus frappant est alors de s’apercevoir qu’aucun de sonnets ne constitue une pièce fermée, close, unie, puisque chacune est reliée à l’autre par quelque trait et qu’en même temps n’importe lequel d’entre eux peut à loisir se détacher des cent cinquante-trois autres et se lire de façon autonome. Seule la forme parle. Ainsi, des thèmes parcourent l’ensemble des sonnets. Le " Temps vorace " est fort récurrent ; il est parsemé au début comme à la fin : dans les sonnets 1 à 7, dans les sonnets 123, 124 et 126 entre autres. Le souci de la postérité, par différents vecteurs, naturels ou littéraires bâtit un réseau assez étendu : du premier au dix-septième pour ce qui concerne la
filiation, et les sonnets 15 à 19, 63, 65, 100, 101, 107, etc., pour la postérité poétique.
D'autres thèmes charpentent l’œuvre bien entendu et créent un système de questions-réponses qui concourt à la cohésion de cette construction que Shakespeare semble avoir voulue, contrairement à ce qu’on a longtemps cru d’une édition lâche et lâchée à l'insu de l’auteur. La double impression d’un tout morcelé persiste donc. Le jeu entre l’indépendance que le style du sonnet permet et l’interdépendance des sonnets entre eux est manifeste et ressemble de près à un mode de composition picturale que, à coeur, nous traiterons plus avant. L’adéquation n’a pas de caractère strict bien évidemment, elle n’existe qu’a posteriori sous le regard critique et n’a certes pas été décidée en tant que telle. Elle résulte plutôt d’une manière, d’un savoir-faire qui se plaît à ce travail de composition minutieux et répété, à ce travail du détail, à ce travail de variations continues et minimes, qui aboutit à la réalisation de deux produits distincts.
4. Un choix parodique :
Cette différence terminale se perçoit en observant continûment le recueil des sonnets. Si au commencement un certain académisme nous accueille, fruit sans doute d’une nécessité liée à une commande ou à un contexte rigide attenant à l’épithalame qu’est plus ou moins cet initial, les sonnets progressent jusqu’aux retournements qui ont été auparavant soulignés. L’ensemble confine à l’exercice qui a pour règle quatorze vers, sept rimes, trois quatrains à rimes alternées et un distique final à rimes plates. Dès lors, la sincérité louée par J.Fuzier peut être remise en cause. D’autant que la dialectique entre l’ange et le démon, le jeune homme et la dame brune, le retournement du schéma pétrarquiste et l’appréciation propre de Shakespeare sur le sonnet à l’époque où il en écrit le plus soutiennent cette thèse. Le fond biographique n’est certes pas à rejeter en bloc même si les preuves sont, en la matière, conjecturales. Mais il transparaît plus qu’il ne s’impose. S’il est tentant de combler par là les vides nombreux qui subsistent, il n’en reste pas moins qu’en se rendant à l’évidence l’objet littéraire doit plus préoccuper que la fiction objectivée.
Alors, en se penchant sur cet objet, ni de trop près, ni de trop loin, en se plaçant en ce punctum remotum, difficile à définir parfois, se détache un jeu, concurremment à toute autre chose. Ce jeu passe en partie par la parodie, et cette parodie pourrait être indiquée comme une des sources du choix initial dirigé vers cette forme. R.Gardette dans un article remarque que les sonnets auraient été écrits en pleine " vogue sonnettiste ", " alors même que le dramaturge tournait en dérision les usages sociaux sur lesquels ils se fondaient ".La dérision est ainsi présente dans certaines comédies, certes, mais encore dans les Sonnets.
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Marot (Clément) codifie les règles du sonnet français (appelé aussi "marotique").
LES REGLES :
§ 14 vers répartis en deux quatrains plus un sizain ;
§ le sizain est séparé en deux tercets mais sans que la rime ni le sens n'aient l'obligation de respecter cette séparation ;
§ les deux quatrains sont faits sur le même modèle et sur les mêmes rimes, soit croisées (a b a b) soit embrassées (a b b a) ;
§ le sizain comporte un distique sur une rime et un quatrain à rimes embrassées ou croisées.
Le sonnet est donc bâti sur 5 rimes qui, après le XVIe siècle, seront ordinairement alternées entre rimes masculine et féminine.
Ces deux schémas sont considérés comme les deux formes fondamentales du sonnet français, même s'il arrive que nous ayons des quatrains à rimes croisées.
Le Fumeur
Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.
L'espoir, qui me remet du jour au lendemain,
Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et, me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu'un empereur romain.
Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu'en mon premier état, il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent:
Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d'espérance,
Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.
(Saint-Amant).
Le Sonnet hétérométrique
Dès que les variations du mètre obéissent à un certain ordre, on a bien l'impression que le sonnet hétérométrique mérite à peine le nom d'irrégulier.
Baudelaire nous a donné un fort beau modèle de sonnet hétérométrique à mètre alterné, composé de décasyllabes et d'octosyllabes avec «le Chat» dans «Les Fleurs du Mal».
Verlaine a écrit un sonnet loufoque, dans lequel il use de mètres variés, mais formant, en dépit de l'anarchie apparente, un dessin symétrique dans les quatrains et parallèle dans les tercets:
Le Sonnet apparent :
ABAB ABAB ABA BAB
Le Sonnet Layé, (cher à Rimbaud qui a su donner aux finales de ses tercets un ton d’intimité chaleureuse.)
RÊVE POUR L’HIVER
L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…
Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- - Qui voyage beaucoup.
Rimbaud « En wagon »
Le Sonnet Layé acquiert des vertus dynamiques et parfois plus de grâce si l'écourtement du vers intervient essentiellement dans les finales, soit pour couronner la protase, soit, plus souvent, pour marquer l'apodose.
Ce sont les 2ème et 4ème vers (courts) des quatrains et les vers (courts) finals des tercets qui se trouvent, en manière de soupirs, donner à la phrase fléchissante le ton de l'intimité:
Les Sonnets irréguliers. (Le sonnet de D’Arvers est un pur chef d’œuvre qui a réussi à immortaliser, à lui seul, son auteur.)
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurais passé près d’elle, inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
Et j’aurais jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander, et n’ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.
A l’austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.
On parlera de sonnets irréguliers lorsque le poète modifie les quatrains, les tercets, le nombre de rimes. Nous aurons, donc, à travers les siècles, des sonnets irréguliers, des sonnets apparents ou sonnet postiche où seule la disposition typographique désigne encore à l’œil un sonnet.
Le Sonnet à rebours
Avec Verlaine on découvre le Sonnet à rebours: (dee/dcc//abba/abba) ou (ede/dcc//abba/abba) ou à l'italienne (dcd/cdc//abba/abba).
Le sonnet polaire : (abba//eef/ggf/cddc). (Cher à Brizeux et Baudelaire), dont la composante est :
ABBA CEF GGF CDDC ou encore ABBA CCD EED ABBA
Le Sonnet alterné, (l’une des spécialités du Poète Catulle Mendès.)
Dans l’œuvre de Catulle Mendès on rencontre le Sonnet alterné qui consiste dans l'alternance des quatrains et des tercets. Ce peut-être l'ordonnance Quatrain/Tercet/Quatrain/Tercet, ou la disposition Tercet/Quatrain/Tercet/Quatrain, moins justifiable du fait que la rime solitaire du premier tercet reste trop longtemps sans réponse.
Le Sonnet quinzain, (qui révéla Albert Samain), dont la composante est :
ABBA ABBA CDC DCC et un vers final isolé : D
Autrement di, dansi le Sonnet quinzain, on a adjoint un quinzième vers, typographiquement détaché et qui rime avec l'un des vers du dernier tercet. Cette formule fleure le maniérisme. Et le vers final, quand il ne ménage pas un effet particulier, paraîtra facilement mièvre ou du moins apprêté.
Le Sonnet seizain
Certains poètes se sont essayés au Sonnet seizain[/u]. Il est bâti sur cinq rimes et s'adjoint deux vers détachés, l'un qui précède et l'autre qui suit le corps des quatorze vers:
(a///abba/caac//dde/ a'ea'///a).
Quand au vers liminaire, il pourrait se répéter dans le vers final et fermer le seizain à la manière d'un refrain.
Le Sonnet à refrain
Ici, le premier vers est repris à la suite du premier et du second quatrain, en sorte que le huitain primitif devient un dizain. En outre, le sizain originel devient un huitain, le premier vers étant repris à la suite du premier tercet, et le vers initial de l'ancien second tercet étant répété comme vers final du poème. Ce sonnet comprend donc dix-huit vers, parmi lesquels on compte trois vers de refrain différents.
Cette formule contient de précieuses valeurs esthétiques. Son tort est
peut-être de faire entendre trois fois de suite une rime de même sexualité (ici masculine) dans le passage du premier au second couplet; mais comme il s'agit de la même rime, la loi de l'alternance n'est pas enfreinte. Cette forme est donc valable pour la poésie française.
Le Sonnet Double :
C'est un sonnet, enflé de six vers mineurs, à raison de quatre dans le huitain et deux dans le sizain primitif. Le sonetus duplex se présente sous trois formes.
– Les vers insérés sont croisés (cruciati):
(AaBBbA/AaBBbA//CDdE/DEeC)
(mmfffm/mmfffm//fmmf/mfff(?)) ou (ffmmmf/ffmmmf//mffm/fmmm(?))
– Les vers insérés sont suivis (successivi) :
(AaBAaB/AaBAaB//CcDD/CcDD)
(mmfmmf/mmfmmf//mmff/mmff) ou (ffmffm/ffmffm//ffmm/ffmm)
– Les vers insérés forment un couple de rimes plates (in principis consonantes) :
(AbBAbB/AbBAbB//CDdE/ECcD)
(mffmff/mffmff//mff?/?mmf) ou (fmmfmm/fmmfmm//fmm?/?ffm)
ou
(AaBAaB/AaBAaB//CDdC/CDdC)
(mmfmmf/mmfmmf//mffm/mffm) ou (ffmffm/ffmffm//fmmf/fmmf)
Des quatre formules indiquées ci-dessus, deux seulement (la seconde et la quatrième), se trouvent convenir à la règle de l'alternance. Le poète reste libre de débuter par une rime féminine ou masculine: c'est la finale qu'il doit avoir en vue.
Le Sonnet à Codas :
C'est un Sonnet augmenté de six vers, sur des rimes supplémentaires et qui surviennent tous les deux vers dans le huitain et à la fin de chaque tercet primitif; le sonnet à codas compte donc vingt vers. Les six vers ajoutés (ou codas) sont de mètre mineur:
(ABcABc/ABcABc//DEDf/EDEf).
Ce sonnet ne tolérant pas l'alternance des rimes, certains poètes l'ont modifié en vue de l'adapter aux lois de la poésie française. Il ont renoncé aux rimes supplémentaires et les ont remplacées par des rimes en écho, l'écho du premier tercet étant différé à la fin du second:
Ce sonnet est ainsi nommé parce que ces vers peuvent se partager en plusieurs colonnes qui, lues séparément, dans l'ordre vertical, donnent un sens cohérent. Lorsque le sonnet rapporté partage ses vers en trois ou quatre membres, ces derniers ne sont pas nécessairement isométriques. Dans chaque colonne, on trouve des membres qui peuvent varier d'une ou deux syllabes au gré des nécessités. Voici un exemple de sonnet rapporté:
O Amour O Penser O Desir plein de flame,
Ton trait, Ton fol appas la rigeur que je sens,
Me blesse, me nourrit, conduit mes jeunes âges
A la mort, aux douleurs au profond d'une lame.
Iniuste Amour, Penser, Desir, cours à Madame,
Porte lui loge lui fay voir comme presens,
A son coeur en l'esprit à ses yeux meurtrissans
Le mesme trait, mes pleurs, les feux que j'ay dans l'ame :
Force, fay consentir contrain sa resistance,
Sa beauté son desdain et sa fiere constance,
A plaindre à soupirer à soulager mes voeux,
Les torments, les sanglots et les cruels suplices,
Que j'ay que je chery que je tiens pour delices,
En aimant, en pensant, en désirant son mieux.
Il y a aussi le Sonnet Estrambot qui lui, comprend seulement 3 tercets.
La Couronne de Sonnets :
Après une série de tâtonnements, qui engendrèrent diverses suites de sonnets groupés autour d'un thème, est apparu un système de sonnets formant entre eux une superforme fixe: la Couronne de sonnets. Elle consiste en quinze sonnets. Le dernier sonnet se nomme le sonnet maître. Les vers de ce sonnet sont empruntés aux vers initiaux et aux vers finals de chacun des 14 sonnets précédents: le premier sonnet commence par le premier vers et se termine par le second vers du sonnet maître; le second sonnet commence par le second vers et s'achève sur le troisième vers du sonnet maître, et ainsi de suite jusqu'au 14e sonnet qui débute par le 14e vers et se clôt sur le 1er vers du sonnet maître. Vient alors le sonnet maître lui-même, qui ferme cette composition circulaire en forme de couronne.
Le Sonnet faux...
Il ne faudrait pas confondre le faux sonnet (qui, le plus souvent, recèle une recherche, un raffinement) et le sonnet faux (visiblement dû à une défaillance du poète). Encore que ce dernier peut cacher une intention.
POSTERITE
Le sonnet continue d’être pratiqué au XXème siècle par des poètes comme Louis Aragon et Philippe Jaccottet. En 1992, un important recueil de sonnets a été publié en France : Il s’agit de « Liturgie » de Robert Marteau. Ce sont des sonnets assez libres dans leur forme (ex : il n’y a pas toujours de rimes). Le fait d’écrire des sonnets à la fin du XX° siècle et au début du XXI° siècle est fortement significatif : cela marque une prise de position contre les principes de l’écriture poétique moderne : rupture avec le passé, absence d’unité et de continuité, etc.
Pour être complet, n'oublions pas le sonnet irrationnel, inventé au sein de l'équipe "Oulipo", par Jacques Bens, divisé en cinq strophes successivement et respectivement composées de :
3 - 1 - 4 - 1 - 5 vers. (Oulipo : In - "La littérature potentielle, Gallimard").
En voici un exemple :
Le presbytère n'a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet écalt qui vous désarme,
Rendant la main aux chiens, la bride à l'étalon :
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui dissipaient votre alarme,
Se coiffent bêtement d'un chapeau de gendrame,
Désignant là le juste, et ici le félon.
Aucune explication ne rachèt(e un mystère.
J'aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l'éclat emprunté d'un célèbre jardin ;
J'aime mieux les frissons (c'est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu'évidentes et sues les lampes d'Aladin.
__________________________________________
Sources :
Dictionnaire de Poétique, de M. Aquien. Livre de Poche. 1993.
La Poésie, de Jean-Louis Joubert. Editions Armand Colin. 2002.
Oulipo : La littérature potentielle. Editions Gallimard.
Turlupinades et Trocoteries. Dictionnaires des mots obsolètes
de la langue française, d'Alain Duschène et Thierry Leguay.
Editions Larousse "Le souffle des mots". 2004.
Par André Laugier,
jeudi 16 juin 2005 à 10:48 ::Mes aphorismes.
En poésie, les pieds se comptent sur les doigts de la main, mais il convient de maîtriser la langue sur le bout des doigts, aussi. (08/07/2005)
C'était un paroissien d'enfer : "hâté" d'aller au Paradis ! (08/07/2005)
Quand le mensonge est faux et la vérité sincère, il devient difficile de mentir pour arriver à se faire croire. (08/07/2005)
Et comme on dit "jamais deux sans trois", je n'y vais jamais par "quatre chemins". (08/07/2005)
Je domine assez bien l'art de l'extrapolation : une part de psychologie appliquée et beaucoup d'intuition.
Être haï par un concurrent est pour moi synonyme d'un grand honneur. Si un jour il me trouve sympathique, je n'aurai plus qu'à me mépriser moi-même.
Quand on écrit avec le coeur, la pensée éclaire l'écriture.
Si je crois, c'est que je pense, et si je pense, c'est que mon idée croît.
J'apprends chaque jour ; non pas savoir, mais par curiosité.
La seule chose qu'un amnésique n'oublie pas, c'est qu'il ne se souvient de rien.
Un meurtrier qui se trompe de victime doit être innocenté du crime qu'il n'a pas commis.
La Nature n'a de beau que ce qu'elle n'a de meilleur. Elle nous montre, hélas, parfois, ce qu'elle a de pire.
Rien ne sert de mourir, il faut partir à point.
Le rire sucre les larmes, le poids épice le cholestérol.
J'ai un sommeil tellement léger que lorsque mes paupières deviennent lourdes je parviens à dormir que d'un oeil.
J'ai le sommeil tellement léger que je ne me rends même pas compte que je dors.
Et quand nous nous quittâmes, le manchot me dit "à demain".
Et délivré enfin des morsures du peigne le chauve ébahi admira son crâne à poil.
Considérer une vieille femme c'est honorer son esprit, sachant que rien ne fleurit plus quand les rides du corps rejoignent les rides de l'âme.
Il avait tellement l'habitude du calembour que lorsque Allais écrivait quelques vers satiriques ses amis ne pouvaient s'empêcher de dire qu'il jouait ...l'Êpître.
Je n'ai jamais dit : "Fontaine je ne boirais jamais de "tonneau"; surtout si ce "tonneau" est rempli de Bordeaux !
La camorra est une "pieuvre" qui peut compter sur de nombreux "sous-pions"*.
*(Les soupions sont de petits calamars.)
Dernièrement un ami m'a trahi; je suis profondément déçu moi qui accordait toute ma confiance en son honnête perfidie.
La foule croit, et l'homme cru s'y fie.
J'écris toujours mes rimes au delà de quatre verres.
Comment fait un aveugle pour lire en poésie.
Envers... toute logique!
Au langage des signes sourd un plaisir muet.
Qui n'a jamais péché pour dire "où nos âmes sont?"
Laissons dans notre enfer quotidien une parenthèse de Paradis, et notre pandémonium deviendra un enfer plus tolérable.
Quand on écrit avec le coeur la pensée éclaire l'écriture.
Oui, je suis un tricheur, mais comme je l'avoue, je mens avec sincérité.
Où avez-vous pêché ce drôle d'oiseau?
J'ai louché sur ses graines et il m'a apprivoisé!.
Le commencement du gâtisme c'est mélanger les mots dans les répétitions. Le seul avantage, c'est qu'à force de les répéter on mémorise le gâtisme. Devoir de mémoire oblige !
Qu'il est bon de maigrir sans perdre son poids.
En fait rien n'est égal mais tout est comparable.
Je n'ai qu'une vie, et vue que c'est la seule que je possède, je la tiens en très haute estime.
Si mon passé est imparfait mon présent est singulièrement pluriel : de bonne augure pour le futur.
Il faut vivre avec ses défauts pour mieux exploiter ses qualités, puisque c'est dans la carence qu'on soigne l'imperfection.
Je me trouve singulièrement pluriel!
Finir n'est pas "terminer", c'est entretenir l'espoir de donner une suite...sinon finir serait inachevé.
Bien des qualités naissent en les défauts que la sagesse corrige.
Quand une femme se tait : quel cri de joie!
L'éducation est le bon grain. A ceux qui l'on semée on y récolte une bonne culture.
Défauts et qualités se mêlent. Comment séparer un fragment de l'un sans désagréger l'autre?
Il plaça toujours plus haut devant lui le destin. L'ennui : l'échelle n'était pas assez haute.
Ce n'est plus ce qu'il n'y paraît, mais c'est ce qui reste encore.
A la chaleur des mots fraîcheur du calembour.
Je ne dois surtout pas laisser flétrir ma joie comme fane la rose au caprice du temps.
La poésie est une grande Dame, riche d'une monnaie qui n'a plus guère cours.
Rien n'est plus vénérable qu'un mari irréprochable; rien n'est plus vulnérable qu'une femme approchable.
Les kamikazes sont des gens qui sautent de joie dans l'explosion de leur colère.
Je fais honneur au soleil : j'en prends un rayon !
Le fleuve des mes idées naît à la source "saine" de mon inspiration.
Mon inspiration est comme un long fleuve tranquille. Je bois beaucoup! Eh oui! je suis au régime : je m'inspire à la fontaine et je bois l'eau.
La poésie est une grande Dame, riche d'une monnaie qui n'a plus guère cours.
Au lumignon du coeur la mèche est l'étincelle.
L'homme n'est qu'un buvard qui pompe l'écriture; comme au papier carbone il n'est l'original. Tout est dit, tout est fait, sauf la réécriture.
Mon coeur est un esprit qui souffre et puis qui "panse".
La culture est de toute lecture; la culture enrichit par nature.
Ö: vers coquins, amis sans oreilles et sans yeux,
Voyez venir à vous l'épicurien des lieux !
La plume trace,
Souvent loquace;
Mentor la gomme,
Si trop d'audace,
Souvent renomme.
Si tu me juges, ami, avec si grands égards,
Sache que je perçois en cette déférence
Apportée au crédit de mes discrets regards,
Un puissant stimulant et bien belle assurance.
La passion coûte cher quand on désire en vivre.
L'amour appartient au futur. Soyez impératif: Aimez!
Les larmes sont devenues si rares qu'on ne pleure plus que de joie.
Le jour où la parité des sexes sera entièrement respectée, la femme sera un homme comme les autres.
Qui n'écoute que d'une oreille devient sourd à la réalité.
On ne peut contraindre personne à participer à un projet que l'on envisage, mais afin de garantir les chances d'avoir le plus de demandes possibles il vaut mieux déclarer : "Qui est pour?" plutôt que : "Qui s'y oppose?".
Ah! la vie si on pouvait en sortir vivant, la mort serait pleine de souvenirs.
Grâce à l'intelligence de l'homme et à l'instinct de la femme, la logique de l'un complète les tendances comportementales versatiles de l'autre.
Le caustique est à la grivoiserie ce que le vulgaire est au grossier.
Ce qui concerne chacun regarde tout le monde.
Témoigner de la pitié c'est augmenter la détresse de l'autre. Un peu comme si, soudainement on le regardait à la loupe plutôt qu'avec des lentilles de contact.
Les petites disputes chez un couple sont souvent nécessaires. Elles procurent le "sel" de la vie. Si la vie était trop "sucrée" nous aurions tous du diabète. Attention à ne pas exagérer quand même car, dans l'autre cas, c'est précisément la "tension" qui nous guette !
Il est toujours cuisant d'essuyer un échec, mais il est plus frustrant si l'on a rien tenté.
La mort ne m'effraie pas le vie est mon remède.
Est-il amour loyal quand la crainte nous flatte?
Mon âme est repentie, mon coeur est un apôtre.
Le mal, l'amour, le bien, dans l'ordre ou le désordre...
De l'un, de lui, de l'autre, auquel doit-on démordre ?
La passion coûte cher quand on désire en vivre. Mais le prix à payer est de belle facture; dans son estimation étant la récompense.
Je crois en la capacité de l'homme et en son incapacité d'agir.
Un point d'exclamation peut parfois mettre un point final à un point d'interrogation.
L'amour est papillon qui se brûle les ailes au lumignon du coeur. Renaît d'une étincelle !
On s'améliore avec le temps, puisque dans la vieillesse de la mémoire s'ajoutant à la dégradation physique, on ne peut qu'avoir la sagesse de la triste constatation.
Dans les allégories s'épanchent bien des confessions de l'âme. C'est le bienfait par l'image contre les maux de l'esprit.
Choisir c'est réfléchir; mais plus on réfléchit moins le choix nous impose.
J'évince tous les mots dont les maux me rapprochent.
La subtilité se moque du gag, la blague se moque de la morale, c'est-à-dire que la moralité de la plaisanterie n'a pour morale en la drôlerie que la légèreté pour distraire, puisque la morale du rire est sans règles quand il n'y a de méchanceté.
La sincérité est, en principe, cet élan du coeur qui est censé être une vertu, mais dont on doit se méfier, tant sa dissimulation perfide peut charmer la confiance des autres.
Le sincérité est une notion de l'existence, mais l'existence nous a enseigné qu'il n'existe de coeur sincère qu'en l'innocence de l'esprit.
Prêter un sentiment est-il toujours sincère,
Dans l'attrait capiteux favorable au moment,
Et le coeur répond-il plus vite en la matière,
Que l'esprit ne raisonne, et plus mesurément ?
La sincérité est un sentiment équivoque travesti, bien souvent, de demi vérités.
Sincère est notre esprit, quand au coeur il s'insère ;
Mais quand bien un fossé peut fausser sa valeur,
Par la nécessité qui le rend nécessaire,
L'allusion à ce mot : illusion de flatteur.
Le privilège de la passion résulte en la bienfaisante opportunité de nous convaincre à en choisir une autre, tant les désirs changent et fuient les habitudes.
En écriture, on ne peut opposer la finesse de l'imagination à la puissance de l'intuition. Pour les conjuguer, le rêve doit exposer l'idée pour que la préfiguration et les apparences prennent corps dans la formulation.
Il ne peut y avoir désert du raisonnement et illumination spontanée par l'image; l'image est toujours formulation de la pensée.
La solidarité c'est l'intelligence du coeur.
Le souvenir est le patrimoine de la mémoire.
Qui connaît ses faiblesses est au courant de sa force.
La poésie est l'or dans un esprit d'orfèvre,
Et les mots sont sertis dans un écrin d'amour,
Afin que leur parure aux passions d'une lèvre,
Nous délivre ces vers sculptés jour après jour.
Je sustente mon sang, mon esprit et ma chair
Au vertige des mots enrichis de lumière,
Colorés d'expressions dans ce langage cher,
Imbu de poésie, et dont ma plume est fière.
La poésie se nourrit aux sources de la prose, et elle s'embellit au concerto des mots.
La poésie est l'architecture des mots,
Le miroir où chatoie l'âme de belles rimes,
Quand la Muse, inspirée, murmure à demi-mots,
Le chant d'amour des vers en les rendant sublimes.
La poésie est la magie des mots, la prosodie est l'alchimie du verbe.
La poésie est la source de l'âme qui donne conscience à la beauté, et générosité en l'amour.
Goûter à la poésie c'est en boire l'onde pure et légère, rafraîchissante de bonheur. Ainsi coulera dans nos veines une source de passion.
La poésie est, en quelque sorte, la musicalité de notre langue. Symbole de la paix et de l'amour, mais aussi de la tristesse et des regrets; elle demeure un oeil ouvert en permanence vers la douleur ou la douceur de vivre, mais ne cesse de nous faire rêver.
L'homme, dans un désir avide de connaître,
Nourrit aux passions ambition de l'âme;
Mêler au fondement les excès pouvant naître,
Peut en briser l'ardeur pour laquelle il s'enflamme.
La poésie est un état de l'être, tandis que la prose est un état d'esprit.
Le luxe de l'homme est en sa liberté d'expression; bien que ce luxe ne soit, souvent, l'apparat et l'excès dans l'orgueil du langage.
On peut avoir plein de poésie dans la tête, mais la main assez gauche pour l'écrire de façon plus adroite.
Les idées sont des mots, ces émaux de l'esprit, en dehors de nos maux, souvent à idées fixes.
L'habit de fait pas le moine, moi ne suis révérant qu'à l'habit des beaux mots.
La Magie est la poésie du geste, et la Poésie est la Magie des mots.
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[Saut de ligne]
Il faut remuer la vase pour en retirer le ver.
Passion quand tu nous tiens, notre raison vacille,
Peut-on toujours jurer dans l'objectivité ?
Nos sens sont émoussés, et notre esprit frétille
Si, démesurément, le doute est invité.
La raison, philosophie de l'âme, nourrit une ardeur qui peut s'opposer à la passion, si les causes de cette passion, qui se cultivent souvent dans la solitude, ont un appétit plus grand, voire illégitime, pour dépasser l'entendement de nos habitudes cartésiennes.
Une part de vérité épure un monde de mensonges.
Qu attendons nous de la vie ?
Qu'espérons nous de son visage ?
Sinon ce à quoi le poète s'adresse, c'est-à-dire une petite partie que le monde a en lui de meilleur: l'enfance!
Les poètes sont représentatifs de cette époque et de ce laps de temps qui se mélangent pour mieux tromper nos illusions. Ils parviennent à nous faire croire par la magnificence, ou l'innocence de leurs vers, que la beauté et l'amour des choses sont plus réels que le palpable qui n'est qu'un pervers miroir reflétant nos illusions.
L'espoir, la foi, sont des gains véritables; même s'ils ne guérissent toujours, s'y raccrocher devient le médicament indispensable dans l'épreuve. Ils permettent de contenir, quelque peu, la détresse et, surtout, de croire en l'avenir.
La conscience, un jour, nous rappellera à l'ordre et nous fera comprendre qu'en dehors des algarades, souvent dérisoires, mais où aucun n'ose faire le premier pas dans la compréhension de peur de blesser son amour-propre, la vérité c'est tout simplement la Vie, le Coeur et l'Amour dans la réconciliation. Tout le reste est futile.
- Au caprice des mots "gai savoir" est doctrine ;
- Parole est poésie, puis paradis du coeur ;
- Cachons dans la pudeur tout élan qui lamine
- Le concept de "l'éclat" au plaisir du lecteur.
Le conflit est parfois inévitable quand il devient une fonction d'exutoire. Les échanges et la tolérance, dans notre société, perdent les clefs de la probité, favorisés par un individualisme pénétrant, et seule une pugnacité morale à toute épreuve peut parvenir à filtrer toutes ces gênes qui polluent l'atmosphère de notre coeur.
L'écriture est un art: il lui faut un poète.
L'espoir, c'est le temps de le conjecturer et de le revendiquer. Si on accepte de partager cet intervalle de conviction et de foi qui sera ce que nous en forgerons, alors un regard, une pensée, un silence et l'amour nous redonnerons confiance en l'avenir. Rattachons-nous à la Providence; elle nous soutient, nous protège, pour nous conduire à des jours meilleurs dans la conviction de nos attentes pour qu'enfin la lumière en chasse la nuit.
Si le jour nous nuit, la nuit nous a un jour !
- Donnons de simples mots un sens à chaque chose,
- Et ne nous perdons point dans le raisonnement,
- Car à trop raisonner ce calcul nous expose
- A étaler le fiel au lieu du compliment.
L'homme ne peut panser ses plaies qu'à pensée qui lui plait.
L'inspiration est un guide, seule la maîtrise gouverne.
Des pieds si parfaits sont l'oeuvre de Samain !
Beaumarchais avait de l'esprit; quant à vous c'est plutôt de l'humour à bon marché.
L'érudition est comme une plante d'appartement. Elle s'épanouit si elle est cultivée.
La pensée étant ce qu'il y a de plus honorable et de plus fondamental dans l'homme, il est normal que chacun d'entre nous y associe, à un certain moment, un morceau de souffrance puisqu'il nous faut, en quelque sorte, essayer de ressentir des épreuves et des larmes de tout genre, de toute grandeur, et chez toute personne, pour mesurer ce que nous ressentirions nous-même si, un jour de malheur aussi devait nous atteindre. Ainsi, dans la compréhension des autres, notre coeur ne restera jamais indifférent devant l'angoisse vécue par tous ceux qui nous en seront reconnaissants, à un moment précis, quelles qu'aient été les circonstances de leur souffrance.
LE REPLI SUR L'EUROPE A FAIT LE MALHEUR DE LA FRANCE
DEPUIS LE XVIIIe SIÈCLE.
Vu par un analyste québécois.(Mai 2005)
Jean Marc LÉGER
(Extrait de Passeport pour la Poésie. Juin 2005)
Au cours du XVIIe siècle, et dans la première partie du XVIIIe, la France, grâce à quelques dirigeants politiques visionnaires et à des explorateurs, chefs militaires et administrateurs audacieux et courageux, avait jeté les bases de deux vastes empires, en Inde et, surtout, en Amérique du Nord. Elle avait la chance historique d'être et de rester la première puissance des temps modernes et par là même de faire du français, pour très longtemps, la première langue internationale.
Pourtant, en quelques décennies tout fut perdu ou, plutôt, abandonné, sacrifié. Entre 1720 et 1765, environ, Paris allait perdre tout à tour l'Inde puis l'Amérique française, à partir du moment où dirigeants incompétents ou frivoles décidèrent de jouer essentiellement, voire exclusivement, la carte européenne, de tout sacrifier aux intrigues, alliances et guerres du continent. Pour couronner le tout, Paris allait, au début du XIXe siècle, brader la Louisiane (reprise à l'Espagne quelques années plut tôt), qui avait dix fois la superficie de l'actuel état américain de ce nom, là aussi à cause des guerres de Napoléon en Europe.
Deux siècles d'efforts furent ainsi balayés et une chance historique sans précédent torpillée par la myopie et l'inculture historique.
Plus sagement, plus habilement, plus audacieusement à la fois, l'Angleterre, sans se désintéresser de l'Europe, loin de là (et jouant efficacement les puissances européennes les unes contre les autres), pariait d'abord sur le grand large, renforçait et développait ses possessions en Inde et en Amérique du Nord, puis envahissait et conquérait celles de la France qu'elle allait écarter des deux continents et dès lors supplanter comme première puissance mondiale, préparant par là, à terme, la primauté de sa propre langue.
Il ne semble, hélas, pas que la classe politique française d'aujourd'hui soit sensible à ces leçons, et c'est là un euphémisme, non plus que la plupart des médias : ils s'apprêtent à rééditer allègrement les mêmes erreurs, tout comme ils manifestent la même myopie que jadis, à propos de l'Europe et du monde, jouant uniquement et presque frénétiquement la seule carte de la construction de l'Union européenne (y compris le sacrifice de la souveraineté), triste illustration de la célèbre image de de Gaulle, à propos de ces politiques aveugles et excités qui "sautent sur leur fauteuil comme des cabris en criant : "l'Europe, l'Europe !". Aujourd'hui encore, Londres, plus avisée et plus sage, garde deux fers au feu, l'Union européenne, certes, avec réalisme et sans euphorie, et au moins autant le grand large encore, notamment les rapports de tout ordre avec les États-unis, et avec les grands pays d'Asie. De même, sagement et intelligemment, Londres a décidé de conserver sa devise monétaire propre.
Comment s'étonner alors de la réductions constante de l'influence politique de la France dans le monde, y compris dans "l'Europe des Vingt-cinq" et de la régression constante de la langue française, notamment dans l'Union européenne et d'abord au siège de celle-ci, à Bruxelles, comme dans l'ensemble des institutions européennes. Bref, l'Angleterre et la langue anglaise gagnent de nouveau sur tous les tableaux. Nous assistons, hélas, au crépuscule du rôle politique de la France et du rayonnement de sa langue, de notre langue. Cela semble inscrit dans une certaine triste logique de la myopie historique et de la démission nationale. Et on s'illusionne lamentablement sur le rôle éventuel de prétendus États Unis d'Europe, prêts à sacrifier à cette marotte la souveraineté de la France et la place de la langue française.
L'un des principaux arguments des partisans du projet de Traité constitutionnel européen tient, en effet, à l'avènement, à partir de ce traité et grâce à lui, d'un vaste ensemble politique, sorte d'États Unis d'Europe, propre à faire pièce aux États-unis et, dès lors, à écarter ou à atténuer le danger d'une super-puissance à prétention mondiale. Il y a là une immense et redoutable illusion. La domination des États-unis n'est en effet pas seulement d'ordre politique, économique, technologique et militaire : le phénomène est, plus encore et surtout, d'ordre socioculturel. Or, l'américanisation, caricature de la mondialisation, ne sera nullement enrayée par une prétendue Europe politique, pas plus d'ailleurs que par une hypothétique convention internationale pour la sauvegarde de la diversité des cultures.
Le phénomène mondial d'américanisation n'a nullement été ralenti par les institutions européennes, pas plus que par le développement de l'Union Européenne. Au contraire, le phénomène s'est élargi et accéléré au cours des dernières décennies, dans tous les domaines, en particulier dans la publicité, les loisirs, la presse, le cinéma et la télévision, l'édition même. Ainsi, dans les pays membres de l'Union, la place des productions américaines de toute nature n'a cessé de grandir, venant immédiatement après les productions nationales, alors que la place faites aux productions des autres pays européens ne s'est élargie, au contraire. De même, la diffusion des revues et des journaux américains est en constante augmentation dans les pays européens. C'est vrai aussi dans l'édition : ainsi, en Italie, on traduit désormais et on édite plus d'ouvrages américains que de français, ce qui est une petite révolution. On pourrait multiplier les exemples à l'infini. Et il est à peine besoin de parler de l'enseignement des langues étrangères dans les pays de l'Union : l'anglais arrive massivement en tête dans tous les pays, de plus en plus, avec un recul parallèle des autres langues européennes, surtout le français.
Voici donc l'heure de l'Europe massivement américanisée, d'une fausse Union européenne qui sera de fait une sorte de satellite des États-unis. Et la France, trompée par de mauvais bergers, aura perdu sur tous les tableaux : son influence politique mondiale, le rayonnement de sa langue, sa souveraineté. Quelle tragédie et quelle déchéance ! Que dirait aujourd'hui de Gaulle, lui qui avait proclamé : "Quiconque tenterait de retirer à la France la pleine maîtrise d'elle-même nous trouverait sur sa route ! ".
L'Hôtel de Rambouillet fut pour Vincent Voiture
Un salon qu'il prisait, en grand homme d'esprit ;
Le carrosse n'étant pas trop dans sa nature,
Il s'y rendait à pied avec ses manuscrits.
Moralité :
Toujours il vint sans voiture
DASSAULT
Marcel Dassault était intraitable en affaires,
Avionneur génial, sévère concurrent ;
Il mit toute sa vie au nom d'un savoir-faire,
Et légua à ses fils un marché conquérant.
Moralité :
Un vrai char Dassault.
ACERBE.
Milosevic est mort : un distique suffit
Pour résumer les faits d'un triste individu...
Moralité :
Mauvais serbe ne poussera plus.
FOI DE LOI
Dans son cher Périgord monsieur l'abbé profite
Autour d'un bon foie gras, avec son sacristain ;
Cancane à qui mieux mieux avec son acolyte,
Puis trempe dans son rhum, à la fin du festin,
Plusieurs morceaux de sucre avec délectation.
Il est heureux l'abbé, ne cache pas sa joie,
Puisqu'un projet de loi, à sa satisfaction,
Lui accorde un crédit que le ciel lui envoie,
Et dont le presbytère en a l'allocation.
Moralité :
L'abbé rit au faire foi de loi, son canard à la main.
(Labeyrie; foie de l'oie; et canard).
LA SORBONNE
Tous les CRS ont dégagé la Sorbonne,
Et Villepin, béat, a encore répété
Que seul le CPE enfin révolutionne ;
Notre poète y croit, atteint de cécité...
Moralité :
Pour la connerie, il la sort bonne !
AU SALON DE L'AUTO.
"AUDI", en ce moment, fait sa publicité ;
Car si AUDI voit grand, nous devons reconnaître,
Qu'au salon de Genève où l'A4 est fêtée,
L'espace et le confort y sont... il faut l'admettre.
Moralité :
L'AUDI : c'est de l'espace ! (Odyssée de l'espace)
TRISTAN BERNARD.
Connu pour son humour ironique et grinçant
Tristant Bernard laissa quelques textes majeurs ;
Frivoles et légers, ses sujets jouissant
De calembours fréquents et souvent ravageurs...
Moralité :
Rien de "triste en Bernard".
PAS DE BALADE ?
Robert Hue a quitté le monde politique ;
Se consacre à présent au plaisir du foyer ;
Il n'est pas trop enclin pour la marche tonique
En plein air et flâner pour un peu s'égayer…
Moralité :
La balade dépend d'Hue.
LA PROSTATE.
Pour soigner sa prostate on lui a conseillé
Un remède miracle et à base de plantes :
Décoction de pistil, et le tout délayé
Avec un petit rien d'essences odorantes.
Moralité :
Pistil ? (pisse-t-il ?)
AU COUVENT.
Très jeune et jolie sœur d'un couvent de campagne,
Cette nonne, en secret, aimait monsieur l'abbé…
La morale, on le sait, dans ce lieu s'accompagne ;
Mais la chair, elle aussi, fait souvent succomber…
Moralité :
L'amante religieuse. (La mante religieuse)
ILS ÉTAIENT...
Ils étaient six en tout, et bourrés de talent ;
Six jazzmen au sommet, formant un très bon groupe ;
Mais la drogue et l'alcool - et c'est bien désolant -
Eurent raison, hélas, de ce malheureux groupe...
Épitaphe :
Six roses et les jazzmen (Cirrhose et les jasmins. )
GOURMANDISE
Si son péché mignon était la gourmandise,
Violette* adorait les glaces, les sorbet.
Et devant le cornet qui souvent la courtise,
Elle lèche sa crème, apprécie le bienfait.
Moralité :
Tu lippes Violette ?
* Violette => Emploi de la diérèse.
JASON.
Jason sur son Argo fit un très long voyage
Pour retrouver ses fils enlevés par Médée,
Mais sa quête fut vaine, et sourd fut son message
La magicienne étant insensible à l'idée.
Moralité :
Jason : - "Mais qui va m'aider ?"
CORPS GRAS.
Je ne regrette rien quant à ma gourmandise ;
Mais il faudrait pourtant que je fasse un effort,
Quand je constate après résultat d'analyse
Que mon cholestérol y trouve un bon support.
Moralité :
En engraissant je m'aigris.
VRP
Pierre, agent commercial, est souvent en voiture,
Il habite Toulon, pas loin de l'Arsenal,
Et prend en auto-stop souvent sur la bordure
Les mousses lors des perms', ce qu'il trouve normal.
Aujourd'hui, cependant, il n'y a pas grand monde,
Même pas un marin à cent lieus à la ronde…
Moralité :
Pierre qui roule n'amasse pas "mousses".
LA BONNE SANTÉ.
Dieu qu'elle avait la forme et solide santé
Cette vieille servante au service du Comte ;
Si ce n'était, en fait, défaut de propreté
Dégageant de son corps une odeur faisant honte...
Mais elle s'en fichait vu que l'âgé monsieur
Ne valait guère mieux, étant peu sourcilleux
Car trop accaparé par son acide urique
Qui le faisait souffrir en plus d'une sciatique...
Moralité :
La bonne sentait et le Comte "goutte".
(Bonne santé, compte-gouttes)
CARICATURE.
Mahomet, ces temps-ci, a été à la mode ;
Quelques gausseurs croquis venant le titiller ;
Mais un Prophète, on sait, de son temps s'accommode,
Et s'il bouda un peu : observa sans ciller.
Moralité :
Mahomet bouda. (Bouddha).
HU AU SKI
J'ai croisé Robert Hu tout près de super Sauze,
Il venait de Parloup, faisant un peu de ski ;
Mais l'homme a bien vieilli, souffrant de quelque arthrose :
Fini la piste rouge, il ne fait qu'après-ski.
Moralité :
Il n'est plus "super Hu" et très souvent "Hu baille".
(Super "U". Ubaye.)
L'ANCIENNE CHANTEUSE.
C'est une ancienne star de la chanson française,
Grande révélation des années quatre-vingt ;
Elle n'est plus, hélas, cette bombe de braise ;
Adieu la belle voix enflammant les gradins.
Moralité :
La bombe atonique.
LE MAÎTRE FROMAGER.
Ce Maître fromager a le sens de l'humour,
On le voit galéjer sur le marché des Halles.
Et toujours le bon mot, le parfait calembour,
Si bien qu'on croit parfois les blagues qu'il déballe...
Moralité :
Il éloigne "les poisses" ; il se "marre aux halles", et il "est cru" !
***
Époisses, Maroilles, lait cru.
LE DOYEN.
Il était le doyen de son petit village ;
Bon pied, toujours bon oeil et fier de son bel âge :
La mémoire vivante en ce bourg ariégeois...
Estimé et choyé par tous les villageois.
Moralité :
Il vit l'âge, il vit la joie. (Village, villageois)
LA TURQUIE.
La Turquie, on le sait, divise bien l'Europe ;
Depuis longtemps, déjà, elle pose tracas
Entre ceux qui sont pour et ceux que ça achoppe
N'y voyant qu'un pays qui vaut pas un ducat.
Moralité :
La marche Turque.
LE PRÉFET.
Bernard Bonnet, longtemps, comme préfet de Corse,
Sera symbole aux yeux de tous ses habitants,
D'un cow-boy agité, technicien de "l'amorce",
Faisant feu de tout bois, aux paillotes s'entend.
Moralité :
Un sot briquet.
Laurent FIGNON
Je me souviens encor d'une fameuse course
Sur les pavés du Nord avec Laurent Fignon ;
Ce grand champion cycliste, et jamais sans ressource,
Qui chuta dans un trou, se fit mal au croupion.
Moralité :
Au trou Fignon.
AURÈLE
Marc Aurèle, empereur, philosophe romain,
A laissé des "Pensées" narrées en langue grecque.
Hardi, il repoussa les Parthes, les Germains ;
Il eut droit, à sa mort, à de belles obsèques.
Moralité :
L'Aurèle est hardi.
LA GUEUSE
Elle était méprisable et de mauvaise vie ;
Se saoulait à la bière et fréquentait fripons ;
Quand elle disparut certains eurent envie
D'écrire une épitaphe où l'humour de confond.
À la bière : la "gueuse". * * Gueuze : bière belge.
LE JUGE...
Un juge s'est trompé : quel poids pour la justice !
Manque d'expérience et trop jeune surtout ;
Il y eut des dégâts, preuve révélatrice,
Des innoncents, hélas, payent le contre-coup...
Moralité :
Ou trop
jeune... Ou trop confiant...
QUEL NOM CHOISIR ?
Comment nommer l'Office de sécurité
Délégué pour lutter contre la grippe aviaire ?
Un pignouf de l'agence a longtemps médité
Pour sortir ce "velours" trouvé dans son bréviaire :
INTERPOULE !
AU LIT !
Il ne pensait qu'à ça, très porté sur le sexe ;
C'était son obsession : séduire les nanas...
Je peux vous assurer qu'il était sans complexe,
Au lit un vrai démon : pas de l'artisanat !
Moralité :
Au lit soit qui mâle y pense.
LA CÉCITÉ.
Au delà de son nez, elle ne voyait pas.
Mais ce n'était pas tout. Elle était bête aussi.
Quand elle s'exprimait, elle ne parlait pas.
Non, elle cacardait, c'était son seul souci....
Moralité :
la cécité fait l'oie....
Avec l'aimable autorisation de Renée-Jeanne MIGNARD.
SE PROTÉGER
Vite, dit l'amoureux,
Veux pas être piégé.
Et pour combler tes voeux
Je dois me protéger.
Moralité :
Je me préserve hâtif...
Avec l'aimable autorisation de Renée-Jeanne MIGNARD.
CONSEILLEUR ?
Il prêchait fréquemment de si belles paroles ;
Prodiguait maints conseils, galant, discoureur…
Fort da ns le faux-semblant, perfide dans ses rôles,
Ses appréciations dévoilaient l'imposteur.
Moralité :
Les cons, Seigneur, ne sont pas les meilleurs !
AMSTRONG.
Lance Amstrong est connu pour être un grand champion ;
Le visage fermé, rarement un sourire…
Toujours sur son vélo il donne 'impression
D'un homme froid, crispé, difficile à traduire.
Moralité :
Il fait des efforts, visage constipé quand il est sur la selle.
COLUCHE
Coluche en sa grandeur, nourri de probité,
Dont le nom, à jamais, a marqué les mémoires,
À plus fait que l'État pour la précarité
Dans son engagement aux œuvres méritoires.
Moralité :
Il reste au rang du cœur.
PACO RABANE
Il est grand couturier ce cher Paco Rabane,
Plus doué au tissu qu'en ses dons de voyant,
Eux cousus de fil blanc par un tailleur d'arcane,
Et ne vont pas plus loin que dans l'extravaguant.
Moralité :
Il se prend pour Nostra l'amuse !
Richar ANTHONY
Oui, Richard Anthony eut ses moments de gloire,
Tant on ne puisse arguer qu'il avait grande voix ;
Mais il était plaisant son tendre répertoire...
Bien que ses détracteur disaient à son endroit :
- "Anthony couine !"
HERGÉ
Au dernier festival de BD d'Angoulême,
Un honneur fut rendu au créateur HERGÉ ;
Son Tintin n'a pas pris une ride, et bien même
Il connaît un succès toujours plus propagé.
Si bien que son auteur ne s'est posé dilemme
D'un Tintin hésitant, se disant : "Quel air j'ai" (HERGÉ)
MAÏTÉ
Et devant son public il est beau de la voir
Révéler ses secrets de la bonne cuisine...
Comment pourrait-on autrement concevoir
En cette épicurienne un lécher de babines !
Moralité :
L'état de ...grasse.
LES VARICES
Toute sa vie durant elle fut un exemple
De prodigalité. Dévouée pour chacun...
Cette grande bonté eut un impact plus ample
Si d'atroces varices, un jour inopportun,
Ne l'handicapèrent. Le chagrin la contemple...
Moralité :
Au diable la varice !
LE MATCH...
Free box, Alice Box et autres Live Box
Se livrent un combat acharné, sans faiblesse ;
Chacun se veut leader : défend sa forteresse...
Et cela nous promet quelques beaux "matchs de Box"
LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN
(Western américain)
Un drôle de secret dans la Brokeback Montain ;
Deux cow-boys isolés en nature sauvage,
Et homos de sucrcroît dans ce haut lieu lointain,
Se bécotent amoureux, au lieu de mitraillage...
Moralité :
Règlement de comptes à "Ô gay corral".
MAÏTÉ (Encore la pauvre)
Maïté est connue pour sa bonne cuisine ;
Et ne lui parlez pas régime en vis-à-vis ;
Comme chacun le sait, sa ligne emmagasine
Au corps quelques "rondeurs" dont elle se ravit !
Moralité :
Un contour "rondelet" !
LE BÉNITIER
Après m'être longtemps posé la question*
J'ai fini par trouver la réponse précise :
C'était si évident comme explication*...
Pourquoi y a t il de l'eau au bénitier d'église ?
Réponse :
Pour "laver Maria".
* emploi de la diérèse.
BAVURE.
Comment donc rapprocher un flic d'un escargot ?
Y voyez-vous vraiment profonde différence ?
Car les suivre à la trace éclaire au distinguo :
Ils ont des points communs face à leur exigence...
Moralité :
C'est à la bavure qu'on voit qu'ils sont passés.
LES CHAISES
Revenu récemment d'un voyage à Cuba,
Comment vous expliquer que certaines églises
Soient dépourvues de chaises au pays du tabac,
Les fidèles, debout, pendant les catéchèses ?
Réponse :
Les fidèles cassent trop !
TVA
La guerre est déclarée dans la restauration :
Tous les chefs étoilés disposés à se battre
Pour obtenir, enfin, cette diminution,
Face à la TVA qu'ils voudraient voir abattre...
Moralité :
La guerre des Étoiles.
JE SUIS BRETON !
Au cours d'une interview de Patrice Le Lay,
Actuel PDG régnant sur TF1,
Celui-ci, enragé, est monté au filet ;
La culture bretonne a désormais quelqu'un
Pour défendre ses droits, car l'homme sait parler :
Surchauffe du biniou au moment opportun
Lui qui - pourtant on sait - n'est pas genre zélé...
Moralité :
Le Lay a tourné !
SOUVENIR À GASTON...
Vigouroux et Gaudin ont remplacé Defferre,
Mais il leur a toujours manqué la dimension ;
Gaston, locomotive en la ville, aux affaires,
Devance encore les deux et leur piètre gestion.
Moralité :
Pas facile à suivre le "chemin Defferre".
PAS DE SUSHIS À SE FAIRE !
Ce couple de chinois a trouvé son affaire ;
Pas trop dépaysé aux plages de Biarritz :
Les "rouleaux de printemps" pour eux qui en transit
Au bord de l'océan se trempent le plantaire.
Moralité :
Aux rouleaux de printemps pas de sushis à se faire.
LES VOEUX SONT QUE DES VOEUX
Le Président Chirac dans ses voeux solennels
N'a fait que répéter, comme à son habitude,
Pour mieux nous asséner toute leur platitude,
Des mots dont il croit seul : vains et obsessionnels...
Mais pour chaque français grave est la maladie :
Car face à la "gastro" voici la "chira"quie !
JOHNNY…
Et Johnny Halliday, à son anniversaire
Quand son imprésario lui dit que maintenant
Contre la concurrence et sur ses honoraires
Les cachets baisseront : il trouva ça gênant.
Moralité :
Ah! que que que il en "jaunit à l'idée" !
LE PARTI COMMUNISTE
Le parti Communiste a perdu sa vedette :
Robert Hue, à regret, a cédé son perchoir ;
Mais l'homme a de l'esprit, évoquant sa retraite :
Il rit à bon escient, même si Hue rit noir.
LE GRAND DUC
Louis, Duc de Bourgogne et héritier du Trône,
Ne fut pas un grand Duc, mais très persévérant.
Sachant que vouloir : c'est "avoir" qu'on mitonne :
Il put ce qu'il voulut ! Eut destin bienveillant.
Moralité :
Ce qu'il put : Duc eut ! (Comment dire autrement ???)
LEAU PAIERA
Au cours d'un grand dîner près d'une belle table,
Deux amis de Max Laue, physicien allemand,
Réputé, on le sait, pour le plaisir gourmand,
N'en croyaient pas leurs yeux, au menu remarquable.
L'un d'eux semblait gêné, cela sans aucun doute,
Car l'homme de science aussi les invitait
Après ce grand festin à l'Opéra qui côute,
Ajouté au repas de ses deux invités.
Von Max le remarquant, pris d'un rire se pouffe,
Et dans une boutade dit : "Laue paiera ; bouffe !"
L'ANNIVERSAIRE
J'ai été invité à un anniversaire :
De bon goût, distingué, délicat, élégant ;
Annie offrit gâteaux, satura chaque verre
Avec un dévouement et un profil fringant.
Moralité :
Bonne, Annie : verres sert.
LE JEU
Avec quelques amis, en la ville de Nîmes,
Autour d'un jeu prenant chacun réfléchissait...
L'énigme était ardue pour dénouer un crime ;
Dans la perplexité, chacun s'y efforçait.
Moralité :
Cruelle est Nîmes
(Cruelle éni(g)me).
LE BAC
Tandis que ses amis planchaient sur leurs épreuves :
Dans la philosophie, avec recueillement,
Nannie, qui s'en fichait - n'en serait-ce les preuves -
Barbotait dans le bac : seule à l'amusement.
Moralité :
L'épreuve du bac.
Michèle TORR
Employé de la poste, et sa fille chanteuse,
Le père fut comblé par son parcours flatteur ;
Et quand Michèle Torr sur scène entrait pulpeuse :
Toujours aux PTT papa "Torr est facteur".
Charles DOGSON
Le célèbre écrivain de l'Etat Britannique
Charles Dodgson, alias "Lewis Carroll",
Grand végétarien, et en toute logique,
Aimait les crudités huilées au tournesol.
Moralité :
Les huit scaroles.
joséphine De BEAUHARNAIS
L'élégante Joséphine de Beauharnais
Prend un grand soin de ses trousseaux, de ses chaussettes,
Et de ses gants en fine peau : toujours brossés un tantinet.
De son cheval, le beau harnais elle époussette...
Moralité :
Chaussette fine de peau - harnais.
LAMARTINE
Assis sur cette pierre auprès du bord du Lac,
Dont il imagina son saisissant poème,
Lamartine jeta oblation de son sac
Au fond de l'onde étale et fit un voeux suprême...
Hélas, à son retour, pris d'une faim subite,
Devant viennoiserie fut tenté de croissants ;
Mais ses derniers deniers, offerts à la va-vite,
Manquèrent à l'appel de ses désirs pressants.
Moralité :
Lac...Oh! mes dix francs seize....
(La Comédie Française.)
Frison ROCHE
Frison Roche disait aux jeunes alpinistes
Une phrase élégante élevée en dicton,
Car poète il était, et parmi les puristes,
Qui ne se souviendra de son slogan béton.
Moralité
Qu'importe le flocon pourvu qu'on ait l'Everest.
NICOLAS
Ce brave Nicolas à la santé fragile ;
Téméraire, un peu fou, il prend souvent un bain
En plein mois de décembre en une eau indocile :
Ressort transi de froid, cherchant chaleur en vain.
Il se frotte le corps très énergiquement,
Souvent claque des dents, frissonne en tous ses membres ;
S'abrite au chêne vert, s'habille promptement :
A l'encontre du froid ne peut pas se défendre.
Moralité :
Le transi se tord quoique chêne y fit.
LE VIN
La France est réputée pour ses vins, sans rivale ;
Depuis la nuit des temps sont crédit n'a décrû.
La Suisse a son gruyère : une histoire ancestrale.
Moralité française: Ah, le bon trou du cru.
Moralité suisse: Gruyère aux trous de Bâle !
JULIE
Julie, la jeune enfant, en cette nuit de fête,
Observait le curé et pensait à Noël,
Car tous près de l'église au sapin la fillette
Voyait déjà demain en ce jour solennel.
Quand on l'interrogea : quelle est la différence
Entre le bon curé et l'arbre en faction,
Candide Julie dit, et en toute innocence :
- Tous deux ont les boules en décoration".
ÉPIDÉMIE
Nouvelle épidémie déclarée sur la France ;
On lui donne pour nom "Peste du boulanger" ;
Elle sévit le soir, toujours de préférence,
Chez les individus sans trop les ménager.
Assaillant les hommes de plus de quarante ans,
Souvent se manifeste, et par cause inconnue,
Sous signe précurseur en les ennuis suivants :
Quand brioche grossit, baguette diminue.
LA BOSSE
Ce brave Jean-Louis possédait une tare,
Il était né bossu et, comme chacun sait,
Tout le monde tâtait cette bosse bizarre
Espérant en la chance avoir ainsi accès.
L'homme, assez curieux, sortant par gros crachin
;
Orage et désespoir où son esprit se noie.
Il expliquait son geste en disant à dessein :
" J'espère bien qu'un jour l'orage...me "foudroie !
"
LES BONNES SOEURS
Comment les bonnes sœurs font pour se reproduire ?
Telle est la question...qu'on se pose souvent ;
La réponse, pourtant, est facile à déduire :
Si l'on sait que cela ne se fait qu'en "couvent".
ZIDANE Zinédine.
C'est juste avant l'Euro quand la Presse interpelle
Zinédine Zidane en un court entretien :
"Vous jouez au Real pour raison matérielle ?
- "Non! J'ai choisi le REAL parce que je le vaux bien ! "
SIEUR ET MADAME
Sieur Exponentiel, Madame Logarithme
Se rencontrent au pub du centre Londonien ;
Ils boivent une bière et jouent un peu la frime ;
Cela est naturel et ne nous choque en rien.
Qui paiera l'addition, car c'est là l'essentiel ?
Et bien réfléchissez : c'est Exponentiel.
Moralité :
Exponentiel parce que Logarithme "népérien".
JOUVE
Jouve était amoureux et allait voir sa belle
Chaque soir en vélo qu'il pleuve ou par beau temps,
Sans se douter, benêt, que cette demoiselle
Volage, et à coeur joie, se donnait entre-temps.
Moralité :
Jouve en sot : Jouve en selle.
AUCHAN.
Auchan brade les prix et a pignon sur rue ;
Tout comme Carrefour, Leclerc ou Casino ;
A Paris, comme ailleurs, tout le monde s'y rue :
Mais en la capitale il affiche un panneau :
AUCHAN : PIGNON DE PARIS.
EN BELGIQUE
Fort surpris lors d'un de mes séjours en Belgique
J'ai remarqué que nos voisins, autour du cou,
Portaient en pendentif, contre toute logique,
Des suppositoires en guise de bijou.
Auprès de l'un d'eux je posais la question :
- "D'où vous vient cette idée, est-ce une idée Flamande?"
Pressentant la réponse en mon intuition.
Je ne fus point déçu par la prompte réponse
Quand, très sereinement, le Belge, doctoral,
Me dit : "Nous faisons tous cela quand le toubib annonce
Qu'il faut suspendre tout traitement médical.
VIE DIFFICILE
Il menait une vie réputée difficile,
Fidèle à l'attribut du travail accompli ;
Son plaisir, le week-end : rester à domicile
Et en fin gourmet manger épicé au lit.
LE JOINT...
Comme tant de jeunes, au sortir de l'école,
Et afin d'imiter quelques uns des copains,
Aubin plongea, un jour, et ce ne fut pas drôle,
Dans le cercle du "hasch" et eut bien des pépins.
Fuma son premier joint un six mai au matin,
Pour mégoter, en juin, ses cinq pétards par jour...
Il devint vite accro, et cela est certain,
Garda cette devise en son esprit toujours :
On s'y met au cinq joints
MOLIÈRE
Choyé par sa Muse et son inspiration,
Jean-Baptiste Molière écrivait pour ses stances
Dans la forme du lai, mais avec option
De changer quelques lois aux nettes exigences.
Moralité :
Qu'à fait au lai Molière?
LES SOLDES.
Devant la pénurie des ecclésiastiques
Le Vatican consent politique au rabais;
Dans les Communautés austères monastiques
C'est souvent la période du dernier abbé
LE MARCHANDAGE.
A l'arrivée au port, au moment de l'escale,
Touristes et marins aimant à marchander,
Les vendeurs ambulants, contre toute morale,
Devant les douaniers loin de réprimander,
Se livrent aux achats, heureux de telle manne;
Moralité :
La Marine marchande : polie se dédouane.
L'AMI SYLVESTRE.
Quand Sylvestre peignait près de Sainte Victoire,
Allergique aux cyprès, il croquait d'assez loin
Des haies où le pollen, dans son flux migratoire,
Lui causait, au printemps, certain rhume des foins.
Moralité :
Il les hait de si près, mais il les peint Sylvestre.
JEAN ET ADÈLE.
Jean avait un penchant pour la charmante Adèle;
Au village chacun le connaissait balourd,
Et quand la belle enfant disparut, car rebelle,
Tout le monde lança ce fameux calembour :
Jean, bon, crut que fut morte Adèle.
Elle était bien naïve - et aussi séduisante -
Une fille facile...et sa déconvenue
Fut de tomber enceinte. Aussi on la plaisante
En parlant du bébé : né de "paire inconnue".
Dieu que les temps sont durs et que les prix sont raides...
Et comme tout augmente, ou est la solution ?
Sinon dans les discounts pour régir sa gestion :
La chance est aux Lidl, aux enseignes qui ED (aident)
BEN LADEN
Ben Laden au comptoir s'impatiente et fait signe
Au Barman qui sitôt en parfait gentleman,
Accourt près du grand cheikh fidèle à la consigne,
Qui commande d'emblée un...cocktail "Manhattan".
LE POÈTE
C'est un vieux poète en crise de démence,
Se croyant immortel à l'oeuvre du sonnet;
Un jury complaisant innova récompense
Et lui attribua le "Grand Prix du Sonné."
LE DENTISTE
Depuis quelques années, à mon grand détriment,
J'ai rendez-vous fréquent, que cela m'en déplaise,
Chez mon accort Dentiste et dont le dévouement
Est tel, quand je m'en vais, qu'il dit "Dieu vous prothèse!"
RÉPONSE DU DENTISTE
Votre esprit fertile m'amuse, cher client ;
Composer ces vers humoristiques c'est chic ;
Et en échange de bien surveiller vos dents
Il me faudra, d'abord, extraire votre fric.
MICHEL (Londres)
L'ÉVEREST
Frison Roche disait aux jeunes alpinistes
Une phrase élégante élevée en dicton,
Car poète il était, et parmi les puristes,
Qui ne se souviendra de son slogan béton.
Qu'importe le flocon pourvu qu'on ait l'Everest.
LA POLITIQUE
Au cours d'un grand repas qui resta mémorable,
Messieurs Giscard d'Estaing et François Mitterrand
Réunis ce soir là à une même table,
Dînèrent ensemble dans un chic restaurant.
Un petit incident perturba le repas,
Quand "Dieu", en son potage, y trouva une mouche.
Grand Seigneur, souriant, l'ingéra en tout cas...
Et Giscard l'imita, en reprit une louche.
Moralité :
Mitterrand l'avale et rit. Giscard l'imite et rend!
LA REINE
Fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne
Elle épousa François 1èr, douce et charnelle,
Fringante et adonnée à la vie de cocagne...
En son miroir : Reine Claude se mira, belle!
LA TRUITE
Je rêve de pêcher en ce petit cours d'eau
Des truites saumonées, le soir au clair de lune;
Mais, hélas, l'hameçon dont le beau vermisseau
Est un appât parfait ne me fait pas fortune.
Moralité :
Mes illusions sont des ...truites!
Jules RENARD
Jules Renard, auteur de récits réalistes,
Etait un littéraire au sens propre du mot;
Académicien, avisé satiriste
Il tâta au poème et fut poétereau.
Imita Mallarmé, qu'il trouvait admirable,
Mais abandonna tôt la poursuite des vers,
Plus doué, c'était sûr, au roman honorable,
Qu'au sonnet raffiné comme un Cassou expert.
Ce qui fit dire à ce dernier :
- "La plume de Renard aux vers est mal armée, tandis que celle de Jean Cassou l'est!"
EINSTEIN
Le grand Albert Einstein, en fin théoricien,
Posa la question devant tout une élite
De savants réunis. "Comment un physicien,
Messieurs, peut définir géométrie induite
A la femme, mathématiquement parlant?"
Un silence éloquent, l'incita à leur dire :
- "Mes amis, la logique a beaucoup de talent,
Et l'exemple suivant ne peut me contredire:
C'est tout simple pourtant, évidents sont les signes;
Je vous livre cela, fort imagé en somme :
La femme est un "accord" de courbes et de lignes
Où se dresse, trivial, verticale de l'homme!".
LA BONNE SOEUR
Savez-vous, chers amis, quelle est la différence
Entre une jeune et une vieille bonne soeur?
La première est folle de messe et l'allégeance,
La seconde : molle de fesses ô quelle horreur!
Dans le lac d'Annecy cohabitent des cygnes:
Cygnes blancs, cygnes noirs, et de nombreux canards;
Cette proximité est prémices de signes
Où les prises de bec n'ont rien de si mignard.
Moralité :
Au langage des "cygnes" un "conflit" de canards
Salavador DALI
Graveur, peintre, écrivain fut Salvador Dali.
Grand aficianado de la tauromachie;
Si bien que dans l' arène un public très poli,
Quand le Maître arrivait saluait le Messie.
Moralité :
Voiçi le Roi de l'arène!
PLANTE...GRÂCE
Grâce, la belle enfant, avait pour passion
L'amour des cactacées;
Elle y passait du temps... Serge eut l'impression
D'être bien délaissé : ardeurs outrepassées.
Moralité :
Serge plante Grâce!
LE SAVON.
Le savon de Marseille, honorable Institut,
A encore de beaux jours avec les savonnettes,
Car c’est un bon produit, on en sait la vertu ;
Quant à leurs qualités : Clients les savent honnêtes ! »
(Les savonnettes)
Le nouveau né.
BÉBÉ ESQUIMAU...
Dieu qu’il était joli ce bébé esquimau !
Et ces deux chers parents ont de suite annoncé
Devant tous les Inuits ce bien superbe mot :
« Il est charmant notre « petit corps né glacé ».
(Petit cornet glacé)
Le COMTE EST BON.
En généreux mécène et en Comte galant,
Cet homme de noblesse à la Banque légua
Une coquette somme, et le banquier argua :
Devant ses employés, et tout en roucoulant :
-"Merci monsieur le Comte : ô que le compte est bon !"
Lit..vide.
Le mari s'en doutait, mais il avait espoir
Que sa femme infidèle, un jour, à l'acte passe.
Rentrant "bourré" chez lui, ainsi que chaque soir,
Découvrit le lit vide, et, dans ce face à face...
Il le devint aussi !
FOSSE NOUVELLE
- "Hélas, mon cher ami, j'ai bien triste nouvelle,
Je dois vous annoncer la mort de Séraphin;
Il aimait tant la vie, l'humour à grande échelle
Que j'ai imaginé sur sa plaque, à l'or fin,
Graver cette épitaphe :
Nos regrets éternels à ta "fosse nouvelle".
JAMAIS DEUX, PAR DIEU !
Guillaume Depardieu fut la triste victime
D'une des maladies nommée "nocosomiale";
Subit l'amputation; et depuis lors déprime...
Sa grande peur, toujours la spirale infernale.
Une jambe c'est dur, surtout pas deux par Dieu !
LES PRÉNOMS (2005)
La côte des prénoms cette année a tendance
Aux Léa, Tom, Enzo, et j'ai pour favori :
Tom, qui me plait bien, et dont la providence
Me fera dire alors : "J'ai vu Tom et j'ai ri."
LE PIN
Qu'il était beau ce pin dressé au carrefour
De quatre rues piétonnes, au centre de Marseille;
Mais on le sait, chez nous, le civisme est balourd :
On fait pisser son chien, et l'étron s'émerveille.
Sur les trottoirs souillés aux senteurs de l'urine,
Notre malheureux pin devint "vase de nuit"...
En ce triste constat, le plus qui me chagrine,
C'est qu'il mourut un jour, lui qui nous a séduit !
Moralité :
LE PIN DES...PISSES !
OUVRIR...M'APPORTE.
Cette brave mémé qui ouvre grand sa porte,
Fidèle à un passé, trop confiante aux gens,
Offre hospitalité, bonté évidemment,
Et quand on l'interroge dit : "Ouvrir m'apporte" !
LE GRAND ROI.
On l'appelait Grand Roi chez tous les auteurs Grecs :
C'était le Roi de Perse, au colossal empire;
Dans le sud de l'Iran il connut des échecs,
Et quitta sa patrie pour un lieu encore pire.
Moralité :
C'est là ou le Roi "Perse habite".
(Une pensée à Victor Hugo).
Duel
LE JARDIN POTAGER
Au jardin potager éclate une bagarre
Entre une fat carotte et un vil petit pois;
La lutte fut féroce - et pour le moins barbare -
De ce cruel duel tous les coups firent poids.
Moralité :
Un bon duel ! (Bonduel)
MA...QUERELLE.
Mon ami, j'ai hélas une triste nouvelle,
J'ai appris ce matin ce que ma femme à fait;
C'est la guerre entre nous pour ce triste méfait ...
Ah ! je ne t'ai point dit "quelle était ma querelle !"
INFIRMITÉ ?
De quelque infirmité surdité est profonde !
On tenta bien, pourtant, à l'ami concerné,
De lui faire comprendre, et pour qu'il y abonde,
Que cela se soignait : mais il était borné !
Si ceci se conçoit à qui ne "veut" entendre,
Le sourd n'était muet, hélas tant pis pour nous :
Il laissa sous-entendre, et pour mieux nous surprendre,
Qu'une oreille affaiblie n'atteignait son bagou.
Il nous soûlait : débit gratuit !
Et le savait, en vieux marlou;
S'il était sourd : tant mieux pour lui...
Mais pas muet : grand mal pour nous !
Racine
la COMÉDIENNE
Cette comédienne est un vrai laideron...
Heureusement ses vers, sur scène, l'aideront;
Et jouant Bajazet prit donc ...racine là;
Mieux vaut la voir de loin, l'âge enracine, holà !
AU MARCHÉ DU POISSON...
Au marché du poisson, à Nice, ce matin,
Ni sole, ni turbot, rien que de la rascasse ;
Les Halles démunies n'ont que menu fretin ;
Un client dépité, confie d'un air cocasse :
Aujourd'hui en région : "halles peu maritimes."
l'Écolo
LE FERMIER
Dans sa région du Doubs le fermier écolo
Travaille son terrain avec des bœufs superbes ;
Tout près de BESANCON : il est un vrai "prolo".
Si bien que près des lieux prit naissance un proverbe :
Quand Paul y va les "bœufs en sont".
GRANDE GUEULE
Paul garde ses vaches, en alpage l'été,
Tout près d'ABONDANCE, en la Haute-Savoie,
Et, pour les rassembler, crie comme un révolté…
Mon Dieu, diront certains, "qu'elle est haute sa voix !"