André Laugier

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 21 juillet 2005

Priorité : la ponctuation.



La ponctuation est le sel de la phrase (Cyril Bachelier).

Ponctuez, adeptes de l'écriture et défenseurs de la modulation et des cadences du langage. La ponctuation est le signe important et indispensable pour transcrire les diverses intonations ou encore pour indiquer des coordinations ou des subordinations différentes entre les propositions.

ASTÉRISQUE

• Ce signe est représenté par une étoile (*). Il indique généralement un renvoi au bas de page.
• Mais ce signe sert également de « masque » pour éviter de citer un personnage ; le nom propre que l'on désire taire ou dont on ne désire que l'initiale est remplacé par trois astérisques ***

Exemple :

J'ai aperçu, derrière le garage la voiture de Mme A ***.

• L'astérisque a aussi une autre fonction ; il sert à signaler un "H" aspiré et rappeler que l'article ne s'élide pas. Très utile en poésie. Enfin, je rappelle que l'astérisque, dans un autre domaine, est aussi un symbole mathématique (multiplication).

CROCHETS

• Les crochets se présentent, en fait, un peu comme des parenthèses ( ), dont les extrémités sont recourbées en forme d'équerre ( ). En principe, l'usage des crochets est réservé à la personne qui commence ou présente un texte dont elle n'est pas l'auteur principal.
• On utilise les crochets, lorsqu’à l’intérieur d’une parenthèse, on a besoin d’ouvrir une nouvelle parenthèse.

Exemple :

(Il [le ministre de l'Économie] est certainement le candidat le plus capable que nous ayons connu.)

• Les crochets servent aussi à "isoler la "notion phonétique des mots (hiatus [jatys]) et à encadrer les références d'un texte officiel.. Ces crochets sont donc ajoutés par un commentateur qui veut rendre le texte accessible aux lecteurs en apportant, par exemple, un complément d’information. Il signalent, lorsqu'ils encadrent trois "points de suspension" (…) une coupure dans le texte, ou une partie manquante.

Exemple :

Imaginons la phrase suivante d’un critique : François-Marie Arouet était un apôtre de la tolérance.
Vous pourrez alors écrire : Un critique a dit : « François-Marie Arouet [plus connu sous le nom de Voltaire] était un apôtre de la tolérance.»

• On entoure de crochets les points d'omission servant à indiquer que l’on a choisi de ne pas reproduire un ou plusieurs mots d'un passage cité. Il s'agit donc d'une intervention de la part de l'éditeur du texte (une manière également de les distinguer des points de suspension) : On peut facilement imaginer que j'avais écrit ce roman [...] pour provoquer la bourgeoisie.

• Si, en citant un auteur, l’on désire souligner une faute d’orthographe ou de syntaxe commise par ce même auteur, on doit placer entre crochets et en italique le mot latin sic pour bien montrer au lecteur que la coquille en question est bien commise par l’auteur et non par vous-même.

Exemple :

Notre directeur a demandé que nous allions tous « à la manifestation [de dimanche] pour défendre [sic] nos droits [...] et nos exigences pédagogiques.

DEUX-POINTS

a) Emplois des deux points :

• Le deux-points marque les parties d'un discours rapporté (citation, explication, réflexion de l'auteur, etc… Il est un signe d'énonciation, presque toujours suivi de guillemets "ouvrants". Dans ce cas, il marque le début d'un discours direct.

Exemple :

Il dit : "oui".
Il baissa le regard : la lumière était trop vive.


• Le deux-points peut être le signe d'une conjonction et remplace, dans ce cas, avantageusement des formules figées comme :

Exemple :

Une femme : une véritable femme.

Le deux-points est assez explicite pour éviter la formulation de la "relation" ; il dispense alors des liens :

Exemple :

Donc :
Parce que :
Disons :
Par conséquent :


• On remarque que le deux-points permet parfois la formulation d’une « relation ». Dans ce cas, il sera inutile d’utiliser des liens tels que par conséquent, donc, disons, etc.

b) Deux-points et énumération :

• Les deux-points peuvent aussi annoncer une énumération. Cette « énumération » peut être disposée en colonne ou en ligne.

• Lors d’une disposition en colonne, en règle générale, chaque élément de l'énumération doit être séparé par un point-virgule, le dernier se terminant par un point. À noter que, malgré les retours à la ligne, les initiales ne sont pas en majuscules. Les énumérations de premier rang sont introduites par un tiret et se terminent par un point-virgule sauf pour la dernière qui se termine par un point. Les énumérations de second rang sont introduites par un tiret décalé (après un nouveau deux-points) et se terminent par une virgule.

Exemple :

Chacun des dossiers de ce randonneur comporte : — une carte géographique ; — Une feuille détaillée d'explications ; — un dossier comprenant : — son adresse de séjour, — un badge personnel, — un numéro de téléphone de la personne à joindre en cas d'imprévu. Mais aussi : — une boussole ; — des cordes ; – un téléphone portable.

Il convient de noter, et c'est très important, que malgré les retours à la ligne, les initiales ne sont pas en majuscules. Si un élément de l'énumération, comme dans l'exemple ci-dessus, se subdivise à son tour, chaque sous-élément se termine par une "virgule", sauf le "dernier" qui reprend le "point-virgule".

c) Autres observations :

• Des guillemets ouvrants peuvent précéder les deux-points. Ceux-ci indiquent alors le début d'un discours direct qui commence par une majuscule.

Exemples :

- Il lui a dit : « Je t’aime ! » - Il dit : « Nous devrions aller le chercher.»

• Un tiret, précédé des deux-points, annonce également le « style direct » (dans ce cas, la majuscule est obligatoire).

Exemple :

L'homme, soudainement, se mit à rire et dit : — Croyez-vous que je ne sois venu parmi vous que pour cela ?

• Après un simple deux-points (sans autre signe) il ne faut pas de majuscule sauf si la partie après les deux-points demande elle-même la « majuscule » (nom propre, maxime, nom d'institution, etc...)

Exemples :

- Voici la devise belge : L’union fait la force. - Ce livre est magnifique : vous devriez le lire.

• Il ne faut surtout pas placer un deux-points dans un groupe qui est introduit lui-même par un deux-points, sauf s'il s'agit d'une « citation » (guillemets) qui comprend, elle aussi, deux-points.

GUILLEMETS

a) Emplois des guillemets :

• Les guillemets permettent d’insérer des paroles d’autrui (paroles en discours direct ou citation).
• On les utilise parfois pour signaler le début et la fin d’un dialogue en colonnes. À noter que cette pratique est de plus en plus abandonnée.
• Les guillemets peuvent isoler un mot ou une expression sur laquelle le scripteur veut insister pour des raisons diverses (ironie, distance critique, utilisation d’une expression personnelle, etc.).

Exemple :

Il a lu hier trois romans. Après cet « exploit exceptionnel », il a décidé de ne plus lire pendant un mois.

• On utilise les guillemets pour encadrer les titres d’une partie d’oeuvre (un poème, une nouvelle...). Il est à noter que les titres d’oeuvre entière s’écrivent en italiques (avec une majuscule au premier mot), mais à défaut d’italique on peut utiliser les guillemets français.

Exemple :

« Parfum exotique » est un poème de Baudelaire, extrait de son recueil Les fleurs du mal.

b) Autres observations :

• Si le passage guillemeté, considéré isolément, demande après lui un signe de ponctuation, celui-ci se place avant les derniers guillemets.

Exemple :

Il demanda : « Que faites-vous ici ? » Je répondis : « J’attends avec impatience son départ. »

• Autrement, la ponctuation se place après les derniers guillemets.

Exemple :

Il se donna du mal pour éduquer « ses très chers enfants ».

• Il faut distinguer la ponctuation appartenant au texte général de celle qui appartient au texte placé entre guillemets :

Exemple :

Pourquoi avez-vous crié « Allons-y ! » ?

• Les guillemets s'utilisent surtout dans les citations. On ouvre les « guillemets » avant le premier mot de la citation. On les referme après le dernier mot.
• Si la citation est incluse dans une phrase, les « guillemets » interviennent sans autre ponctuation et n'encadrent que les mots cités. La ponctuation de la phrase globale conserve ses droits.

Exemple :

Il passe pour un « gros fumeur », d’après ce que dit son entourage.

• Si la citation n'est pas incorporée dans la phrase, les deux-points doivent précéder les guillemets et la majuscule du premier mot ne doit pas être oubliée.

Exemple :

Son ami lui annonça : « Souviens-toi, demain je me marie. »

• Ne pas oublier que la ponctuation se place AVANT les guillemets fermants si la citation clôt la phrase.
• Si une citation doit contenir une autre citation, il est possible d'utiliser les guillemets français en même temps que les guillemets anglais.
Exemple :

« Le professeur m’a dit : “Donnez-moi votre livre !” Je le lui ai donné. »

• Il est préférable d’utiliser les guillemets français (« ») plutôt que les guillemets anglais (“ ”), sauf dans les cas où un texte est entre guillemets à l'intérieur d'une citation déjà entre guillemets (voir plus haut). N'utilisez pas les guillemets standard (" ").

PARENTHÈSES

a) Emplois des parenthèses :

• Les parenthèses nous permettent d’intégrer dans un texte une explication, une réflexion, un commentaire, une analyse, une précision, une information, etc.

Exemple :

Malgré son très jeune âge, il avait dit la vérité (la vérité sort souvent de la bouche des enfants !).

• Des mots assez précis comme « bis, ter, sic, etc. » peuvent être isolés grâce aux parenthèses. Si le genre et le nombre de certains mots peuvent varier, les parenthèses permettent de le signaler : Le (ou les) professeur(s).
• Les parenthèse s’utilisent également pour les appels de note : elles encadrent, dans ce cas, des chiffres arabes.

b) Autres observations :

• Si, à l’endroit où se place la parenthèse, la phrase demande un signe de ponctuation, ce signe se met après que l’on ait fermé la parenthèse.

Exemple :

Le roman nouveau compte de nombreux représentants (on remarquera néanmoins que les représentants du roman traditionnel sont bien plus nombreux).
• Un membre de phrase entre parenthèses ne doit pas être précédé de la virgule, du point-virgule ou du deux-points.

Exemple :

On n'écrira pas :
Mon neveu, (un jeune entreprenant) n’a pas hésiter à lui faire la cour.
mais :
Mon neveu (un jeune entreprenant), n’a pas hésiter à lui faire la cour.

• Si le texte mis entre parenthèses commence par une majuscule, la ponctuation finale de ce texte sera placée AVANT la parenthèse fermante.

Exemple:

(une variante possible d’un des exemples précédents) :

Le roman nouveau compte de nombreux représentants. (On remarquera néanmoins que les représentants du roman traditionnel sont bien plus nombreux.)
• Il est possible d’inclure le point d'exclamation, le point abréviatif, les points de suspension dans la parenthèse (ceci n’exclut pas la ponctuation en dehors de la parenthèse).

Exemple :

Vous devrez certainement emporter plusieurs livres (dictionnaire, roman au choix, recueil de poèmes, etc. ).

POINT

a) Point final :

• Le point final, comme son nom l'indique, sert à marquer la fin d'une phrase. Il indique une pause de respiration assez longue. Je le conseille souvent à la place de la virgule (celle-ci est utilisée parfois d’une manière excessive) ! Il suffira d’ajouter un mot-lien entre les deux phrases séparées par un point afin d’assurer une rapport logique entre elles.
• Notons que certains écrivains contemporains emploient parfois le point (au lieu de la virgule) pour insister davantage sur certains groupes syntaxiques.

Exemple :

Ils quittèrent la ville. Sans désespoir. Sans espoir. Parce qu’ils n’avaient finalement pas d’autres choix.

• On achève toujours la phrase sur un point (point, point d'interrogation, d'exclamation, etc.). Une majuscule commence toujours une phrase après un point simple.
• Après le titre d'une oeuvre, le titre d'un chapitre, le nom de l'auteur, on ne met habituellement PAS de point.
• Si une date est écrite en chiffres, le point sert aussi à séparer les éléments de la date en question : (Le 25.02.2005).
Si la date est entre parenthèses ou si elle se trouve dans la continuité de la phrase, l'année ne sera pas suivie d'un point.

b) Point abréviatif :

• Le point abréviatif marque la coupure d'une abréviation. Il ne s'utilise que si cette abréviation ne se termine pas sur la dernière lettre du mot.

Exemples :

C’est-à-dire = c.-à-d.
Monsieur = M.
Et cetera = etc.
Confer = cf.
Avant Jésus-Christ = av. J.-C.


Exemple : = ex.

mais :

Établissements = Éts
Saint = St
boulevard = bd
Montseigneur = Mgr
Confer = cfr (autre abréviation pour confer)
manuscrits = mss


Là, il ne faut pas de point.

• Le sigle est une abréviation constituée de la première lettre de plusieurs mots. Cette lettre est normalement suivie d’un point même si, de nos jours, on a tendance à omettre les points abréviatifs.
• À la fin de la phrase, le point abréviatif doit se confondre avec le point final et les points de suspension.

Exemples :

- Il s’est rendu à la S.N.C.F.
- Il déteste la prison, la P.J...


(Trois points seulement dans ce dernier exemple)

• Les autres « ponctuations » comme le point d'exclamation et les deux-points doivent accompagner le point abréviatif.

Exemples :

- Quel beau Q.G. ! - Je possède une petite maison à Paris et un appartement dans un H.L.M. : ce sont mes seuls biens.

• Après des guillemets, la ponctuation normale de la phrase doit être utilisée.

Exemple :

Il a dit que c’était « une très solide P.M.E.».

• Les symboles scientifiques et les unités de mesure ne sont pas suivies d’un point : m pour mètre, mm pour millimètre, min pour minute, l pour litre, Cu pour cuivre...

POINTS DE SUSPENSION

• Les points de suspension marquent un arrêt de la phrase. Cet arrêt indique une interruption de la phrase qui se poursuivra ou non. Cet arrêt peut même avoir lieu au milieu d’un mot.

Exemple (pour le mot monstre) :

J’ai vraiment aperçu un mons...

• Cette interruption peut avoir de nombreuses significations, car elle peut exprimer l'hésitation, l'indécision, le souhait de respecter les convenances, le désir de discrétion (refus de donner trop d’informations autobiographiques), la réticence, un sous-entendu, une énumération inachevée, le mutisme d’un personnage dans un dialogue, etc.

Exemples :

- « Quel bande de c... ! » cria-t-il avec virulence. - Je commençai à travailler chez X...

• Les points de suspension servent souvent à souligner, en fin de texte, un inachèvement qui sollicite l'imagination du lecteur.

Exemple :

Tu découvriras des étangs brumeux, des cieux d’enfer, des forêts obscures...

• Les points de suspension vont toujours par « trois ». Ils se confondent avec le point final, mais ils restent trois derrière un point d’exclamation ou un point d’interrogation.
• Les points de suspension peuvent accompagner la virgule.

Exemple :

Il n’entend rien..., il ne parle pas...

• Ils peuvent également se marier avec le point-virgule, le point d'exclamation ou d'interrogation.

Exemple :

Il faut espérer qu'il en tira avantage, sinon ? ...

• Les points de suspension précèdent ou non ces différents signes de ponctuation. Tout dépend du sens de la phrase.

Exemple :

Que désirez-vous ? Du pain, des friandises, du fromage... ?
On imagine dans cet exemple que la suspension doit se prolonger.

• Il ne faut jamais placer des points de suspension après : etc.
• Des points de suspension entre crochets sont placés à l’endroit où se situe la partie du texte ôté.
• Les points de suspension demandent après eux la majuscule s'ils se confondent avec une ponctuation de fin de phrase.

POINT D’EXCLAMATION

a) Emplois du point d’exclamation :

• Le point d'exclamation exprime, comme chacun le sait, des sentiments tels que la joie, mais aussi la surprise, la crainte, la douleur, la colère, etc. Il a une valeur émotionnelle que ne possèdent pas les autres signes de ponctuation. Son emploi est pourtant souvent facultatif.
• Le point d’exclamation est obligatoire derrière les verbes à l’impératif, les interjections et les apostrophes.

Exemples :

- N’oublie pas de prendre ton livre ! - Paul ! Viens me voir !

• Le point d’exclamation suit obligatoirement toutes les interjections simples.

Exemples :

- Ah !
Pour marquer l’étonnement ou la satisfaction.
- Ha !
Une marque du rire.
- Oh !
Une indication de l’étonnement ou de l’indignation.
- Ho !
Pour attirer l’attention, pour appeler.
- Eh !
Pour marquer la surprise ou l’étonnement.
- Hé !
Pour interpeller.

• Le point d’exclamation ne sépare pas les termes des locutions interjectives.

Exemples :

- Non mais ! - Eh bien ! - Ça alors ! - Hélas oui !

• Le point d’exclamation peut suggérer le rire (il se place alors à la fin).

Exemples :

- Ha ha ha !
Éventuellement on peut écrire : Ha ! Ha ! Ha !
- Ho ho ho !
- Hi hi hi !


b) Autres observations :

• Lorsqu’une interjection ou une locution interjective figure à l’intérieur d’une phrase, il est courant de la placer entre virgules même si le point d’exclamation est correct.

Exemple :

Quant à cet élève, eh bien, il n’a malheureusement pas réussi.

• Généralement, on ne met pas de « majuscule » lorsque la phrase globale n’est pas interrompue.

Exemples :

Ah ! si vous saviez ! - Il y a assez à manger ici ! Reprenez votre pain !-

• Par contre, après le mot « Ô » on ne place ni point d'exclamation ni majuscule (le point d'exclamation se place soit après le mot en « apostrophe » ( « Ô femme ! sois mon inspiratrice... »), soit à la fin de la phrase : « Ô l'inconscient d'avoir pris une telle décision ! »

• Si une phrase comprend une suite d'exclamations, il est possible que l’exclamation puisse avoir la valeur d'une virgule expressive (l’exclamation est alors suivie d'une minuscule) ou d'une véritable fin de phrase (l’exclamation est alors suivie d’une majuscule).
Il suffit de comparer les deux exemples suivants pour comprendre l'idée :

- Partez ! plus vite, partez ! mais partez donc !
Là on n'emploie pas de majuscule après les points d'interrogation.

- Mon ami ! Quelle honte ! Quel déshonneur !
Vous noterez que les majuscules sont indispensables.

• Pour en terminer avec le point d'exclamation, mais il y aurait encore beaucoup à dire, il faut souligner que seuls les points de suspension peuvent suivre le point d’exclamation lorsque celui-ci achève une citation.

POINT D'INTERROGATION :

a) Emplois point d’interrogation :

• Le point d'interrogation est, comme son nom le signifie, la marque d'une interrogation directe.

Exemple :

Où partez-vous ?

• Dans une interrogation indirecte on ne peut utiliser le point d’exclamation (excepté si cette interrogation indirecte fait partie d'une phrase interrogative).

Exemples :

- Il vous demande si vous nous rejoignez. - Lui a-t-on dit que j'irai avec vous ?

• L’interrogation indirecte peut être transformée en interrogation directe par l'inversion du verbe et du sujet ou par l’utilisation de l’expression « est-ce que » (le point d'interrogation est ici indispensable).

Exemples :

- Il vous demande si vous nous rejoignez.
- Il vous demande : « Nous rejoignez-vous ? »
- Il vous demande : « Est-ce que vous nous rejoignez ?


• Chaque question qui exige une réponse doit être achevée par un point d'interrogation.

Exemple :

Es-tu certaine de vouloir m’accompagner ? Et seule ?

• Le point d'interrogation peut dépendre non pas de la forme de la phrase, mais de son sens :

Exemples :

- Vous désirez me voir ? - Serait-il venu me voir, je l’aurais reçu avec plaisir.
Néanmoins, la phrase suivante aurait été acceptable :
- Serait-il venu me voir ? Je l’aurais reçu avec plaisir.

• Ne pas oublier le point d’interrogation après le guillemet fermant d’une citation.

Exemple :

Te souviens-tu du proverbe qu’il a rappelé : « Qui trop embrasse mal étreint. » ? Je ne le crois pas !

b) Autres observations :

• Le point d’interrogation n’est pas toujours suivi d’une majuscule, notamment lorsqu’il est placé au milieu d’une phrase.

Exemple :

« Tu souhaites me quitter ? aujourd’hui ? »

• Une majuscule doit suivre le point d’interrogation lorsque celui-ci achève une phrase. Par exemple lorsqu’un question demande une réponse particulière :

Exemple :

Quel pays veux-tu visiter ? Es-tu prêt à prendre des vêtements chauds ?

• Seuls des points de suspension peuvent suivre un point d’interrogation qui achève une citation.

POINT-VIRGULE

• Le point-virgule indique une pause de moyenne durée. Il se place surtout entre des propositions qui peuvent être associées sur le plan logique (même contexte). Il permet dans ce cas de maintenir un lien entre ces phrases :

Exemple :

Il bute et tombe ; l'animal se jette sur lui ; la corde se détend et arrête le bond du fauve.

• Le point-virgule joue également le rôle d’une virgule ou d’un point pour séparer des parties assez longues et surtout lorsqu’une de ces parties contient déjà une ou plusieurs virgules.

Exemple :

Je n’ai jamais compris pourquoi il avait refusé cette proposition pourtant si intéressante ; on lui offrait la nourriture, le logement et une voiture

• Le point-virgule permet d’équilibrer deux phrases qui offrent un parallèle.

Exemple :

Pierre n’aimait que Mozart ; Virginie n’appréciait que Beethoven.

• Il faut reconnaître que l'emploi du point-virgule se rapproche dans de nombreux cas de celui de la virgule (La foule grouillait autour de moi ; néanmoins je souffrais de la solitude). Seuls les objectifs personnels d’un écrivain et son tempérament lui feront choisir l’un plutôt que l’autre. Certains auteurs pensent même que c'est un signe superflu. Personnellement, dans l’exemple qui précède, j’aurais opté pour le point !

TIRET :

a) Emplois du tiret :

• Le tiret (—) ne doit pas être confondu avec le trait d'union (-) : voir à la fin de l’article les remarques supplémentaires sur le trait d’union.
• Le tiret s’utilise dans un dialogue pour distinguer les personnages.

Exemple :

Il rejoignit sa soeur :
— À quel moment désires-tu m’accompagner ?
— Dans la soirée.
— Tu ne penses pas que nous devrions partir plus tôt ?
— Je ne le crois pas.


• Le tiret permet de séparer verticalement les parties d'une énumération.
• Les tirets sont utilisés pour encadrer une incise. Sur le plan graphique, le double tiret attire davantage l’attention que l’utilisation de deux virgules : il attire ainsi l’attention des lecteurs sur une information qui semble importante aux yeux de l’écrivain.

Exemple :

Très imbu de lui-même, il montra — bien sûr avec ostentation — la nouvelle caméra qu’il s’était achetée.

b) Autres observations :

• Lorsque le tiret marque le début d’une réplique d’un personnage (dialogues de théâtre…), il doit être séparé du nom du personnage ou de la didascalie par un point :

Exemple :

ANDRÉ. — Désirez-vous vraiment en parler ? JEAN-PIERRE, pensif. — Je commence à me le demander !

• Lorsque les tirets encadrent une proposition incise, le deuxième tiret ne se répète pas à la fin de la phrase.

Exemple :

Le guide touristique recense les risques encourus par le touriste qui visite ce pays — risque de guerre civile, pollution et maladies.

• N’importe quel signe de ponctuation peut être suivi du tiret.

Exemple :

Je crains la solitude, — le manque de communication, — la maladie.

• Si, dans une phrase, une virgule est nécessaire à l’endroit où se trouve le tiret, elle doit se placer après le deuxième tiret.

Exemple :

Si tu désires lui parler une dernière fois — tel est sans doute ton souhait —, tu dois le faire maintenant.

VIRGULE :

a) Emplois de la virgule :

• La virgule représente une pause de faible durée à l’intérieur de la phrase. J’ajouterais qu’elle permet au lecteur de comprendre le sens de la phrase, car, dans de nombreux cas, sa présence ou son absence peut créer une certaine ambiguïté.
• On doit mettre une (ou plusieurs) virgule :

- Après l’apostrophe ou vocatif : André, lis-moi ta nouvelle poésie.
- Après l’apposition ou l’épithète détachée : Le renard, le plus rusé des animaux.

- Pour encadrer une relative explicative : L’homme, qui est venu ce matin, est retourné dans son pays natal.

- Avant certaines propositions ayant une valeur explicative : Il le fera, puisque vous lui demandez.

- Pour encadrer l’incise : Je vous félicite, lui dit-il, pour cette œuvre de haute tenue.

- Après le complément circonstanciel (placé avant la principale) : Après avoir poussé la porte, il entra.

• Si l’on opère une inversion du verbe et du sujet, les éléments placés en tête de phrase ne sont pas suivis d’une virgule surtout si ces éléments sont courts.

Exemple :

Dans la soirée arrivèrent les amis de ma fille.

• La virgule s’emploie entre des termes ou des groupes de mots qui sont coordonnés sans conjonction (mais, or, et, etc.). Ces termes ou groupes de mots doivent, bien entendu, avoir la même fonction grammaticale.

Exemples :

- On monte, on descend, on crie, on s’agite en tous sens. - Ils courent, ils courent vite, ils courent très vite ! - Il observe les villas, les promeneurs, les arbres et les cyclistes.

• On place généralement une virgule ENTRE les éléments coordonnés par une autre conjonction que « et, ou, ni ».

Exemples :

- Je me suis arrêté de fumer, car cela coûtait à ma santé et à mon portefeuille. - Il partira avec nous, mais il souhaite revenir une semaine plus tôt. - Je n’ai pas vu ce film, donc je ne peux pas en parler.

• On sépare les éléments de la phrase par une virgule si les conjonctions et et ou sont répétées (excepté ni).

Exemples :

- Il était riche, et beau, et généreux. - On pouvait apercevoir parfois une lumière, ou une ombre vague, ou une forme de montagne. - Je ne peux ni l’approuver ni le contester.

• Une virgule doit être employée devant les conjonctions et, ou, ni quand celles-ci joignent deux propositions qui n’ont pas le même sujet.

Exemple :

Il partit à Paris, et Natacha resta à la maison.

• On place habituellement une virgule devant « etc. »
• Quand les sujets forment une énumération on peut placer une virgule APRÈS le dernier terme si ce dernier terme ne vient pas « remplacer » les autres.
COMPAREZ : Le bleu, le vert, le noir, étaient ses couleurs préférées ET Un murmure, une cri, un simple bruit lui donnait des frissons.
• On place une virgule devant le deuxième soit lorsque le premier soit précède le verbe.

Exemples :

- Soit il nous quittera, soit nous le convoquerons. - Mon fils apprendra soit la guitare sèche soit la guitare électrique

• On place une virgule devant sinon.

Exemple :

Je te demande de te dépêcher, sinon je partirai seul.

Observations sur l’incidente et l’incise.

La virgule peut encadrer une partie de phrase que l’on pourrait supprimer sans que le sens n’en pâtisse. L’incidente, par exemple, est une proposition qui suspend une phrase pour y introduire un énoncé accessoire. Cette proposition est généralement placée entre deux virgules ou entre deux tirets. On utilise parfois incise pour désigner la phrase incidente qui sert à indiquer que l'on rapporte les propos ou la pensée de quelqu'un.

Exemple :

Demain, s'il fait beau, j'irai à la campagne.

« S'il fait beau » est l'exemple typique de l'incidente. On aurait pu écrire : « Demain, j'irai à la campagne », en occultant la notion du temps.
« S'il fait beau » intercalé au milieu de la phrase, entre les deux virgules, introduit une relation de complémentarité qui exprime une « condition » et qui donne une « information » plus pointue.

b) Les différentes significations de la virgule :
• La virgule peut signifier la conjonction et.

Exemple :

Il aime beaucoup les chats, les chiens, les oiseaux.

• Certains utilisent la virgule pour exprimer certaines relations logiques comme l’explication (elle équivaut alors aux deux points), la cause (elle remplace alors « car » ou « parce que ») ou l’opposition (elle remplace alors « mais », « en revanche », « au contraire »). Personnellement, je ne recommande pas cette utilisation, car j’estime que, dans les cas précités, l’utilisation du point ou d’une conjonction serait préférable.

Exemples :

- Il ne voulait pas s’enfuir, je l’ai chassé de force - Il est à l’hôpital, il a eu un accident ce matin. - Il t’appelle, tu ne lui réponds pas.

c) Autres observations :

• Une des virgules qui encadreraient un groupe de mots disparaît si ce groupe de mots est placé au début ou à la fin de la phrase :

Exemples :

- Je souhaiterais, mon fils, que tu travailles. - Mon fils, je souhaiterais que tu travailles. - Je souhaiterais que tu travailles, mon fils.

• Bien entendu, dans une incise, un signe de ponctuation différent peut remplacer une des deux virgules.

Exemple :

La drogue est destructrice, disait cet ancien toxicomane : elle nuit à notre vie intérieure et extérieure.

• On doit parfois placer une virgule APRÈS des guillemets encadrant une citation.

Exemple :

Elle me dit : « Je vous aimerai toujours », et partit sans se retourner.

Remarques supplémentaires sur le trait d’union.

• Le but essentiel du trait d’union est de créer une unité à partir de mots qui ont parfois une nature différente.
• Ainsi, il permet de créer un nouveau nom à partir de mots de nature différente ou identique :

Exemple :

Le timbre-poste, l’après-midi, un sous-marin, un couvre-lit, un wagon-retaurant.

• Son utilisation permet de ne pas confondre les homonymes : Peut-être et peut être, après-demain et après demain.
• Il s’utilise avec certains préfixes (super, pré, non, pseudo, hyper, extra, ex, quasi, etc.)
• Le trait d’union est utilisé :
— dans des expressions comme : ci-joint, ci-gît, ci-après, ci-devant, vis-à-vis, mort-né, dernier-né,etc.
— avec certaines locutions adverbiales (si elles sont précédées de « au » ou « par ») : Au-dessus, au-dessous, au-dedans, par-devant, par-dehors.
— avec certains mots composés anglais qui sont passés dans l’usage du français : boy-scout, week-end, etc.
• Le trait d’union peut servir à former certains groupements nouveaux de mots comme : la trilogie cigarette-café-sucre, l’axe Paris-Bruxelles...
• On le retrouve parfois lorsque l’on souhaite révéler l’étymologie d’un mot : la co-naissance.
• Un trait d’union est placé ENTRE le verbe et les pronoms postposés : dis-je, crois-tu ?.
• Un trait d’union est placé avant et après un « T » analogique, celui-ci se plaçant ENTRE les traits d’union : chante-t-elle, va-t-on, ira-t-il, convainc-t-elle.
• On place un trait d’union entre les pronoms personnels compléments et l’impératif : Rends-nous-les, allez-vous-en, laisse-moi, dites-le-lui.
• Par contre, lorsque « l’impératif » est suivi d’un pronom et d’un « infinitif », on n’utilise pas le trait d’union si le pronom se rapporte à l’infinitif.

Exemple :

Viens le raconter !

• Il convient d’unir par un trait d’union :

— le pronom démonstratif suivi des adverbes « CI » et « LÀ » : Celle-là, celui-ci, ces femmes-là, cette auto-ci.
Le dernier exemple révèle qu’un nom, précédé d’un démonstratif, peut aussi précéder les mêmes adverbes (dans ce cas on emploie le trait d’union).
— Le pronom personnel et l’adjectif « MÊME » : toi-même, nous-mêmes
Mais on écrira SANS trait d’union : Ceux mêmes, ici même.

Ainsi se termine cet article qui, je l'espère, aura apporté un complément d'information à ceux dont la ponctuation pose quelque problème, et un rappel aux autres qui, connaissant les règles, pourront les appliquer, en certaines circonstances, de manière plus pointue, peut-être.
___________________________________


Cet article à fait l'objet d'une première publication dans :

"http://www.webzinemaker.com/poesiesmag/"



Il a été repris, revu et corrigé par mon Ami Jean-Pierre LECLERCQ, (JIPI) et figure dans une forme quelque peu différente dans son excellent site sur la langue française et ses particularité : FRANDIDAC, que je vous invite à aller visiter à :

"http://www.webzinemaker.com/frandidac/"



vendredi 15 juillet 2005

Poésie engagée. Essai.





Quelle que soit la référence à travers les époques, la poésie peut être considérée comme un genre engagé, puisqu'elle répond à cette triple fonction communicative favorisant la transmission des connaissances : spirituelles et philosophiques, ludiques et émotives, sociales et politiques, depuis ses origines, il y a plus de mille ans. Même à la période médiévale où elle était seulement chantée, elle a toujours appartenu au monde matériel qu'elle sublime et qu'elle illumine. La poésie, de fait, s'intéresse à l'Histoire, non seulement à celle de l'âme humaine et du cœur (son domaine de prédilection), mais à l'Histoire proprement dite : celle des faits, des évènements, de l'accumulation matérielle. Elle a toujours été guidée par des concepts idéaux et fait figure de "mémoire des peuples".

Plusieurs écrivains, philosophes et poètes se sont interrogés sur "la conscience de la poésie", sur son archétype culturel. Voltaire, au XVIIIe, siècle, se posait la question sur la véritable place qu'occupe la poésie dans la société quand il écrivait dans son "Dictionnaire philosophique" : " - On se demande comment la poésie, étant si peu nécessaire au monde, occupe un si haut rang parmi les beaux-arts".

Je pense qu'on pourrait répondre à cette interrogation par le simple fait que la poésie est de "circonstance", et que les poètes, de tout temps, ont décidé de prendre position, à l'instar des historiens, pour témoigner au nom d'un idéal d'humanité, soit des injustices exercées autour d'eux, soit de la misère et de la perfidie du monde les entourant, passant ainsi du rêve poétique à l'action politique. On ne peut que penser à Ronsard qui, dans ses "Discours" plaidait en faveur de la fin des guerres de religion, à la Renaissance. Son poème : "Remontrance au peuple de France" en est la parfaite illustration. D'Aubigné, à l'époque du Baroque, dans ses "Tragiques" (Le tyran et le roi), ainsi que Chénier "Odes à Charlotte Corday" ; ou encore Victor Hugo : "Les Orientales", "les feuilles d'automne", ainsi que Musset : "Le Rhin allemand" ou Lamartine : "La Marseillaise de la paix" ont écrit une poésie engagée. On le voit bien : guerre, paix, tyrannie et liberté ont toujours été l'obsession des poètes.

Si écrire ou lire des poèmes peut sembler, de nos jours une activité obsolète et dérisoire, coupée du monde des réalités, une étude approfondie de l'histoire de la poésie, montre que ces griefs portés à l'encontre de ce genre littéraire, sont totalement infondés. La poésie est l'essence même de la nature de son éloquence qui s'appuie à la fois sur la satire d'évènements précis et porteurs à la hauteur ou à la solennité d'un événement, et à l'ironie qu'elle est capable d'engendrer par sa force symbolique, de ce qui est le reflet de la société, et dont chaque poète porte la marque de son temps ainsi que de son humeur particulière. Elle est faite d'allusions, tout en s'assignant d'une mission sociale et politique, notamment avec le romantisme.

Déçu et fatigué par l'existence et se sentant également inadapté à un monde qui le dépasse, qui s'industrialise, le poète, tel un visionnaire, cherche des "ailleurs" apaisants. Il fait souvent référence à Dieu qui aurait abandonné les hommes à leur triste sort, les livrant à la démesure, et les éloignant des sources de la méditation et de la réflexion. L'homme sans poésie vivrait-il un rêve qui n'est qu'un autre moyen de s'abstraire du réel, alors que le poète, lucide, serait mieux à même d'explorer les profondeurs de l'Être ? De penseur il deviendrait voyant.

La poésie est donc civilisatrice. L'immense poème des "Châtiments", de Victor Hugo, en 1853, en est la brillante et parfaite illustration, où le poète se livre à une violente satire contre Napoléon III, coupable, à ses yeux, d'avoir fait chuter la seconde République par un coup d'État meurtrier pour instaurer le second Empire. Voilà bien, encore, un exemple que la poésie, au delà de la musicalité de la rime et du rythme, demeure profondément engagée. En s'affranchissant des tragédies de l'histoire, et avec cette rigueur et cette densité si caractéristiques de l'écriture "moyen d'expression et de contestation", la poésie n'a pas pour mission de mettre en vers les théories ou les explications du monde, mais d'en condenser le sens, de les rendre plus crédibles, plus accessibles et plus frappantes. L'écrivain communique avec son public, autant par le ton, le regard qu'il porte sur la société, que par l'engagement qu'il fait de tout son être pour une certaine expression de lutte, ou de pensée. Les poètes se veulent libres de toute contrainte, quelle qu'elle soit, tout en affirmant haut et fort, par le biais de la rime leur autonomie d'expression. Leur univers n'existe que par le langage, la seule force qui permet la signification du refus et de la vérité.

Beaucoup y laissèrent la vie : Chénier, Saint-Pol Roux, Max Jacob, Benjamin Fondane, Jean Prévost ou, plus récemment, Robert Desnos… Ils sont morts avec leur seule arme : l'écriture, transmettant le relais à ceux qui les suivraient, témoignant de la tragédie, de l'horreur, ayant combattu pour qui puisse enfin exister un monde meilleur (utopique, certes) et fraternel à l'homme. Leurs convictions méritent le respect ; leurs œuvres sortent renforcées, ennoblies. Un chant d'espoir ; le pouvoir du chant. Admirons cette grandeur de caractère, cette générosité de l'amour de la patrie et de la défense de l'être humain, au nom de la paix et des lois.

L'idéal a toujours fait vibrer le cœur du poète. L'allusion biblique donne toute sa grandeur à la tâche qui lui incombe : il ne sera pas "Ésaü de la liberté". Puisse le poète, dans cette voie de la résistance, et fidèle à ses principes de ne pas rester inutile, malgré les "temps contraires", continuer à nous éclairer sur la route parsemée d'écueils du progrès universel.

À l'heure où un foisonnement de courants et d'écoles caractérisent la poésie du XXIe siècle, comment ne mieux conclure cette réflexion que par le quatrain sublime et indémodable de Victor Hugo, extrait de ses "Rayons et des Ombres" (1839) :

- "Le poète en des jours impies
Vient préparer les jours meilleurs.
Il est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs".


Des mots témoins de tous les temps.

André LAUGIER.

____________________________________
André LAUGIER © juillet. 2005 – Échos Poétiques.net/ Toute reproduction doit être demandée à l'auteur.

mercredi 13 juillet 2005

Le cabaret du "Chat Noir"





Si je vous dis : Chat Noir, à quoi cela vous fait-il penser ? Non, il ne s’agit pas de mon matou d’appartement, pas plus qu’une allusion à une malchance quelconque traduite souvent, sous l’appellation argotique de « scoumoune ».

Ce qui ne fut, au départ, en 1880 qu’un simple lieu de haltes privées, dans un local d’environ 4 mètres sur 4, encombré de vieilles tables, de chaises d’époque, de brocs de cuivres ternis, de tapisseries poussiéreuses, puis servant de dépôt à un comptoir imposant chargé de bouteilles de toutes sortes, de verres, auxquels virent s’ajouter des toiles plus ou moins réussies de jeunes peintres en mal de reconnaissance, et venant s’entasser parmi cet amis d’objets les plus hétéroclites dans un désordre indescriptible, changea peu à peu de visage, sous l’impulsion d’un jeune homme impétueux, Rodolphe SALIS, âgé alors de vingt-neuf ans. Il avait fréquenté les Beaux-Arts mais, pressentant qu’il n’atteindrait jamais la renommée il lui vint une idée lumineuse quand il s’intéressa à la bâtisse.

Grâce à un mariage réussi avec une superbe femme qui possédait quelques économies de famille, il décida d’acquérir les lieux afin d’ouvrir un débit de boissons. Avec l’aide financière et les connaissances acquises auprès de son père, distillateur assez pourvu et reconnu auprès d’une large clientèle coutumière de son savoir et de ses bons alcools, il se lança dans l’aventure.

Le vieux local se situait tout près de l’Elysée-Montmartre, très exactement au 84, boulevard Rochechouart. A l’origine un ancien bureau.

Trouver le nom d’une enseigne, pour le jeune SALIS, qui s’octroyait désormais le titre pompeux de « gentilhomme cabaretier », ne fut pas une chose facile. Il hésita longtemps entre les vocables ampoulés tels que « Le Grand Pélican », « l’Aigle d’Or », « Le Royal Bacchus », « Dionysos », et bien d’autres. Grand admirateur d’Edgar POE, il eut la révélation d’un panneau évocateur, symbolisant à la fois le mystère, tantôt bénéfique, tantôt malsain, se rattachant au félin, tout en suggérant les caractères capricieux et capiteux de la féminité.

Il avait enfin choisi. Le nom porterait celui de : « Chat Noir ». Une rencontre fortuite avec Emile GOUDEAU, employé de ministère, et auteur de livres à succès, au Cabaret de la « Grande Pinte », à la rue des Martyrs (de l’alcool ?) à son dîner d’ouverture, allait sceller le destin du « Chat Noir », et décider du « déplacement » irréversible des poètes du quartier Latin vers Montmartre.

GOUDEAU, prenant ses assises et s’établissant en maître des lieux au « Chat Noir » l’aventure devint publique, créant un élan spontané et populaire, l’homme étant connu par la création, en 1878, de son fameux « Club des Hydropathes » où se regroupaient les « Décadents ». Il devint, rapidement, rédacteur en chef de l’hebdomadaire portant le même nom que l’enseigne du Cabaret. Inventif, polémiste remarquable, délirant aussi, bien que mélancolique, imprévisible et grave, son association avec SALIS montra qu’ils étaient capables, à eux deux, d’accueillir aussi bien les gouapes que les souverains, les maîtres que la tourbe.

Une dynamique se développe. Hydropathes, Fumistes, Hisurtes, Décadents, Amorphes et Incohérents venaient de franchir définitivement la Seine dans le sillage de ces deux compères autoritaires et parodiques.

Le journal du « Chat Noir » connaît 688 numéros, et s’étale sur la période du 14 janvier 1882 au 30 mars 1895. Avec des succès divers. Une seconde série, en un format différent, connaît, quant à elle, 122 fascicules, du 6 avril 1895 au 4 septembre 1897. Elle cesse en pleine gloire. Ses auteurs préférant se consacrer, entièrement, au cabaret.

Au cabaret « Le Chat Noir » le talent, d’où qu’il vienne, est accueilli à portes ouvertes. Le public s’amuse, aime ou déteste, mais ne reste indifférent. Tout l’art consiste à séduire le plus de monde possible. On y déclame des poèmes, des contes, des nouvelles, des essais. On commente les chroniques littéraires du moment. Tout est repris dans les dernières parutions de l’organe du « Club ». Le sommaire est alléchant, éclectique, varié, contrasté, le tout dans une verve drolatique, sucrée et amère à la fois.

Au fur et à mesure que les années passent, de nombreux écrivains et poètes viennent rejoindre le « Chat Noir ». Pour ne citer que les plus connus : Clément PRIVE, Alphonse ALLAIS, VERLAINE, MORIAS, Maurice ROLLINAT, Jean RICHEPIN, Charles CROS, Jean RICHEPIN, Germain NOUVEAU, Villiers de L’ISLE-ADAM, Albert SAMAIN, Stéphane MALLARME, Théodore de BANVILLE. Ils contribuèrent à donner un essor mondain et une inspiration littéraire élevée aux derniers numéros du journal, tandis que la fréquentation de l’endroit favorise le rassemblement de l’élite de la rhétorique à la recherche d’un idéal littéraire libéré des contraintes de tout préjugé et des dogmes ciblés.

SALIS parvient à agrandir son domaine, en chassant par des moyens assez sordides, un artisan horloger qui tenait une échoppe mitoyenne. Après avoir vainement résisté, l’horloger jeta l’éponge et rendit son bail.

Une seule et mince cloison à abattre et SALIS l’expropriateur pu enfin savourer sa dérisoire victoire, disposant, à présent, d’un vaste espace consacré aux Serviteurs de CALLIOPE ? D' Erato et de Polymnie, dans un environnement fleurant bon l’absinthe et la fumée de tabac.

Le cabaret du « Chat Noir », devant le succès grandissant, et ne pouvant plus contenir la foule des auteurs et des admirateurs, déménagera du boulevard Rochechouart pour d’établir, désormais, rue de Laval. Cela eut lieu en 1885, au mois de juin.

Plusieurs salles ont été savamment baptisées : salle François VILLON, Le CABARET, salle des Gardes (bar-fumoir), la salle des COLONIES, la BIBLIOTHEQUE SECRETE, LA SALLE PRIV2E DES ARMURES, la salle des REDACTIONS, etc… L’Hostellerie du « Chat Noir » accueillait chanteurs, parodistes, poètes, historiens, philosophes, écrivains. Cette véritable institution, durant plus de quinze ans, profita à tous ceux qui, en cette période « d’anarchie littéraire », comme le fit remarquer Jules LEMAITRE, s’inscrivirent dans la lignée de l’alchimie folle, légère et déjantée du verbe. Elle profitait autant au lancement qu’à la consécration de carrières fulgurantes, qu’à la fossilisation soudaine de talents mineurs ou incompris.

L’alcool et l’ambiance, la magie des lieux, une gaie anarchie de styles et d’idées, un bouleversement de la pensée, la libération d’un langage, une mode flattée, lourde ou fleurie !
Le « Chat Noir », c’est un peu et tout ça à la fois. Certainement une tendance salutaire qui a permis de pérenniser dans leur fonction de poètes émérites des écrivains devenus incontournables, dans un esprit parfois révolutionnaire pour l’époque, mais dont l’émulation, la concurrence et le prosélytisme, ainsi que souvent la rivalité et le zèle ont laissé une trace indélébile de génie.

Le fait que cette époque ait survécu à l’épreuve du temps montre que le souvenir ne s’efface pas en nos mémoires, tant les faits ont contribué à faire germer dans l’esprit de grands hommes et penseurs, une philosophie qui n’a fait que se conforter dans les méandres du temps.




_________________________________

© Échos Poétiques. 2005.

mardi 12 juillet 2005

Mes référencements

Le Bottin des Forums - Référencement gratuit
 Jok Concept Recherche et Dévelopement
www.meilleurduweb.com : Annuaire des meilleurs sites Web.
Référencement gratuit
web
Tout@l'oeil Annuaire generaliste
moteur de recherche
Les Perles du Net, annuaire de qualité
Portail Express - Annuaire Gratuit - Annuaire Shopping - Voyages Discount
l'annuaire du Web
annuaire gratuit
Moteur de Recherche. Inscription Gratuite.
Le Moteur
Recherche-Web
Poesie sur BIG-annuaire
referencement automatique
referenceur automatique
referencement ont>
referencement g1annuaire
referencement gratuit
referencement professionnel
http://www.refrapide.com
annuaire gratuit
Site recommandé par Ousurfer.com
annuaire gratuit
Zone Annonces
Nos partenaires: Immobilier France | Immobilier Annonces | Actipages | Top Dir | Active Sites | Annuaire Locations Saisonnières
Annonces Particuliers

dimanche 10 juillet 2005

Morceaux choisis.


Une sélection éclectique des plus beaux poèmes de mes Ami(e)s Poètes du XXI° siècle.


BABOO

Romantique de tempérament, adepte de l’harmonie et de la musicalité des sons qui confèrent l’essence même de l’écriture poétique, Baboo, jeune et talentueux chantre de la poésie classique, peut être considéré comme l’héritier d’une tradition qui s’étend du symbolisme au Romantisme.

Ce jeune auteur a composé ses premiers poèmes à l’école primaire alors qu’il n’avait que douze ans. Pour la petite histoire, il est intéressant de signaler que c’est en classe de sixième, tandis qu’il était demandé aux élèves d’écrire un poème sur la mythologie, qu’il obtint la meilleur note de sa classe, à la grande fierté de son professeur de français. Il avait choisi pour sujet : « la Déesse Athéna ». Quelques mois plus tard, son professeur lui avoua avoir fait lire son poème à toutes ses amies. Quelle douce et flatteuse récompense et reconnaissance dans le cœur d’un garçon de cet âge !

Homme d’esprit, malicieux, doué d’une grande acuité et d’une inspiration mature que je qualifierai de peu commune chez un jeune auteur, Baboo se distingue aussi brillamment dans l’alexandrin que dans le sonnet ou encore la fable-express, dont il a composé une quantité impressionnante de vers calembouresques.

Il vient de publier son premier recueil de poèmes « classiques », intitulé : "Délires poétiques et autres poèmes". L’inspiration de cet émérite poète ne se limite pas seulement à une élection divine, mais elle trouve refuge dans l’affectivité exacerbée du versificateur, et correspond à l’œuvre aboutie de ses vers. Ceux-ci sont merveilleusement ciselés, procurant la fibre d’une émotivité réceptive qui vibre intensément à toute indication perçue.


L’OMBRE ET LA LUMIERE

Si à tous les instants le soleil généreux
Diffusait à l'envie sa lumière féconde,
Le regard ne verrait qu'une partie du monde,
Car il se passerait de la beauté des cieux.

Pour qu'il puisse, surpris, admirer le mystère
De l'astre qui s'échappe aux champs de l'Infini,
Il faut que du ciel bleu, le soleil soit banni,
Et que la nuit se couche en recouvrant la terre.

De même, à notre esprit il faut l'adversité,
Les détresses du coeur, les ennuis, pour qu'il sache
L'école de la vie, ces trésors que nous cache
L'astre aveuglant et dur d'un essor mérité.

________________________

TOI LA MER

Toi la mer, mon amie, indomptable et sauvage
J'aime ton lit d'écume et les draps de tes flots,
Le tourment de tes eaux lorsque gronde l'orage,
Tu n'exprimes jamais tes sens à demi-mots.

Le sel de ta beauté à jamais éternelle,
Se magnifie du calme ou du temps agité,
Que tu sembles paisible ou même encor rebelle,
Jamais rien ni personne pourra te dompter.

Grâce au chant de tes vagues, le monde se berce,
S'enivre des embruns, tels des vapeurs d'encens,
Les marins à ta source, vivent la liesse
D'une vie de labeur qui dure au fil des ans.

Et sur leur fiers bateaux, ils oeuvrent en silence
Pour gagner leur pitance, dur moteur de vie,
Avec la mer ils ont tous fait voeux de romance,
Un adultère ami, nécessaire à la vie.

De tes vagues tu berces tous les continents,
Où nous autres humains, nous essayons de vivre,
En bonne intelligence sans trop de tourments,
Mais des hommes ingrats saignent ce monde libre.

________________________

SOLANGE STRIMON

Solange STRIMON, Sociétaire de la Société des Poètes Français, dont elle est déléguée régionale Provence-Alpes, Côte d'Azur, est également Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, et Présidente/fondatrice de l'Association Internationale "Les Belles Lettres".
Lauréate de nombreux prix pour ses ouvrages, il convient de signaler, parmi son impressionnante et didactique production, et dans le cadre qui nous concerne, c'est-à-dire la Poésie:

- "DU CREPUSCULE A L'AURORE"
Editions des Beaux Arts-Lodève.
Prix Jean Christophe de la Société des Poètes Français (1968)

- "SOLEILS EN DEROUTE"
Editions des Beaux Arts-Lodève.
Grand prix biennal de la ville de Châteauneuf-du-Pape (1970)

- "MIROIRS NOCTURNES"
Editions des Beaux-Arts-Lodève.

- "A CORPS OUVERTS"
Editions Saint-Germain-des-Prés. Paris.
Prix Claude Syl de l'Académie de Marseille (1983)

- "D'ORS ET DE VENTS"
Editions A-de-ma-Pocale. Marseille (1994)
Prix Mercure d'Or de France (1995)

- "ENTRE SABLE ET NUAGE" (1998)
- "RIVES, DERIVES, TEMPS" (Février 2005) Vient juste de paraître
Ouvrage Préfacé par Mr Georges BERGOIN
Secrétaire Perpétuel de l'Académie de Marseille et illustré par les peintres Hubert AGOSTINI, Paul ALLE, Roger BURI, Gérard REYNIER, Rger ROMEAS, et Jean TRIOLET.
Mais Solange STRIMON excelle dans pratiquement tous les genres littéraires :Théâtre, Nouvelles, Aphorismes, Politique, etc...
Des valeurs essentielles de notre patrimoine culturel dont sa contribution inspirée et documentée apporte une sensibilité, et un regard lucide,enrichis par le raffinement d'une écriture vive et dans un style épique au talent épanoui.
Avec la gentillesse qui caractérise l'esprit des Gens de Lettres, elle m'a autorisé à publier les poésies de mon choix, extraites de ses différents livres. Qu'elle en soit vivement remerciée.

VOYAGE IMAGINAIRE
Extrait de "ENTRE SABLE ET NUAGE"

Je voudrais redevenir étoile filante
Pour quitter cet espace où je ne vois que toi.
Mais le poison subtil de tes désirs me hante,
Je cherche ailleurs en vain un calice de foi.

Mes chaînes pèsent moins que celles de l'absence.
À quoi sert-il de se nourrir de liberté,
Si le coeur n'a plus les notes d'une romance,
Sur lesquelles il vibrait hiver comme été.

Je reviens ce jour d'un voyage imaginaire,
Où l'on m'avait invitée pour me couvrir d'or.
J'aurais voulu fouler le sol d'une autre terre.
Mais ne m'as-tu volé les contours de mon corps ?

________________________

GOUTTES DE CRISTAL
Extrait de "RIVES, DERIVES, TEMPS"

Dans tous ces cris feutrés, nourris par trop de larmes,
Qui saura que dans les ventres de ces vcacarmes,
Fleurissent des perles aux pétales d'espoir,
Parce qu'un homme au coeur tantôt rouge ou bien noir,

Descend certaines nuits y déposer des gouttes
De cristal qui chantent et que les vents écoutent,
Supris de leur lumière ardente et des couleurs
Qui donneraient aux coeurs des notes de bonheur.

Cet amant lointain comprend si peu le délire
Des soupirs de nacre et des bracelets de rire,
Qu'il ne peut apaiser du présent son tourment.
Mais il éclaire demain : son corps est vivant...

________________________

D'UN INSTANT D'ÉGAREMENT

L'amour chasse la mort, tel le vent les nuages.
Mais le temps obscurcit de regrets la duceur
De souvenir que l'on croyait aux purs bonheurs
Appartenir. De loin reviennent les orages

Qui jamais sur le futur ne relâcheront prise
Car il leur faut rêves et songe dévorer.
Si tendre estr leur chair sous leurs beaux manteaux dorés,
Qu'ils ne peuvent taire les cris de cette emprise.

L'amour détruit la vie etd fuit toute bataille.
Pourquoi se battre encor dans le sournis brouillard,
Alors qu'il ne reste sur scène que vieillards
Qui n'ont pas connu de volcan dans leurs entrailles.


_________________________

Elisabeth JACQUES-ALFONSI.

Membre de l'Association Internationale des "Belles Lettres"
(Société des Poètes Français)
Académie des Poètes Classiques - Académie de Provence.
1er grand prix de poésie classique, catégorie "Histoire".
1er Prix de Poésie classique (2002) "La Liro d'Alau".
1er Prix de Poésie classique Association Internationale Les Belles lettres pour "Clé des champs" (2003) Prix Académie de Provence pour son recueil : "Peuples du Monde";
Titulaire de plusieurs grands prix :
Prix J. Prévert, prix, Ronsart, Prix du sonnet estrambot, Prix A. de Musset.

Elisabeth JACQUES-ALFONSI, remarquée à "L'Académie des Poètes Classiques de France"", auteur de nombreux ouvrages poétiques, est également créatrice de tableaux-poèmes, dont une Huile (60cm/80) + pantoum : "Le Vieux Moulin d'Allauch" : 1er prix du "Concours de la Vallée de l'Huveaune", en 2003. Mais Elisabeth JACQUES-ALFONSI a écrit aussi un merveilleux recueil intitulé "PEUPLES DU MONDE" dont tous les bénéfices sont versés au profit des enfants du monde victimes d'injustice et de maltraitance. Nous ne pouvons qu'expreimer notre profonde reconnaissance pour cette initiative généreuse. Un cadeau discret et amoureux, parce que chaque enfant a besoin qu'on l'aime, et que l'amour doit sauver le monde...

Quelques exemples du talent de cette sensible et talentueuse poétesse.

L'ARBRE DE L'ESPÉRANCE

L'arbre nous dominait de ses branches immenses,
Ses racines plongeaient là où se trouvent cités,
Les milliers de fervents de la coexistence
Des peuples partisans de la fraternité.

Les yeux brillaient de joie et de ferveur,
Des gens de tout ethnie et de toutes croyances,
Tous exprimaient le voeu d'un monde bien meilleur
Ou règneraient la paix, l'amour, la tolérance.

Un léger frémissement parcourut la foule dense,
Chacun retint son souffle en cet instant choisi,
De ses branches de métal la lumière jaillit,
Dans le frais ruissellement des ondes de jouvence.

Des poitrines à l'unisson, un murmure grandit,
D'admiration, de foi et d'espérance
La foule fut saisie d'une émotion intense,
Une voix grave retentit :
"Peuples du monde soyez unis."

________________________

MARSEILLE VILLE D'OMBRE ET DE LUMIERE...

Phaëton prit son char de divine lumière ;
Artémis appela la blanche Aristarché
Pour préserver les Grecs durant cette croisière.

Le noble Jupiter avait alors lâché
Les cailloux de la Crau sur les terres lointaines ;
Cassandre prévoyait chaque risque caché.

La vigne et l'olivier, les jarres par centaines,
S'entassaient partout; on chercherait l'étain.
Ainsi le décidaient les vaillants capitaines.

Fougueux, les Phocéens fuyaient vers leur destin ;
Après avoir vogué longuement sans escale,
Le marin s'enivra des flagrances du thym...

Protis ébloui voit la roche verticale,
Et se met à rêver de projets amoureux,
Tout doucement bercé par une mer étale.

Car, sur le sable fin, se tenait, langoureux,
Cet être évanescent venu d'un autre monde,
Un elfe délicat, présage bienheureux.

Sa chevelure d'or ruisselait telle l'onde ;
On eut dit un esprit visionnaire et sacré
Qui, là bas, l'accueillait par sa présence blonde.

Tout semblait harmonieux, le rivage échancré,
L'azur du Lacydon, la grâce du Ligure,
Estompés et nimbés d'un clair obscur nacré.

Gyptis aime le Grec que l'amour transfigure,
Ainsi naît Massalia, berceau de la passion ;
L'oracle s'avéra d'un excellent augure...

Romaine Massilia remplira sa mission ;
Chacun veut l'envahir: Sarrasin, puis Barbare,
Fière, elle bannira la moindre soumission.

Pythéas, le savant, va larguer son amarre ;
Affrontant vers Thulé des endroits périlleux,
Il brave maints dangers et franchit toute barre,

Mais personne ne crut aux pays merveilleux...
De Massalia naquit dans la dive Provence,
L'ardente Marsilho des Comtes orgeuilleux.

Puis elle narguera le canon de défense
Placé sur le grand fort que Louis a construit
Pour dissuader de commettre une offense.

St Antoine le Grand, par ses puces, détruit
La moitié de ses gens du fléau de la peste ;
L'immortelle renaît de ses malheurs sans bruit.

Sous la révolution, prenant le palimpseste,
Elle perdra son nom qu'elle doit reconquérir !
La "Marseillaise" naît du nouveau manifeste.

O divine Cité, je viens pour te chérir,
Ville ouverte au grand coeur, éternelle rebelle,
Comment ne pas t'aimer ni toujours te fleurir ?

Existe-t-il enfin métropole plus belle
Qu'Icelle recueillit en son généreux sein,
Peuples sans lendemains protégés par Cybèle ?


________________________

ERRANCES

J'ai suivi des gorges amères,
Et de vastes déserts sans fin,
Où j'ai souffert plus d'un chagrin,
Adieu les amours éphémères...

Doit-on rêver mille chimères,
Avant d'assumer son destin ?
J'ai suivi des gorges amères,
Et de vastes déserts sans fin.

Il faut braver bien des colères
Pour rencontrer sur son chemin
Cette oasis et l'Île enfin
Où sont résolus les mystères.

J'ai suivi des gorges amères
Et de vastes déserts sans fin...

Poésies extraites du recueil : "Poèmes, Contes et nouvelles..." (2003).


_________________________

Michèle PICHERY

Michèle PICHERY, peintre, poète, essayiste, critique d'Art et Présidente de la Célèbre école Poétique de la Loire, cumule les récompenses littéraires. Elle est, en outre, Croix de Chevalier dans l'Ordre International de la Renaissance des Arts et Lettres, mais également Chevalier dans l'Ordre du Mérite Poétique, Membre à vie de la Fondation Taylor; Officier dans l'Ordre des Arts et des Lettres et Sociétaire des Gens de Lettres et des Auteurs-Compositeurs. Elle vient de publier un recueil comprenant quelques 72 "sonnets", dont je fais état dans ma chronique "LIVRES DE POESIES", ainsi que sur le moyen de se le procurer. Tous ses poèmes sont conçus en poésie classique avec l'alexandrin comme support. Dans son livre intitulé : "AU FIL DES JOURS" elle nous dépeint la poésie comme sa source de vie. Sa fibre poétique est nourrie de sensations, d'émotions, de tristesse et de joie. Un chef d'oeuvre à découvrir d'urgence, quand on sait que les bons livres, dans ce domaine sont rares. Comme tous les gens de Lettres, sa gentillesse est considérable, à l'image de son talent et de la richesse de sa plume. C'est avec une extrême amabilité qu'elle m'a donné l'autorisation de reproduire une (ou plusieurs) poésies, extraites de son recueil.

Le choix a été difficile, tant la beauté de chaque texte frise la perfection. Voici deux de ses sonnets, intitulés, respectivement : "La Rivière" et "Le vieux lavoir".

LES CHEMINS DE LA VIE

Il est de sentiers verts que l'on parcourt heureux
Sans voir couler les jours tant le bonheur abonde.
Et passent les saisons en poursuivant leur ronde
Quand l'amour sur la vie expire généreux.

Mais pour d'autres destins, il est des chemins creux
Où le feuillage épais cache aux regards du monde
Le bienfaisant soleil dont la douceur profonde
Est nécessaire à l'homme en cet endroit ombreux.

Existe aussi la route, austère et sans verdure,
Gravie en trébuchant sans trouver en bordure
Une main qui se tend pour vous accompagner.

Et reste le désert où l'âme solitaire
Se bâtit un séjour... le temps sait enseigner
Que savoir méditer est souvent salutaire.

________________________

LA RIVIÈRE

Comme un ruban moiré que le vent léger plisse,
Au creux de la vallée, à travers les plateaux,
Joueuse, elle serpente en longueur les coteaux,
S'attarde sous un pont, près d'un moulin se glisse,

Se perd dans la forêt le flot plein de malice,
réapparaît plus loin pour bercer les bateaux.
S'élance sa chanson jusqu'aux tours des châteaux
Dans un chuchotement d'une lyre complice ;

Au gré de son courant, elle suit un sentier
Où poussent à foison l'ortie et l'églantier,
Traverse l'abreuvoir d'un tout petit village

Ou se heurte parfois au rebord d'un rocher...
Son errance est sans fin, indocile et volage
Elle ne sait dormir à l'ombre d'un clocher.


_________________________

LE VIEUX LAVOIR

Malgré ses murs coiffés d'un toit rouge et moussu,
Au bord d'une rivière où l'eau coule limpide,
Caché par une butte à la pente rapide,
Dans son berceau de joncs, il passe inaperçu.

Car l'écho du battoir martelant le tissu
Ne cuvre plus le val de sa ronde intrépide...
Finis les chants rythmés que le vent dilapide
Pour frapper en cadence un linge bien cousu.

Disparus les reflets de fine écume blanche
Qui troublaient l'onde claire au sortir de la planche
Où chaque lavandière essorait à la main.

Le vieux lavoir s'endort dépouillé de ses armes,
Ce qui fut en sn temps qui le saura demain ?
Oublié ce labeur de peines et de charmes.


_________________________

Renée-Jeanne MIGNARD

L'Auteur que je vous présente, en ce début octobre, a longtemps vécu à Paris et sur la Côte d'Azur, avant de retrouver ses origines Ligériennes, étant née à NEVERS.
Dès son plus jeune âge elle a toujours manifesté une passion pour l'écriture, et elle obtenait, chaque fois, la meilleure note en composition française.
Renée Jeanne MIGNARD a connu véritablement le gôut de la poésie tandis qu'elle prenait des cours d'Art Dramatique tout en découvrant les auteurs classiques.
A COEUR JOIE qui vient de voir le jour est le dernier de ses cinq recueils parus. Sa poésie est précise, rythmée, tendre et d'une fort belle envolée littérraire.

SONNET À DAME NATURE

J’aime entendre au printemps les pleurs de la fontaine,
Les trilles de l’oiseau à peine réveillé,
Le babil d’un enfant encor ensommeillé,
Les longs soupirs du vent courant la prétentaine.

J’aime au cœur de l’été voir danser dans la plaine,
Les épis des moissons au coeur ensoleillé,
Un visage d’enfant de mûres barbouillé,
Le vol des étourneaux quand le raisin s’égraine.

J’aime la brume au soir quand les feuilles d’automne,
Légers papillons d’or que la vie abandonne
Chutant sur le gazon crépitent sous mes pas.

J’aime la neige au bois, douillette sépulture,
Les frimas de l’hiver qui va vers son trépas.
J’aime tout des trésors de Madame Nature.

__________________________

LA MÈRE.

Lorsque je partirai pour mon dernier voyage,
Je veux que vous gardiez le souvenir de moi,
Qui vous ai tant aimés, tant donné en partage,
Et vous chéris toujours, aussi fort qu’autrefois.

Quand vous étiez petits, dans les années bénies,
Que de nuits j’ai veillé près de votre berceau,
Guettant votre sommeil, votre souffle de vie,
Votre moindre soupir, votre moindre sanglot.

Puis vous avez grandi, forgé vos caractères,
Avez quitté le nid pour aller vivre ailleurs.
Que la maison sans vous me paraissait austère,
Et combien le silence était lourd à mon cœur.

S’en est allé le temps. Mais malgré les épreuves,
Nous sommes par le cœur toujours restés liés.
S’il est des souvenirs qui aujourd’hui m’émeuvent,
Je ne regrette rien, je n’ai rien oublié.

Me voici maintenant au terme de ma vie.
Mes joues se sont ridées, mes cheveux sont tout blancs.
Pourtant j’éprouve encor l’irrésistible envie
De vous serrer très fort entre mes bras tremblants.

Lorsque je partirai au pays des nuages,
Le soir, à la veillée, parlez un peu de moi,
Qui vous ai tant aimés, tant donné en partage,
Et vous chéris toujours, encor plus qu’autrefois.


__________________________

CAPRICE

La neige cette nuit a blanchi la colline
Où nous allions jadis cueillir le romarin.
Elle couvre les toits, les sentes, les ravines,
Les bateaux endormis au petit port marin.

Caprice de l’hiver, étonnante merveille,
Douce offrande du ciel que pas un n’attendait.
Le villageois surpris qui soudain se réveille,
Tremble d’émotion en ouvrant ses volets.

Jamais il n’a connu telle métamorphose.
Au pays du soleil rares sont les frimas.
Une couche nacrée couvre les lauriers-roses,
Revêt d’un châle blanc les fleurs des mimosas.

La plage, abandonnée aux oiseaux de décembre,
Mêle son sable blond aux cristaux opalins.
A quelques pas de là, du côté des Issambres ,
Le clocher sonne gai dans l’air frais du matin.

La neige à l’infini ouate le paysage.
Pour garder dans nos cœurs ces instants précieux,
Allons sur les remparts de notre beau village,
Contempler ce miracle, et nous emplir les yeux.


__________________________

MON FILS

"Lorsque l'enfant paraît"...Que j'aime ce poème.
Quand je le déclamais, dans mes jeunes printemps,
Je me voyais alors, héroïne moi-même,
Veillant, le cœur battant, auprès d'un berceau blanc.

Par la grâce du ciel, j'avais donné naissance
Au plus beau des bébés que l'on eût jamais vu.
Regardant sommeiller cette fleur d'innocence,
Je le parais déjà de toutes les vertus.

Il serait généreux, attentionné, aimable,
Chasserait de mes yeux les brumes de l'ennui.
Vivant les jours bénis d'un bonheur ineffable,
Il serait tout pour moi, je serais tout pour lui.

Je guiderais ses pas des premières années,
Je sècherais ses joues quand il aurait pleuré.
Plus tard, beaucoup plus tard, ma quête terminée,
C'est lui qui soutiendrait mes pas mal assurés.

Si j'ai cessé de croire aux rêves trop fragiles,
Je ne regrette rien de ce que j'ai vécu.
Pourtant, au creux des nuits, lorsque tout est tranquille,
Je songe à cet enfant que je n'ai jamais eu.


__________________________

PÉLERINAGE

Tôt levée ce matin, j'ai gravi la colline
Où tu m'as dit un jour:"Il faudra m'oublier".
Pas à pas j'ai suivi le sentier qui chemine
Parmi les mimosas et les genévriers.

Les cigales, au loin, faisaient vibrer leurs ailes.
Je humais les senteurs du fenouil et du thym.
J'étais pure, innocente ainsi que jouvencelle,
Mon coeur enfin guéri ne désirait plus rien.

Là-bas la mer berçait une voile esseulée.
Un nuage égaré s'étirait au levant.
Près du port endormi, au bout de la jetée,
Les mouettes dansaient, jouaient avec le vent.

Il était tout à moi, le noble paysage.
Je pouvais du regard l'embrasser tout entier.
Comme au premier matin de mon pélerinage,
J'en emplissais mes yeux, jamais rassasiés.

Je partirai demain pour un autre voyage.
Mais mon coeur apaisé ne sera jamais loin,
Puisque près des remparts du paisible village,
Je sais que tu es là, endormi sous les pins.


_________________________

LUCE-ÎLE (Québec)

La poésie de LUCE-ÎLE est un merveilleux cocktail de verbes et de vers savamment choisis, une volonté constante d'apporter le meilleur à l'écrit, afin de faire rimer musicalité et technicité, une fraîcheur dans laquelle le lecteur se baigne parce qu'il y retrouve les fanfaronnades et les traits d'humour.
La richesse de ses poésies est incontestable : c'est un mélange heureux de sentiments où chacun s'y retrouve. Quand on sait que le Canada, et le québec, en particulier attachent la plus haute importance à la langue française, on ne s'étonnera pas de la dimension et de la rigueur de l'Art poétique pratiqué par cette poétesse dont l'imagination féconde donne une essence majeure et aboutie au rêve, au souvenir et à l'imagination.
(Pierre Brandao. André Laugier)

PETITES JOIES

Aux chauds après-midi des mots de mon enfance,
Je courrais au ruisseau pour aller m'amuser.
Aussitôt dévêtue, en toute indifférence,
Je goûtais ce plaisir qui savait m'apaiser.

Et d'un galet à l'autre, en courtes enjambées,
Je goûtais la chaleur de mon jeune horizon,
Le soleil asséchait les gouttes dérobées
Au ru rafraîchissant de la belle saison.

Puis venait le repos à l'ombre du pommier,
Je glissais dans un rêve écoutant le fermier
Qui coupait le foin d'août à l'l'agréable odeur.

Quelle douce chaleur je garde de l'enfance !
J'emplissais mon panier des joies de l'existence,
Et j'y puise aujourd'hui encor de sa fraîcheur.

________________________

LA GRAMMAIRE

J'ai usé mes jupons sur les bancs de l'École,
C'était le temps heureux des Verbes Conjugués
Qu'on scandait en canon jusqu'à se fatiguer ;
La Grammaire, en ce temps, nous servait de bussole.

Le Sujet se trouvait à l'honneur sur l'ardoise,
Il s'accordait souvent avec son Complément
Et la reine Othographe, elle et son boniment,
Transformait la leçon en étude curtoise.

Le schéma de la phrase aimait qu'on la cisèle,
Ses règles et accords, étaient connus par coeur,
Réciter ses leçons d'un petit air moqueur
Devant l'air réservé qu'avait Mademoiselle.

C'était le temps joyeux, celui qui se transpose
En Mode Impératif, de chou, hibou, caillou,
La règle d'exception était au rendez-vous...
Mais le vent a tourné, un renuveau s'impose !

Serait-il en danger ? Le Français se transforme
En un Vocabulaire hautement inédit
Que même un dictionnaire, expert fort érudit,
Se trouve dérouté devant l'écart énorme.


_________________________

LES TISONS DU FOYER

Le feu se consume en l'âtre du foyer,
Et sa lumière d'or éclaire les visages
Engourdis de sommeil. On entend aboyer
En direction du pin et des rosiers sauvages.

En ces instants de paix s'échappent les secrets
Que l'un, l'autre murmure en douce confidence,
Quelques espoirs éteints ou l'aveu des regrets,
Sous le regard prudent de la lueur qui danse.

Solidement tissés avec les mots du coeur
On écoute les mts de cet ami de l'âme,
Un regard bienveillant peut calmer la douleur
Et réchauffer aussi bien qu'une brûlante flamme.

L'inertie, lentement, se glisse sous les yeux,
Douze coups à minuit font écho à nos songes.
Les coussins du budoir deviennent silencieux,
Tard la nuit, ces instants encore se prolongent.


_________________________

ALAIN-GIRARD

Alain GIRARD écrit de beaux poèmes. Une écriture sensible, beaucoup de générosité et d'humanisme dans sa plume et son style, où les mots sont bien vivants, autonomes, suffisamment libres pour s'ordonner en rimes où l'émotion exprime les choses dont l'homme, souvent, n'est pas conscient. Une poésie incantatoire, très communicative dans la force et le pouvoir des mots. L'auteur, dans un rôle moralisateur à la tonalité juste, exprime avec foi ses états d'âme.

- " Si l'écriture est ce petit frisson avant-coureur d'une belle phrase qui vient", comme le soulignait Jules Renard, c'est que le poète a su nous toucher avec le coeur encore plus qu'avec la plume. Voilà ce que je tenais à dire en préambule aux deux poésies que je vous propose et dont vous apprécierez la vertueuse tendresse.

DANS LE REGARD MEURTRI

Ebouriffé au vent de ses vieilles amours
Le poète étourdi, même son cœur blessé,
Même ses illusions et même, en certains jours,
Le désir incertain comme un peu trop pressé…

Le poète s’envole au solitaire instant
Dont s’effeuille à l’endroit le revers de l’histoire
Qu’il n’écrira jamais, fut-elle en d’autres temps
Qu’ici bas bégayée, qu’ici bas en retard !

Fut-elle au demi-jour des étreintes exils
Lorsqu’il fuyait la vie en des bras de voyage,
Où par de-là l’errance écorchée de son style
A peine dessiné qu’il en vit le pillage !

Il sourit de ces riens qui font les grands parcours,
Dépose lentement, au chevet de son rêve,
Toutes ces choses mues en quelque fond de cours,
Ces petits riens du tout qui rendent la vie brève !

Et là haut, tout là haut démuni de l’absurde
Où les grandes pensées font les plus grands dégâts,
L’homme noir, l’homme blanc ou l’Afghan ou le Kurde
Ne tourneront vers lui que de piètres appâts !

Il n’entend plus bouger le blessé qui se meurt
A tant avoir offert ses mots en sacrifices,
Il reste là figé et ses rêves demeurent
Dans le regard meurtri… de chacun de vos fils !


________________________

SOUVENIR

Un homme écrit. Tout est silence.
Par la fenêtre il entrevoit
L’ombre d’un mot qui, seul, s’élance
Vers cette page où il commence
A percevoir un peu sa voix.

La clarté de la vie faufile
Des raies effilées, des pensées ;
Un homme écrit le temps qui file
En ces souvenirs qui défilent
Aux pas incertains du passé.

Il puise ses métamorphoses
En des images décalées ;
Tout est silence et là, se posent
Un visage, un parfum… ces choses
Qui, si loin, s’en étaient allées.

De l’autre côté du miroir
Paraissent des yeux interdits,
Quelques bribes, presque illusoires,
De musique qui vont le soir
Evoquer tout ce qu’il n’a dit.

Par la fenêtre le temps passe
Et doucement s’éteint le jour
Et doucement, en lui, s’efface
L’image dont il sait – hélas -
Qu’elle s’est fanée pour toujours.


________________________

© Echos Poétiques. 2005.

mercredi 6 juillet 2005

AWARD 2005



Awards Net-Pratique.fr








TonSitePerso.com - Award de qualité Bronze












DISTINCTIONS POÉTIQUES



1998.Concours Bibliothèque Internationale de Poésie. Prix de Poète Emérite International, en poésie classique

2000. Académie Poétique et Littéraire de Provence. 2ème accessit international en poésie classique.

2000. Société des Poètes Français. 2ème prix de poésie classique international.

2001. Arts et Lettres de France. 1° Accessit et Médaille de bronze en poésie classique.

2001. Académie Poétique et Littéraire de Provence. 2ème Accessit International de poésie classique.

2002. Académie Poétique et Littéraire de Provence. 1° Accessit international de poésie classique.

2003. Passeport pour la poésie . Prix du sonnet, Germaine Barandon.

2003. Sté des Poètes Français. 3ème prix international de poésie classique.

2003. Award d'Honneur 2003 du Site de Prestige de la Poésie Française, décerné à l'unanimité par la Communauté Webzinou.

2003. Award d'Or du Meilleur site Poétique attribué à Echos Poétiques par Robert et Platon. Anthologie d'Or de la poésie française et francophone.

2003. 1° prix du sonnet Germaine Barandon pour "Dieu seul a décidé". Attribué par l'Association "Passeport pour la Poésie et les Amis de Marcel Pagnol".

2004. 1° prix du sonnet pour "Aurore", décerné par l'Association Internationale "Les Belles Lettres".

2007. 1° prix du sonnet pour "Un soir d'automne", décerné par l'Association Internationale "Les Belles Lettres".