vendredi 6 mars 2009
Blagues en poésie (New)
Par André Laugier, vendredi 6 mars 2009 à 12:33 :: Blagues en poésie (New)

C’est un jeune curé qui accomplit un stage
Chez un très vieux curé. Dans le petit hameau,
Tandis qu’il se promène au centre du village,
Il voit une brunette : un superbe morceau,
Flânant sur le trottoir, et portant minijupe.
Il ne peut résister à la tentation,
Et se dit : « celle-là, tant pis, je m’en occupe ».
Cependant, sa soutane est une obsession
Qui le gêne beaucoup : Dieu ! que c’est inhumain.
A ce même moment, il voit le vieux curé
Faisant de grands gestes en se mordant la main…
Reprenant ses esprits, et fort désemparé,
Il s’en va aussitôt : direction l’église,
Pour confesser son acte auprès du vieil abbé.
Puis, il lui demande que celui-ci lui dise
Pourquoi il lui faisait ce signe bien rôdé,
En se mordant la main de façon si fébrile.
- « Mais enfin », répond-il, « c’est pourtant évident,
Et tu t’es comporté comme un vieil imbécile, »
Je te disais « Mets ta soutane entre les dents !!! »
DES LARMES DE BREUVAGE
Grand illuminateur de notre intelligence,
Comme disait Claudel qui l’avait bien compris,
En professeur de goût le vin délie l’esprit ;
Rendons-lui les honneurs, prêtons-lui allégeance.
Quel vin n’est-il rempli d’un bouquet de soleil ?
Dans sa robe légère il parfume le verre,
Donne du baume au cœur, puisqu’il a tout pour plaire ;
En boissons, aux saveurs, il n’a pas son pareil.
Autant commencer jeune aux bons crus vétillards ;
Le vin est innocent si l’ivrogne est coupable ;
Sans excès, le prisant d’intérêt respectable,
Platon l’a affirmé : c’est le lait des vieillards.
Quand je découvre un vin, je bois du petit lait ;
Rire en le dégustant est larmes de breuvage,
Quand en fin de repas, flanqué d’un bon fromage,
Il titille les sens, mais surtout le palais.
L’emblème de la France, on le sait, est le coq ;
Pour moi le coq-au-vin est plutôt ma bannière,
Je le dis simplement, sans aucune manière,
Et je lève mon verre aux produits du Médoc.
Sur un parking, parfois, quand plongé sur ma carte,
Un quidam veut m’aider, venant à mon secours,
Je lui dis « non monsieur, je connais le parcours,
C’est la carte des vins, avant que je reparte,
Que je consulte ainsi, évitant les bouchons.
SE FAIRE ENTENDRE
Les sourds sont décidés à ce qu’on les entende,
Suivis par les muets qui ont haussé le ton.
Faisant la sourde oreille à leur juste demande,
La loi est bien muette, et jamais ne répond.
Devant cet abandon, pris d’une haine aveugle,
On sent la douleur sourde ouïr dans les propos ;
Les non-voyants aussi, que le dépit aveugle,
Eux, n’en croient pas leurs yeux, y voient un vrai fiasco.
ANDRÉ
LE RABAT-JOIE
Un brave homme, benêt, retourne de voyage,
Heureux de retrouver sa tendre épouse, et dit :
- "Dis-moi tout ma chérie, tu as bien été sage,
Tu ne m'as pas trompé jusqu'à ce samedi ?"
- "Mais non mon gros chouchou, je ne suis pas volage,
Sois à fond rassuré : te tromper avec qui ?"
Le type est satisfait, la phrase le soulage,
Et, ni une ni deux, à sa femme applaudit.
Puis, n'y résistant plus, il saute sur Junon,
Et tous deux font l'amour jusqu'à la pâmoison.
Il est le plus heureux, et ne cache sa joie...
Jusqu'à ce qu'un voisin tape, tonitruant,
Sur la cloison et, comme un rabat-joie,
Hurle : "Eh ! bien vous deux, c'est tous les soirs maintenant !"
ANDRÉ
LE HAVANE
En arrivant chez lui un mari voit sa femme
Toute nue dans le lit, et, dans le cendrier,
Un mégot de cigare. Aussitôt il s’enflamme :
« Non de Dieu ! », hurle-t-il le propos guerrier :
« Mais d’où vient cet engin, sinon je fais un drame ? »
Il entend sa compagne alors balbutier :
- Je ne sais pas chéri… pourquoi te soucier,
Je pense que c’est moi… surtout pas d’amalgame !
Alors le gars s’emporte et le regard malsain,
Teinté d’une lueur de courroux assassin,
Lui dit, ton menaçant, la voix pleine de rage :
« Pour la dernière fois, d’où provient ce mégot ? »
De l’armoire une voix apeurée se dégage :
- Il vient de la Havane, il y a le logo !
ANDRÉ
LES VAMPIRES
Je m'en vais vous conter l'histoire de vampires,
Ne manquant ni de sel, ni d'humour un peu noir ;
Si c'est un brin malsain, j'en ai appris de pires,
Veuillez m'en excuser : mon récit recevoir.
L'anecdote commence un soir dans un vieux bar ;
Trois vampires sont là attablés et bavardent,
Tandis que le premier, l'air un peu cabochard,
Commande, sans tarder, aux serveurs qui s'attardent,
Un verre de sang chaud, selon son habitude.
Le second, quant à lui, désire du sang frais,
Coutumier du breuvage, en toute plénitude.
Nos deux stryges festoient, plaisir à peu de frais.
Le dernier, à son tour, demande de l'eau chaude...
Vous vous imaginez la bouille des copains,
Surpris, éberlués, l'allure un peu pataude,
Lui demandant s'il a problème aux intestins.
- "Pas du tout les amis, leur répond le confrère,
J'ai trouvé un tampax et, pour l'occasion,
J'ai pensé que cela ferait sublime affaire
Pour savourer, serein, ma bonne infusion."
ANDRÉ
LA FUITE...
Une femme replète est invitée, au bal,
À danser un tango avec un gars obèse ;
Au milieu de la danse, un pet bien magistral
Lui échappe et, gênée, elle dit, mal à l’aise
Au pansu cavalier, rougissante et troublée :
– « Excusez-moi, monsieur, cela m’a échappé,
J’espère que ceci, dont je suis accablée,
Restera entre nous : j'ai un peu dérapé».
– Ben non ! répond le gars devant l’odeur fétide,
Souhaitons de tout cœur que ça va circuler,
Car pour l’instant, mon Dieu, ce n’est pas trop rapide,
Si le bruit fut discret, reste à tout ventiler.
ANDRÉ
INCONVENANT
Un clochard fait la manche à un feu tricolore,
Quand une Mercedes s'arrête à sa hauteur.
Le brave homme s'approche et, voyant qu'on l'ignore,
Frappe à la vitre et dit au pimpant conducteur :
- "N'auriez-vous pas, monsieur, une petite pièce,
Sachez que j'ai très faim, et d'avance merci."
Le chauffeur jette un oeil à sa montre en vitesse,
Et répond : "C'est normal, c'est midi, moi aussi !"
ANDRÉ
GUERRE DES PANCARTES
Le propriétaire d’un fameux restaurant,
Avait comme voisin d’en face son enseigne,
Un salon funéraire. En son tempérament
Bon vivant, plein d’humour, là où le verbe règne,
Il décida, un jour, de faire de l’esprit
Aux frais de ce dernier, notant sur sa pancarte :
– « Quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse, avez bien compris
Qu’il vaut mieux être ici devant ma belle carte,
Que d’être en face et où personne n’est pressé ».
Son voisin, à son tour, subtil et perspicace,
Fit aussi son panneau, tout autant bien pensé :
– « Quoi qu’on dise, quoi qu’on voit ou bien quoi qu’on fasse,
Tous ceux qui sont ici viennent toujours d’en face. »
ANDRÉ
AU TÉLÉPHONE
J’ai eu Alphonse Allais hier soir au téléphone :
Un numéro direct venant du Paradis ;
Sa voix était bizarre, il paraissait aphone :
– « C’est bien moi, cependant, aussitôt il me dit. »
Sans doute ses amis connaissant sa faiblesse,
Le sachant jamais ivre et jamais dégrisé,
Lui avaient-ils offert, d’une main pécheresse,
Quelques verres d’absinthe et d’alcool anisé.
Selon son habitude, et en bon Hydropathe,
Farceur et cabotin, avec un bel « esprit »,
Adroit me défia d’une colle acrobate,
Bien cocasse et choisie, taillée au bistouri.
Ce Allais helléniste, ou voulait-il aller ?
Il commença ainsi : – « Savez-vous, cher Poète,
Que sept villes d’antan ont dû se quereller,
Se disputant l’honneur d’une longue causette,
Revendiquant le fait d’avoir vu naître Homère ?
Il s’agissait d’Argos, d’Athènes, Colophon,
Mais aussi de Chio, de Rhodes, et, en lisière,
Smyrne et Salamos, dont l’obscur se confond. ».
- Je regrette, lui dis-je, il n’y en a que sept !...
– « Huit ! me cria-t-il, sur un ton qui pérore,
Car la voix populaire attribue au concept
Que la ville d’Alaure, elle aussi s’en honore.
Dirait-on autrement que « l’Homère d’Alaure ? »
ANDRÉ
EURÊKA !
Cocardier et coquin, cocasse quelque part,
Ce drôle de coco, l’esprit quiet, mais cossard,
Et cocu de surcroît, agit en vieux briscard.
Quémandant à quiconque un écu du regard
Quand quelqu’un, quel qu’il soit, s’apitoie au lascar,
Sur le quai, requinqué par l’accueil : part au bar…
Conquis, tout acquis à son cas, buvant son quart
Qu’il trouve exquis quelque part, il crie « Eurêka ! »
Un cocu non cossu boit cul sec, sans tracas.
ANDRÉ
L’INTERVENTION
Un homme pas très bien va chez son médecin ;
Il souffre, au côté gauche, un peu de la poitrine ;
Le toubib l’examine et lui dit, à la fin,
Que son problème, en fait, a pour seule origine
Un gros déplacement de tout son œsophage.
Rien de grave en tout cas, si ce n’est qu’il faudra
Une intervention bénigne pour son âge,
Et que tout ira bien après pour le quadra…
Un mois environ après l’opération,
Le patient va à l’examen de contrôle ;
Il se plaint au toubib d’avoir l’impression
De se sentir très chaud, ce qui le rend tout drôle.
– « C’est tout à fait normal », lui répond son docteur,
Souriant et tentant d’alléger son moral ;
– « Sachez que maintenant vous êtes le porteur
D’un système activant l’oesophage central ! »
ANDRÉ
ÇA CHANGE
Je m’en vais vous conter une bien triste histoire,
Celle de cet agriculteur qui labourait son champ
Depuis bien des années, du matin au couchant.
Ce fut un homme heureux, musclé comme une armoire.
Le monsieur, cependant, dont le faible pour boire
Agaçait sa moitié, critiquant son penchant,
Conduisit celle-ci, puisque lui s’en fichant,
A le quitter un jour, fermeté péremptoire.
Il en fut affecté, restant seul au logis…
N’étant plus secondé, résultat du conflit,
Il vendit le domaine et s’installa en ville.
Il devint vitrier. A ses amis il dit :
- « Avant, avec Agnès, je labourais, habile ; À présent je "mastique", et ça c’est inédit ! »
ANDRÉ
UN REMPLAÇANT POUR LE COQ ?
Un automobiliste entre très éprouvé
Dans une vieille ferme et dit au paysan :
- "Je suis désolé de ce qui est arrivé,
Car je viens d'écraser votre coq, ce faisant.
Permettez-moi de bien vouloir le remplacer."
- "Si vous voulez", dit le fermier sans pinaillage ;
"C'est facile à trouver : il vous faut traverser,
Les poules sont au fond, derrière le grillage".
ANDRÉ
LE VIEUX MONSIEUR
En maison de repos un journaliste arrive,
Rencontre un vieux monsieur de quatre-vingt-seize ans.
D’emblée il l’interroge, et lui dit complaisant :
« Alors mon brave ami, quel secret pour qu’on vive
Telle longévité ? Une existence active ? »
Le pépé tout heureux, soudain sympathisant,
Ne se fait pas prier, avoue d’un ton plaisant :
- « Ma vie est bien réglée et jamais abusive :
Dès six heures au matin, c’est l’heure du pipi ;
Puis, à sept heures pile, encore un peu flapi,
Je fais caca aussi, c’est devenu la règle ».
Le reporter troublé le questionne alors :
« Ha bon ? Et puis après ? » Et l’autre un peu espiègle :
- « Ensuite je me lève, et fais un tour dehors ! »
ANDRÉ
EXCELLENTE NOUVELLE
Un médecin reçoit une très belle femme,
Un peu désemparée, et du genre agité…
« D’où vous vient cet état ? » dit-il avec bonté ;
« Problème conjugal… ? J’écoute chère dame. »
- « Eh bien voilà docteur, ma conduite est infâme ;
Quand dans la rue je marche et passe à mon côté
Un homme séduisant, au regard culotté,
Je ressens un désir qui obsède mon âme
De lui faire l’amour… je vous en prie, docteur,
Soyez franc avec moi » - dit-elle avec candeur :
« Cela a-t-il un nom ? Et comment ça s’appelle ? - »
« Bien sûr mademoiselle », avoue le médecin,
« Ceci se nomme aussi excellente nouvelle ! »,
Répond-il dégrafant sa ceinture à dessein.
ANDRÉ
POUR VIVRE HEUREUX…
Dans un village Corse, au sud de Bocognano,
Le tout jeune Doumé demande à son grand-père :
« Dis, Pépé, toi tu sais sûrement comment faire
Pour toujours être heureux, vivre comme un jeunot ? »
Toussaint est jovial, son verre de Pernod
Sur la table, à côté, et qu’il prend en repaire.
Quatre vingt dix ans, le papy exemplaire,
Répond au petit-fils qui l’écoute, penaud.
« Fiston ! », s’exclame-t-il, la voix un peu tremblante,
Convaincant, néanmoins, pour répondre à l’attente :
« Il faut, pour être heureux, la santé, le travail ».
- « Et tu as eu tout çà, toi Pépé, dans ta vie ? » –
« Moi, la santé est bonne et cela fait un bail,
Mémé a toujours eu l’activité suivie ! »
ANDRÉ
LA PRIÈRE
Le soir, à la sortie d’un cours de catéchisme,
Monsieur le curé croise Urbain dans le couloir ;
Il s’approche de lui, regard chargé d’espoir :
- « Alors mon cher petit », dit-il plein d’optimisme,
« Ta maman, il paraît, avec grand stoïcisme,
Avant de s’endormir, dit pour toi, chaque soir,
Une belle prière ; aussi puis-je savoir
Quels sont ces mots d’amour, pleins de foi et d’altruisme ? »
« Oh ! monsieur le curé, chaque fois c’est pareil,
Maman incessamment, juste avant son sommeil,
Répète mille fois la même litanie :
- Ouf ! grand merci mon Dieu, il est enfin au lit ! »
Le curé soudain pris d’une étrange aphonie,
Balbutie : « Ah ! Seigneur », prenant un air contrit.
ANDRÉ
LA GRENADE
L’histoire se situe tout près d’un trou (normand).
Un père et puis son fils bêchent au potager,
Lorsque soudain l’outil du gamin performant,
Heurte un objet très dur qu’il vient de dégager.
– « Nom de Dieu ! » dit le père au comble de la peur,
« Mais c’est une grenade : elle est dégoupillée ! »
Il arrache l’engin des mains de son mineur,
Et le balance au loin au fond de la feuillée,
Tout près du vieux waters à moitié délabré.
Juste un moment après, sortant dans la fumée,
Grand-mère titubant, le visage empourpré,
S’écrie : « Ben cré vin diou ! » (complètement paumée),
« Jamais un de mes pets n’a fait tant de dégât,
J’aurais pu le lâcher au salon celui-là ! »
ANDRÉ
LE BÈGUE ET LE BOSSU
Un bègue et un bossu vont chez le photographe.
– Hé ! fais attention de ne pas bégayer,
Sans quoi notre photo sera floue, hein ? pas de blague !
– Et toi tu tu ferais bien de dé dé d’essayer
De rentrer ta bo bosse au ma ma maximum,
Sinon on ne pourra plus fer fermer l’album !
ANDRÉ
DANS LE BUS
Dans le bus deux messieurs sont assis côte à côte,
Quand, soudain, l’un émet un beau rot bien bruyant.
Quinze secondes après, l’autre, pour l’anecdote,
Lâche un pet magistral du genre foudroyant.
Et, sans se démonter, il lance, maestro :
« Le même, cher monsieur, celui-là vu de dos ! »
ANDRÉ
LES SARDINES ET LES PETITS POIS
Une dame âgée de près de quatre vingts ans,
Arrive au Tribunal pour vol à l’étalage.
Le juge l’interroge et dit à ses dépens :
Qu’avez-vous dérobé, madame, au rayonnage ?
– Pas grand-chose, monsieur, des sardines à l’huile.
Pouvez-vous expliquer les raisons de ce vol ?
– Parce que j’avais faim, c’est pas plus difficile ;
Un vigile m’a vu, et j’ai manqué de bol.
Oui, je vois, dit le juge, on va faire le point :
Pourriez-vous m’indiquer le nombre de sardines
Comptées dans la boite, à une ou deux près au moins ?
– Six, votre Honneur, je m’en suis léché les babines !
Je vous condamne donc à six jours de prison,
Annonce le juge en prononçant la sentence…
Mais le mari se lève et dit non sans raison :
– Elle a aussi volé, maintenant que j’y pense,
Un lot de petits pois encore à la maison.
ANDRÉ
LEADER D’UN JOUR
C’est un bien triste jour pour le monde cycliste,
L’un de leurs est passé de la vie à trépas.
Suivant le corbillard, toute la foule est triste
Tant chacun des coureurs trouvait le gars sympa.
Le directeur sportif, ainsi que le soigneur
Prennent part au cortège, et l’un des deux murmure :
– Ah ! le pauvre garçon c’est vraiment un malheur,
Pour une fois qu’il est en tête il n’en a cure…
Oui, et en plus, répond l’autre, ajoutant éprouvé :
C’est une performance après avoir crevé !
ANDRÉ
SOUS LA DOUCHE
Trois belges, après le match, profitent d’une douche,
Quand l’un d’eux crie soudain, encore ébouriffé :
– Passez-moi le shampoing pour que je le débouche.
Mais Niels, tu en as un au-dessus du buffet !
– Je sais, mais celui-là est pour les cheveux secs,
Et les miens sont mouillés… je sais lire, les mecs !
ANDRÉ
LES POULETS
- « Allo, commissariat ? » ; Oui monsieur, on écoute ».
- « Voilà, j’ai écrasé deux poulets sur la route ».
- « Rien de grave monsieur, c’est la fatalité ;
Jetez-les simplement sur votre bas-côté ».
- « Bien, je vous remercie… encore une p’tite chose ? »
Et l’interlocuteur déclara ipso-facto :
- « Venons-en au concret, je fais quoi des motos ? »
ANDRÉ
CREVAISON
Un bonhomme ennuyé va chez son garagiste :
- « Pourriez-vous réparer ma roue rapidement ? »
- « C’est faisable », dit-il à l’automobiliste,
Mais comment avez-vous fait pour crever violemment ? »
- « Une ignoble bouteille… et j’ai roulé dessus ;
Je n’ai pu l’éviter, et je me le reproche…
- « Vous ne l’aviez pas vue ? » Et l’autre dit confus :
- « Ben non, puisque le gars la tenait dans sa poche ».
ANDRÉ
LES CACAHUETES
Un jeune garçon rend visite à sa grand’mère ;
Il est en compagnie de son meilleur copain.
Comme le petit fils parle à l’octogénaire,
L’autre n’arrête pas, en parfait galopin,
De taper dans le bol plein de cacahuètes…
Au moment de partir, le collègue gavé
Remercie la grand-mère : « Elles étaient parfaites,
Aussi, vous voyez, je ne m’en suis pas privé ».
- « Vous avez eu raison, vous savez, à mon âge »,
Lui dit-elle aussitôt, avec un brin d’humour,
« Je ne peux plus croquer, cela est bien dommage ;
Je ne peux que sucer le chocolat autour. »
ANDRÉ
© SDGL - Échos Poétiques 2009.