© Photo ODE. 2005.



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PROVENCE EN MES REGARDS

Sous l’auguste toiture envahie par le lierre,
Où s’égaient les ramiers dans la douce tiédeur,
Les vieux murs lézardés offrent un sanctuaire
Aux geckos se mouvant sous le soleil charmeur.

Le souvenir s’attarde au nombre de mes rêves,
Comme un souffle courtois m’invitant, capiteux,
Au flot impétueux d’images bien trop brèves,
Allusives, pourtant, aux accents velouteux.

J’égrène et j’idolâtre un passé où s’exalte
La tendre émotion, et, comme un étranger,
Religieusement, profitant de ma halte,
Le regard envoûté, mon cœur devient léger.

Le soir clément, soudain, me paraît une aurore,
Accueillant, maternel, au secret caressé ;
Sanctifiant mes sens au divin qui colore
La splendeur d’un terroir : revivant mon passé.

Tout à côté des champs le fumet des bruyères,
Ethéré, me parvient, me rappelle le temps
D’une enfance où les jours me semblaient ordinaires,
Tandis que je jouais sous l’éternel printemps.

Un passereau brun clair s’agite à la ramure,
Trille joyeusement comme dans l’Autrefois,
Et semble faire écho, en un plaisant murmure,
À ma chère Provence, à son galant sous-bois.



SOUS LE MEILLEUR CÔTE TÂCHONS DE VOIR LES CHOSES*

Je n’ai jamais passé la vie à me morfondre
Pour un petit souci, nullement important ;
Et, si quelque tracas essaie de me confondre,
D’un revers de l’esprit je le classe partant.

Oh ! il m’arrive bien quelque menue misère
Comme tout un chacun, je ne peux le nier ;
En pareil cas, bien sûr, comme il se doit je gère
Le petit embarras, nullement prisonnier.

Je me fréquente assez en mon imaginaire
Pour parer, modéré, et assez cartésien,
Aux vertus de l’esprit, mon corps en partenaire,
L’un protégeant l’autre et renforçant le lien.

Je suis un optimiste, et telle est ma nature
Pour être en harmonie, sans zèle et sans excès,
A un mode de vie qui est ma signature,
Et offrir à autrui la clé de cet accès.

Tel est mon jugement et ma philosophie :
Toujours la bonne humeur irrigue mon esprit,
Exigeant de moi-même à ce que je m’y fie,
Confiant en la paix dont mon être est pétri.

Car la « sérénité demeure une conquête »,
Avait écrit Maurois, avec intensité.
Cette citation, j’en ai fait ma recette,
Plus qu’un but, un devoir, dont je suis habité.

L’optimiste est celui qui sait le monde austère ;
Pessimiste est celui qui le voit chaque jour.
L’un rit pour oublier, ainsi il se libère,
L’autre pleure et oublie qu’il faut rire à son tour.

Quelle moralité déduire en épilogue,
Sinon que quelques vers ne peuvent faire naître
Un changement profond. Et, n’étant psychologue,
Je ne peux dispenser que mon propre bien-être.



© SDGL-Échos Poétiques. 2005.


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