Mettez vos oeuvres en vente sur un site fiable et professionnel
Clic ci-dessous




© Photo ODE. 2005





Tous les poèmes d’André Laugier sont la propriété inaliénable de l’auteur ; certains figurent dans ses ouvrages publiés, ayant un dépôt ISBN légal, les autres étant protégés par la SDGL. Toute représentation ou reproduction partielle ou intégrale est illicite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits. (Art. L. 122. 4). Toute contrefaçon par quelque procédé que ce soit constituerait une action sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


VÉNÉRATION

Si j'adule Ronsard, j'exalte Lamartine ;
Au langage fleuri de leurs vers réguliers,
Le mètre est référent des accents printaniers
Qui nourrit l'élégie où la rime butine.

Il plait à mon regard la strophe qui satine
Des mots couverts d'argent, pourtant si familiers ;
Au logis du sonnet dont je loue les lauriers,
Et que l'alexandrin, majestueux, fascine.

Silencieux témoin des siècles de beauté,
Surgissent des trésors chargés d'éternité ;
En créancier du temps : j'ai un droit d'héritage.

Je consume mes jours aux raisons du quatrain,
Dont chaque son caresse, et me donne en partage,
Cet outil poétique où mon cœur est refrain.

©SDGL - Echos Poétiques 2005




L'ORPHISME

Quand au banquet sacré du rite de l'orphisme
Mon âme est enfermée et porte le fardeau
Dans sa prison d'airain parée d'un noir rideau,
Mes incantations louent à l'épicurisme.

Odes ensoleillées d'un preux théosophisme,
Culte religieux : ma morale en rondeau,
Tel qu'un poète Grec libéré du bandeau ;
Des doctrines je chasse un trop vif dogmatisme.

En poète discret, aux contours de mon âme,
Je colore mes vers des parfums d'une gamme,
De pensées, de clichés au flambeau de mon art.

Libéré du carcan des règles jansénistes :
Stigmates et douleurs dressés comme un rempart,
Je bénis, libre aux mots, mes concepts réformistes.

©SDGL - Echos Poétiques 2005




ÉMOTION

La Nature fredonne à l'appel du printemps ;
Un silence soudain en mes sens me murmure,
Tandis qu'auprès de l'onde, où s'étend la ramure,
Le chant du rossignol embellit cet instant.

Je goûte à ce bouquet, m'enivre pour longtemps
Aux suaves senteurs d'une aura qui m'emmure
Et j'écoute cette ode où mon âme est l'armure
En son frêle cocon où je vis à plein temps ;

Qui me sauve souvent d'embarras attristant,
En cet atrabilaire outrageant assistant,
Au moment où mon cœur, angoissé dans le soir,

Cherche le réconfort, dissipe la migraine,
Et dans le crépuscule, au contact de l'espoir,
Trouve vitalité dans le breuil, mon domaine.

©SDGL - Echos Poétiques




RÊVERIE

Pétri de souvenirs exquis de mon enfance
Je goûte à l'agrément de leur tendre chaleur ;
Envahi par le songe, où le rêve aguicheur
Me plonge en des pensées fleuries de providence.

Mon cœur ouvre à mes yeux tous ces temps d'innocence ;
Le présent s'enrichit d'un passé accrocheur,
Tandis que brille en moi, en l'acte démarcheur,
Cette exaltation : fruit d'une confidence.

Dans ma quête bénigne à l'herbier du destin,
Au jardin de mon âme au dessein clandestin,
Je caresse le puits d'un baroque fantasme...

Album d'une pensée éclose en ma faveur,
J'en polis cette image avec quelque sarcasme,
Sachant bien qu'aujourd'hui je ne suis qu'un rêveur !

©SDGL - Echos Poétiques 2005




ONIRISME

Tricher avec la vie, jouer avec son ombre,
Les stigmates du cœur contristent mon humeur ;
Je parle la souffrance, évoque un mot charmeur,
Propose quelques vers riant d'une idée sombre.

Je suis comme un milieu entre esprit et la chose,
Tantôt ange ou démon portant un regard flou
En l'espace et le temps, mais ne suis point jaloux
Du pire ou du meilleur, assignant ma psychose.

Ah ! oui, je le confesse : en mon imaginaire
Le désordre courtois me paraît débonnaire
D'insolence gratuite, éclairant mon parcours.

L'infini me fait peur, mais il flatte mon âme ;
Si je fraude, lové, Dieu quel fatum j'encours
A l'errance des jours, d'un destin qui me blâme.

©SDGL - Echos Poétiques 2005.




SPLEEN

J'ai trempé en mes pleurs ma plume sevrée d'encre,
Inondant le papier d'un chagrin éperdu ;
Le regard embué et l'esprit confondu,
Face à mon désarroi qui pèse telle une ancre.

Comme un arbre vieilli et rongé par le chancre,
Comme un sentier brumeux, voilé d'inattendu,
Je ressens le grand poids d'un destin suspendu
Qui assombrit mes jours, et ma lumière échancre.

Mon océan d'amour, aux essences fidèles,
N'est qu'un bouquet fané : il n'avait d'immortelles…
La rose dérobée me laisse l'aiguillon.

Mon papier est mouillé d'un cortège de larmes
Épanchées en sanglots nées d'un tracer brouillon :
Un appel, un espoir, un combat…mais sans armes.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005




CRÉANCE

Et la source bavarde où se mire le temps,
Délivre cet écho, endémique mémoire,
Complice en la forêt, sensible, et où se moire
La dryade assidue près de l'onde au printemps.

Écoute, ô ma pensée, sois discrète longtemps,
Fredonne ce refrain qui murmure à la gloire
De la nymphe et du breuil son chant incantatoire,
Et s'infiltre en mes sens sublimés entre-temps.

Je recueille, décent, cette ivresse lyrique
Dont ma lyre obligeante, à l'attrait bucolique,
Consigne, noblement, le message pieux.

Au moment où la nuit me surprend, impudente,
Tandis que quelques vers jaillissaient, précieux,
La clepsydre mit fin à ma créance ardente...

© SDGL - Echos Poétiques. 2005




À UNE DAME

Comme une goutte d’eau reflétant la lumière ;
Comme un bel arc-en-ciel naissant au firmament,
Tu es ce rai d’argent qui, délicatement,
Illumine mon corps d’une ardeur printanière.

Au mariage du cœur, aux noces de l’âme
Je confesse l’ardeur des parfums de l’amour,
Et poursuis le délice en ma chair qui s’enflamme,
Pour un divin baiser dans l’agrément du jour.

Mon ivresse fleurit aux sources de ton charme ;
Si parfois j’y décèle une innocente larme,
Il n’est plus belle perle, éclat de diamant,

Née d’une émotion, d’un bonheur manifeste,
Qui glisse sur ta joue, bien angéliquement,
Et dont tu te délies en la douceur du geste.

© SDGL - Echos Poétiques




COMME UN FILS DE LA MUSE

Marginal et errant entre Orphée et Hésiode,
Modéré par Eros tentant d'unifier,
Dans la médiation, le conflit singulier
Qui m'oppose et meurtrit mon âme qui s'érode,

Je suis captif du sort où mon cœur s'y exode.
Cette double ascendance est âpre à concilier :
Je descends aux Enfers, sans jamais sourciller ;
Comme Orphée, de ma voix dont le charme accommode

Quelque chant plein de miel, pour en chasser le mal,
J'espère qu'Eurydice entendra mon signal…
Et j'irai auprès d'elle, et sans que je l'admire ;

Ne lui parlerai point, nourrissant cet espoir
Que la légende, en moi, ne me puisse point nuire,
Gagnant ce qui, perdu, au barde doit échoir.

© SDGL - Echos Poétiques 2005.




PRINTEMPS

Mille et une senteurs imprègnent la campagne,
Capiteuses au soleil, s'étendant sur le Val ;
Mes sens énamourés ont pour douce compagne
La Nature au printemps : son habit de cristal.

La caresse du vent mon esprit accompagne ;
Dansent les souvenirs comme un doux récital,
Tandis qu'un rossignol, gracieux, ne m'épargne
De son chant délicat, ô combien musical.

Au creux de mes désirs je goûte au bien divin,
Lové dans mon ego je sustente, badin,
Un regard enjoué à tout ce qui m'entoure.

Je suis le moissonneur d'un champ de majesté ;
La saison m'appartient, je rêve et je savoure,
Envoûté d'un présent fleuri d'éternité.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005




RENAISSANCE

Au printemps les jardins, les vergers, les gazons,
Peignent au fil des jours et aux jeux de lumières,
Un chatoiement de tons où les roses trémières
S'habillent de velours, autour des frondaisons.

Au zéphyr de l'aurore, au temps des couvaisons,
Les oiseaux édifient leurs aires saisonnières,
S'envolent, matinaux, et tout près des chaumières,
Aux vieux arbres fruitiers scrutent les horizons.

Plumage au brun chamois, doré de noir, de rouge,
Quelques chardonnerets, aux gousses de carouge*,
Se laissent balancer, ivres de gazouillis.

Les branches des lilas ondulent pour séduire,
Caressées par le vent à l'ombre du taillis :
La nature parade et mon coeur est sourire.


* Caroube ou carouge : fruit du caroubier.

© SDGL - Echos Poétiques 2005.




ARIA DU PRINTEMPS

Séducteur des couleurs, jaune vert et pourprin,
Le printemps a faveur de la fraîche fontaine,
Qu'entourent mille fleurs de frénésie soudaine,
Transpirant leur parfum au soleil : leur écrin.

Aussi chaud qu'un baiser – fidèle pèlerin –
Il honore les jours et courtise la graine ;
Habille en séducteur les champs qui ont l'aubaine
De son aménité où croît le pâturin.

C'est l'époque bénie – célestes fiançailles –
Dont la terre et le ciel, fleurissent les semailles,
Tandis qu'en le bosquet trillent les passereaux.

Promesses de grandeur, de magie de lumière,
Saison des amoureux, d'aèdes pastoraux,
La Nature est la valse, et la vie romancière.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




OCÉAN

Quand l’onde est satinée et le soleil s’y moire,
Tandis que les voiliers traversent l’horizon,
Paillettes argentées, d’un éphémère gloire,
Renvoient en l’eau saphir leur charme de saison.

L’océan est un lit où songe un vent d’histoire,
Nourri de tragédies, de pleurs dans l’oraison,
Litanie des marins qui n’ont pour auditoire
Qu’un firmament muet dépourvu de raison.

Je suis comme un aède au seuil de la quiétude,
Fleurissant mes pensées, noyant ma solitude
À l’aquilon lutin complice et envoûtant.

J’observe pondéré, apprécie le silence,
Enivré au bonheur dont je fais allégeance ;
Et mon cœur se marie aux douceurs de l’instant.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005




UN REGARD DANS LA NUIT

Qui n’a rêvé, un soir, quand se ferme la rose,
Et la lune s’extrait, silencieusement,
De derrière le crêt, brodant le firmament,
D’assister à l’envol de l’astre qui s’impose ?

La caresse de l’ombre au silence s’expose,
Puisque à peine entend-on le doux frémissement
Provenant du sous-bois qui geint, craintivement,
Léché d’un vent ténu où la ramée s’oppose.

Je suis le fruit béni de l’accorte nature,
Couronné des faveurs d’une fraîche peinture :
Fresque d’un biotope à l’éternel printemps.

Nuit ! Prends possession de mon âme coquette,
Car mon esprit ne sait offrir une épithète
Qui soit à l’étendue de ton charme à plein temps.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




SUPPLIQUE

Dans le creuset d’airain, vallon de ma mémoire,
Où germent le tourment et l’introspection,
Pourrai-je un jour, enfin, obtenir l’onction
Qui libère l’esprit quand la larme se moire ?

J’abandonne ma lyre aux grands dieux du prétoire :
Qu’ils jugent mes maux dans la bénédiction ;
Si j’ai péché, puisse ma condamnation
N’être trop lourd fardeau dans leur exécutoire.

Silencieusement j’espère une réponse ;
Quémande et implorant plutôt que de la ronce,
La rose, en mon souhait, jette son dévolu.

Souverains de l’Olympe en votre probité,
Libérez-moi du doute, un doute irrésolu,
Qu’un diamant divin ceigne ma vérité.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




AU MURMURE DES BOIS

Quand dans un jet de plume ourdi sous un dais d’ormes,
J’écris des mots charmeurs parfumés de printemps,
Assis au sol herbeux aux hampes filiformes,
Mon cœur et mes pensées se mêlent entre-temps.

Silencieusement, d’une oreille discrète,
J’écoute la forêt dont je suis l’invité ;
La Muse me murmure, en sa veine secrète,
Des vers harmonieux pleins de suavité.

Sur le chemin fleuri d’un divin onirisme,
Mon équanimité me dispose au lyrisme
Né de l’amour limpide et du regard flatteur.

Il me plait à entendre au concerto des bois,
Le murmure feutré, euphorique auditeur,
Dont se nourrit ma strophe une nouvelle fois.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




CUEILLE LE JOUR

Cueille le jour, ma conscience, et souviens-toi,
Pour que, plus tard, non dans l’oubli de ma mémoire,
Et au désert de mon grand âge il soit courtois
Que j’interroge, en le passé, mes grains d’histoire.

Car le passé répond toujours de l’avenir ;
Rappel d’événements sur les rides de l’âme,
Il élève l’esprit en notre devenir,
Atténue, de la vie, regrets qu’un cœur réclame.

Amour, songe, bonheur, foi d’un humble destin,
Vous qui veillez, madrés, en vos doigts de satin,
Accordez-moi la grâce afin que jamais l’ombre

Ne ternisse les jours de mes preux souvenirs,
Et qu’au flambeau du Temps sur moi le ciel ne sombre,
Quand j’aimerai aux ans mes pensées refleurir.

© SDGL Echos Poétiques. 2005.




SUPPLIQUE

Le rêve dérobé à la source pérenne
Du fleuve de mon âme et puits d'illusions,
Bouleverse mon cœur, autant qu'il ne comprenne
Qu'une amène apparence altère mes visions.

Où est ma passion, cet élan magnifique,
Mon bel élan de vie, qui me fut censuré ;
L'éphémère bonheur, étincelle mythique,
Devenu un stigmate, un reflet éploré.

Mon existence a tout d'une obsidienne noire,
Volcanique, fragile, implorant ma mémoire,
Pour vaincre dans la foi, non dans l'oubli périr.

Poète, j'entretiens ce mince fil d'Ariane,
Et, semblable à Thésée triomphant de l'arcane,
Dans l'île de Naxos l'exil doit me guérir.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




AURORE

Dès le lever du jour, dans les grands champs de neige,
Tous mes sens en éveil à l’éclose beauté,
Ravivent ces pensées d’un plaisir velouté,

D’où le charme bénin m’accorde privilège.

La sonate du vent, qui lèche mon visage,
Chante pour m’émouvoir des refrains éthérés
Qui se perdent au loin en échos pondérés,
Tandis qu’un grand tétras parade au paysage.

Le bonheur souverain, la sublime nature,
Dont mon œil attentif vit l’étrange aventure,
Entretiennent mon cœur d’endémiques saveurs.

Cependant que mes pas, dans le fœhn de l’aurore,
Impriment un sillage échappé de l’ailleurs,
Je m’abandonne et rêve aux grandeurs que j’explore.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




PRIÈRE

Dans ma bénignité je cède à la prière,
Au velours des pensées implorant en mon cœur
Ce désir d’exprimer la profonde pudeur,
Ma foi, mon allégeance en Dieu et sa lumière.

Seigneur, votre bonté prodigue en ma mémoire
Cette félicité qui conduit vers la foi ;
Serais-je socinien, impie quelquefois,
Que la raison me prêche à l’acte expiatoire.

L’idéal impalpable à rien qui ne chérisse
Un monde au figuré pour que je le subisse ;
Je sustente mon sang aux sources des valeurs.

Que d’immortalité ma morale s’inspire,
Afin que mon esprit ne côtoie les douleurs :
Ma volonté triomphe, et au divin respire.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




AU GRÉ DU TEMPS

Le temps qui nous gouverne et mûrit toute chose,
Délaie nos jugements et décrète l’affront
Superbe, indifférent au poids de notre front
Qu’il courtise et qu’il use en sa gloire…et impose.

Fugitives années, triste métamorphose ;
Épreuves au chevet d’un mal que ne vaincront
Ni la velléité ni rêves qui mourront
Aux rides d’un destin auquel rien ne s’oppose.

Le Temps est mon humeur, j’en fais mon élégance ;
Je n’en crains pas l’effet devant mon impuissance,
Et ne dois surtout pas laisser vieillir ma joie.

Je caresse l’instant, j’en suis l’amant fidèle ;
Poète, je me glisse en un cocon de soie,
Puisque mon âme a goût d’une fleur immortelle.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




FRÈRES

Je supporte aisément un tout autre moi-même,
Ressemblant, différent, et je tends à Autrui
Une main, un regard que la bonté construit,
Et qui nimbe mon coeur d'une grâce suprême.

Je voue à l'empathie le prix d'un diadème
Qui coifferait, probant, mon front ainsi instruit
De l'écho du prochain, authentique usufruit
D'une complicité dont l'amour est l'emblème.

Je sème un dévolu au bouquet de mon coeur
Qu'aucune ingratitude, et que nulle rancoeur,
Ne brisent la lumière au soleil du bien-être.

Sur l'océan d'amour qui nimbe galamment
Et rythme le foyer de l'instant qui va naître,
Autrui m'invente à lui, et moi de mêmement.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




COMPLAINTE

Si Dieu me prête vie et m’accorde sa grâce
Sur le chemin fiévreux au piédestal du temps,
Je parcourrai le monde habillé du printemps,
Pour que mes jours ne voient qu’au bonheur que j’embrasse.

Philosophe plénier j’épouse la sagesse,
Et j’ourdis en secret la fable de mes jours,
Afin de distinguer dans mes choix de velours
L’esthétique grandeur dont ma vie se caresse.

Sybarite indécis dans une âme fleurie,
Je porte le flambeau vers cette rêverie
Plus réelle qu’un songe ou qu’un chaste désir.

Dans mon inconscient, qui m’est toujours fidèle,
Il me plait cet instant où mon cœur doit saisir
Tout ce qui de beauté est pensée éternelle.

© SDGL-Echos Poétiques. 2005.




DIEU SEUL À DÉCIDÉ

J’éponge mon chagrin, les paupières mi-closes ;
En moi ce souvenir, cet amour d’autrefois,
Qui envahit mon cœur, chaque jour, maintes fois,
Dont je voudrai ma vie vêtue d’un lit de roses.

Tu as nourri ma chair d’un brasier éphémère,
Enveloppé mes sens d’exquise affection ;
Le songe m’appartient, baigné d’affliction,
Soulève ma douleur née d’une ivresse amère.

Dieu seul a décidé, au ciel il t’accompagne ;
Drapée de fils de soie, ô ma chère compagne,
De là-haut j’aperçois une larme d’argent

Qui semble s’étirer comme fine dentelle,
Et me dire, tout bas : « sois pour moi indulgent,
Attendu qu’à présent tu me sais immortelle. »

© SDGL-Echos Poétiques. 2005




RÊVERIE CHAMPÊTRE

Ce matin, au décor d’un tableau de nature
J’ai posé mon regard à l’orée des grands pins,
Tandis qu’en la futaie je surpris deux lapins
Qui, d’une patte agile, écuraient leur fourrure.

Attentif et discret, je ralentis l’allure,
En feutrant mieux mes pas en ces halliers alpins,
Ecachant, malgré moi, quelques rares vulpins
Qu’un échec du destin mutila la parure.

J’observe, magnanime, aux faveurs authentiques
Les peintures fleuries aux saveurs bucoliques,
Dans la félicité que mon être réclame.

J’écoute la dryade inspirant à ma Muse,
Silencieusement, le doux épithalame
Qui marie mon esprit au sous-bois qui s’amuse.

© SDGL-Echos Poétiques. 2005.




AU JARDIN DE MON CŒUR

Au hasard souverain de mes pas solitaires
J'ai vu couler les jours couronnant le printemps ;
J'ai respiré l'arôme au bienfait persistant
Des beaux lys safranés aux couleurs légendaires.

Sur le ruban moiré des eaux dépositaires
D'une algue saprophyte où la laîche s'étend,
L'onde, soudain, se plisse et frémit profitant
D'une brise éthérée ayant pris ses repaires.

J'entends le chant d'amour au jardin de mon coeur ;
Discret chuchotement dont je suis l'auditeur,
Complice de ma lyre où le bonheur m'escorte.

Et, séduit par l'ivresse et la confession,
Mon âme est vaporeuse en ce lieu qui transporte
Un parfum pénétrant : céleste émotion.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




DÉRÉLICTION

Qu'un rire généreux vienne sucrer mes larmes,
Et sustenter mon coeur dans un regain d'espoir :
M'invite en sa vertu, m'accorde de savoir
Si la mélancolie s'amendera aux charmes

D'un regard implorant, me nantira des armes
Où l'infâme ironie combattue ira choir,
Bannie, comme un nuage, aux aquilons du soir.
Pour l'instant un soupir m'accable de vacarmes...

Clameurs où la révolte, à l'orgueil des douleurs,
Défie au bras de Dieu la cause de mes pleurs,
Pour qu'un rayon d'espoir poudroie ma vie captive.

D'un fugace plaisir, si cela m'est permis,
Je bénirai, alors, mon initiative,
Rire et pleurer de joie : quel charmant compromis !


© SDGL - Échos Poétiques. 2005




À UNE JEUNE FILLE

Dans la vallée d’orgueil de ta gorge profonde
Ton jeune cœur palpite en tes dix-sept printemps,
Malicieux regard que ce visage inonde
Et séduisant éclat d’un bonheur à plein temps.

Tu respires la joie, captives l’art de plaire,
Sans jouer, pour l’instant, dans la séduction,
Pourtant si spontanée quand ta présence éclaire
Mon être soupirant d’espoir, d’affection.

Je pense avoir déjà gagné ta déférence,
Si tant soit peu mes sens ressentent l’espérance
De signes précurseurs attestant mon désir.

Je te dédie ma flamme, acceptes-en l’offrande
Comme un doux chant d’amour que les mots vont fleurir ;
Vénus en est témoin : que Cupidon m’entende.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




UN INSTANT DE PRINTEMPS

Quand les fruits mûrs luisaient au milieu du feuillage,
Épanouis, gorgés d’un obligeant soleil,
Les grappes de cerises habillées de vermeil
Offraient leur chair friande aux oiseaux de passage.

Près d’un tronc abattu, couvert de lichens gris,
Qui exhale un parfum d’humus à l’odorat,
Une bergeronnette offre son apparat,
Traverse le sentier dont les bois sont fleuris.

Je suis le chef d’orchestre, instrumente en soliste
Un concerto du cœur, conçu à l’improviste :
Les notes flattées jouant d’inspiration.

Le poète est en moi quand ma plume réclame
La lyre et la Muse, en ma jubilation ;
Mon esprit est serein et ma raison s’enflamme.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




LES MOTS SONT DES IDÉES

Je viens quêter les mots promis au sens des choses,
Généreux, incisifs, selon qu’est mon humeur ;
Les flatter par la plume et mes dons de conteur,
Pour les administrer à l’endroit de mes proses.

Les mots sont les clichés ceignant l’âme du monde ;
Leur pouvoir absolu s’exprime par l’esprit,
En germes lumineux auxquels le cœur souscrit
Et en marie la fibre en rêverie profonde.

Grand épicurien, courtisan éphémère,
Serviteur déférent de cet imaginaire
Je me nourris du verbe afin de le fleurir.

Les mots sont mes idées, décorent ma mémoire ;
J’aime à les caresser, maintes fois les chérir ;
Sans eux ma vie n’aurait qu’un profil illusoire.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




CONFIDENCES

Tes yeux ont cet éclat moiré de l’émeraude ;
De ce joyau je suis l’indubitable écrin,
Afin d’en recueillir, comme en l’alexandrin,
Cette beauté qui rime et au cœur s’accommode.

J’aime à saisir tes mots, musicale romance,
D’où transpire l’odeur née de flammes d’amour ;
Ces mots si généreux, lisses comme velours
Dont s’imprègne à jamais mon âme en confidence.

Fébrile et envoûté, j’exalte mon bien être ;
Tu partages le chant, ce chant qui fait renaître
Le printemps dans mon cœur qu’il me tarde à t’offrir.

Si parfois un tourment affecte mon visage,
Par le soin d’un propos que tu sais ennoblir,
Tu m’offres ce ciel bleu qu’au bonheur on partage.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




L'ENFANCE

L’enfance est comme source où l’onde virginale
Qui naît dans le berceau de son fleuve de vie,
Croît sous l’œil du Seigneur où la foi la convie,
Puis chante de ses jours la grâce musicale.

Jeunesse est poésie : innocente spirale
Au parfum éphémère et par le temps ravie ;
Pourquoi faut-il vieillir sans en mander l’envie,
Et voir ternir nos jours comme fane un pétale ?

Dieu nous a accordé, dans sa grande indulgence,
La probité, l’amour, en l’âge d’innocence ;
La candeur de l’esprit, la pureté du cœur.

Mûri par les valeurs et par l’expérience,
Aujourd’hui j’interroge en vain ma conscience :
Ai-je encor le credo…puis-je croire au bonheur ?


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




À LA FRAÎCHEUR DU SOIR, Ô MA MÉMOIRE

À la fraîcheur du soir, chaleur de ma mémoire,
Un souvenir chuchote, étreint, religieux,
Mon âme solitaire. Appel contagieux
Qui ravive un frisson auquel mon cœur se moire.

C'est un langage cher comme aux gains d'un grimoire
Dont s'accordent mes sens, sillons prodigieux,
Où un passé lointain reflue, élogieux,
Au creuset de mon front comme un aide-mémoire...

Attentif à l'écho renseignant ma raison,
Mon corps est alangui, je dis une oraison
Aux images du temps soumises à mon ivresse.

Je n'oppose argument à suave parfum :
Odeur des jours enfuis qui, tels une caresse,
Enfièvre mon esprit d'un bonheur opportun.


© SDGL - Échos Poétiques.2005.




ORÉADE

Et dans la solitude un refuge, un écho :
Murmure bucolique et sauvage où j'écoute...
La Nature peignée au reflet de mon doute
Me chuchote un refrain : doucereux concerto.

Mon cœur énamouré, sans aucun quiproquo,
S'abandonne, impavide, à l'aria qui froufroute
Au plus profond des bois, et où ma libido
Refoule la névrose et ma pensée envoûte.

Tout près de la Nymphée, j'aperçois la dryade ;
Est-ce une vision ? Ou serait-ce Oréade ?
Un éclair ambigu égare ma raison...

Une flamme pénètre, et la montagne imprègne
De son sceau envoûtant l'irréel horizon,
Sybarite et bénin où mon âme, enfin, baigne.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




AUX DÉESSES DE PARQUES

Je suis parnassien, épris de romantisme :
Panthéiste est mon cœur, prophète est mon esprit ;
Si j'admire Musset, Baudelaire s'inscrit
Au logis d'une idée qui se meut au lyrisme.

Je coule dans les mots des gouttes d'un altruisme
Où s'abreuvent mes vers, quand ma plume pétrit,
En la glose mystique, un sonnet qui transcrit
Et exalte au bon goût un ferment d'humanisme.

Orphée revit en moi : j'honore son secret ;
Je transgresse l'édit, je le fais sans regret…
Quand un chant me surprend sur ma lyre à sept cordes.

Le mythe m'appartient : je chante sa ferveur.
Si je séduis les Dieux, en leurs miséricordes,
Aux Déesses de Parques ma rime y est sœur.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




ÉTÉ

Et je parcours l'été comme un esquif gracile
Se laissant dériver au bien-être de l'eau ;
Étoilant l'onde pure et traçant au cordeau
Un sillon argenté qui longtemps se profile.

Je suis le plaisancier au regard juvénile
Qui goûte de l'instant, qui se charme au rondeau
D'une nature en fleur, édénique tableau
Musical de lumière, où la couleur s'exile.

Tel un ange gardien et probe témoin
De l'éclatant miroir dont mon œil a besoin,
Mon désir est vainqueur : ma passion l'épouse ;

Je vis dans l'euphorie du mois de messidor,
Esthète de Phoebus, où ma pensée jalouse
Se pare, fortunée, d'un si joli confort.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




QUIÉTUDE

Ce matin j’ai marché au milieu de la lande,
Parmi le romarin et les genets en fleur,
Fleurant l’odeur des champs, la prunelle gourmande,
Surpris en mon chemin par le merle siffleur.

En ce beau jour de mai le soleil, magnanime,
Diffuse ses bienfaits, chante l’odeur du temps,
Répand dans les prairies, de sa chaleur sublime,
L’agrément, l’harmonie que l’on goûte au printemps.

Je cueille dans la sente accorte violette,
Et le bonheur m’habite en tenant la coquette
Dont me parvient, discret, le suave parfum.

Saison riche en couleurs ; quand la brise murmure
Je respire l’air pur, généreux, opportun,
Au breuil silencieux à la verte ramure.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




PROMENADE

Quel immense bonheur au sortir du village,
Quand j’emprunte, tout seul, les sentiers forestiers,
Chemins de randonnées parsemés du feuillage
D’abondants résineux y croissant volontiers.

Je m’égare en sous-bois, épris d’indépendance,
Promenant mon regard complice, émerveillé,
Devant tant de splendeurs nées de la concordance
D’un paysage en fleur, richement habillé.

Il me plait à surprendre, au détour de la sente,
La bergeronnette alerte et bien turbulente,
Hochant sa longue queue en terrain découvert.

Plus loin, sur un courçon, me parvient la romance
De quelques rouges-queues en toute vraisemblance
Ignorant mon approche auprès du chêne vert.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




PASSIONNÉMENT

Tes longs cheveux bouclant sur tes joues solennelles,
Je lis en tes yeux bleus une interrogation ;
Ce doux regard songeur, inondant tes prunelles,
Où transpire l’amour, qui se pose question.

N’aie de crainte ma mie, ma passion est immense,
Je nourris mes instants de nobles sentiments,
Tu as séduit mon cœur, et ta seule présence
M’enivre de douceur, dissipe mes tourments.

Je fais don de ma muse et d’une ode légère
A tes jeunes printemps, ma belle messagère,
Pour que préserve Dieu le flambeau du bonheur.

Auprès de toi j’aspire à cet état de grâce
Que m’accorde la vie, les élans de ton coeur,
Afin qu’au fil du temps rien en nous ne s’efface.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




LES CHEMINS FORESTIERS

J’ai traversé le pont au sortir du village,
D’où partent les chemins en massifs forestiers,
Ces sentiers sinueux laissant en leur sillage
Le vivant souvenir des anciens muletiers.

Je croise l’asphodèle et l’exquise jacinthe,
Le ciste et le genêt qui vont bientôt fleurir,
J’admire les couleurs dont la sylve se teinte,
Et de tant de parfums les senteurs m’envahir.

Du proche buissonneux j’aperçois la fauvette
Qui chante son refrain sur la frêle branchette ;
Que ces instants sont doux sous l’azur printanier.

Mon regard est séduit et mon âme s’éveille
A ce faste étonnant d’un plaisir saisonnier ;
J’en savoure fortune et mon cœur s’ensoleille.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




RENAISSANCE

Au printemps les jardins, les vergers, les gazons,
Peignent au fil des jours et aux jeux de lumières,
Un chatoiement de tons où les roses trémières
S'habillent de velours, autour des frondaisons.

Au zéphyr de l'aurore, au temps des couvaisons,
Les oiseaux édifient leurs aires saisonnières,
S'envolent, matinaux, et tout près des chaumières,
Aux vieux arbres fruitiers scrutent les horizons.

Plumage au brun chamois, doré de noir, de rouge,
Quelques chardonnerets, aux gousses de carouge,
Se laissent balancer, ivres de gazouillis.

Les branches des lilas ondulent pour séduire,
Caressées par le vent à l'ombre du taillis :
La nature parade et mon coeur est sourire.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




UNE SAISON S'ENFUIT

Nature, prends le deuil des feuilles moribondes !
Une saison s'enfuit au clin d'oeil du soleil ;
Tandis qu'un vent léger, dans le breuil en sommeil,
Caresse, sur les près, les herbes déjà blondes...

Le chant du rossignol égrène les secondes,
Brodant ses gazouillis : ramages à l'éveil
D'un automne naissant, requérant le conseil
Auprès de la dryade accomplissant ses rondes...

L'horizon lumineux, gainé du bel attrait
Qu'enrubannent les rais d'un soleil qui s'extrait,
Divinise le ciel d'un blason qui s'embrase.

Mon regard s'expatrie, religieusement,
Et, tandis que mon coeur s'offre aussi à l'extase,
La complainte du bois solfie l'envoûtement.


© SDGL - Échos Poétriques.2005.




SOIR D'AUTOMNE

Quand le tapis jauni des fanes s'accumule
En un trésor doré ourlant tout le layon,
Le fœhn, dans la vallée, s'acoquine au rayon
Du soleil fléchissant qu'un massif dissimule.

Aux jardins embellis du proche crépuscule,
Tandis que les couleurs se teintent en vermillon,
Un vol de roitelets se perd au raidillon,
Poursuivant le bosquet qui, sous le vent, ondule.

Le ciel est un écrin, princier, céruléen ;
Les fragrances d'humus du sol pyrénéen
Envahissent le breuil, séduisant le poète.

Fugitive beauté où murmure le chant
D'une Muse égarée, tutélaire et discrète :
Je mêle à mon esprit un cœur de ciel couchant.


© SDGL-Échos poétiques. 2005.




JE M'ATTARDE…

Aux bassins arborés quand le soleil décline,
Déversant son velours, teinté de nacarat,
Sur la vague d'azur en tenue d'apparat,
Glisse l'aigle royal dont le ciel s'acoquine.

L'orgueil d'un chêne vert que le temps entérine,
Lui confère le lustre, et malgré l'âge ingrat,
L'habille d'un feuillage au charme du contrat
Qui l'enchâsse au limon sustentant sa racine.

Et, sous l'humble lumière où l'horizon s'enfuit,
Tandis que je m'attarde au berceau de la nuit,
Les derniers passereaux s'abritent en la futaie.

À travers l'abondant brome luxuriant
Parvient un chant d'exil échappé de la haie :
La dryade apparaît, je la suis, souriant.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.


www.meilleurduweb.com : Annuaire des meilleurs sites Web.